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La filière du chanvre au Canada, le Grand Retour ?

Le chanvre a constitué pendant des milliers d’années un moteur important dans le commerce à travers le Monde. Cultivé tout d’abord dans l’Ancienne Chine durant le Néolithique- les fibres de la plante servant alors pour les fabriques de cordes et de filets de pêche- ses utilités ont évolué à travers les siècles, s’adaptant aux diverses latitudes. Au 5ème siècle avant J-C déjà, l’historien Grec Hérodote, dans son Histoires ou l’Enquête, mentionnait l’utilisation de la plante pour la fabrication du textile dans la région actuelle des Balkans. Fini l’Homme vêtu de peaux de bêtes ! Le chanvre amorça l’ère de l’habillement en tissue. Et la Nature habilla l’Homme !

Classée en botanique comme variété de plante dans le genre Cannabis, le chanvre industriel est apprécié et sélectionné pour la taille de sa tige et surtout sa faible teneur en THC : D-9-tétrahydrocannabinol dans le jargon scientifique : une substance responsable des effets pharmacologiques du Cannabis chez l’Homme. C’est d’ailleurs ce faible pourcentage de THC (un taux avoisinant 0.3%) qui distingue la plante d’une autre variété de Cannabis, plus connue celle-là : le chanvre Indien ou la marijuana, dont la concentration en THC oscille entre 12 et 20% et peut atteindre 30% chez certains producteurs.

Le chanvre est surtout utilisé pour sa fibre végétale, l’une des plus longues et des plus résistantes dans le monde végétal. Aussi solide qu’une corde d’ancrage, sa douceur au toucher égale celle de la soie. Déjà, ces deux spécificités visiblement opposées font d’elle un matériau unique en son genre, permettant son utilisation dans de nombreuses industries, tels que le textile, le papier, les matériaux de construction, les cosmétiques ou encore les produits alimentaires. Les fibres et les graines de la plante présentent depuis peu une utilité dans la production de carburant de nouvelle génération.

En 1938 pourtant, dans le cadre de la Loi sur l’opium et les drogues narcotiques, le Canada interdisait la culture du chanvre et de la marijuana sur son territoire. Cette interdiction s’inscrivait dans une politique de lutte Internationale contre l’utilisation illicite du THC. Malgré un assouplissement de la loi durant la Seconde Guerre Mondiale, pour pallier aux manques de sources traditionnelles de fibres, il a fallu attendre 60 ans pour que Santé Canadien autorisât de nouveau les agriculteurs à produire cette plante pour des fins commerciales et industrielles. Cette décision était motivée d’une part par les résultats de travaux de recherches attestant que le chanvre industriel pouvait être cultivé tout en se distinguant du chanvre indien, et d’autre part par un intérêt grandissant des acteurs du secteur agricole Canadien pour cette culture.

Depuis, la production de chanvre a connu des fluctuations, comme l’attestent les données de Santé Canada. La production augmenta massivement en 1999, dans une perspective de développement massif du secteur. Malgré des dépréciations ici et là, la production est en hausse constante depuis 2008.

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Le secteur de la production est néanmoins strictement contrôlé et les producteurs doivent se conformer à certaines conditions, régies par Règlement sur le chanvre industriel (RCI), entré en vigueur le 12 Mars 1998. En premier lieu, selon le RCI, les plants de chanvre industriel doivent contenir tout au plus 0.3% de THC.

Par ailleurs, la production n’est autorisée que sur attribution de licences de la part de Santé Canada. Outre la lenteur administrative pour l’octroi de cette licence- qui peut prendre cinq à six mois- les producteurs doivent faire face à d’autres exigences de la RCI, drastiques pour la plupart. En effet, hormis les procédures classiques, les producteurs doivent remplir une pile de formulaires informant Santé Canada des cultivars utilisés, de la forme de chanvre industriel qu’ils souhaitent produire, importer, exporter etc., la surface de terre qui sera consacrée à la culture (au moins quatre hectares) et même leur casier judiciaire.

C’est dire que le chemin est long à parcourir et semé d’embuches pour qui veut se lancer dans la production de la plante.

Références

Fibre de Chanvre Industriel, Hash Marihuana & Hemp Museum,
http://hashmuseum.com/fr/la-plante/chanvre-industriel/fibre-de-chanvre-industriel

Gouvernement du Canada. 1998, Règlement sur le chanvre industriel.
http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/reglements/DORS-98-156/page-1.html#docCont

Laate E. A, 2012, Industrial Hemp Production in Canada, Government of Alberta: Agriculture and Rural development.

Roulac J. W, 1997. Hemp Horizons, The Comeback of the World’s Most Promising Plant. Chelsea Green Publishing Company, White River Junction, Vermont.

Tourangeau, W. 2015. Re-defining Environmental Harms: Green Criminology and the State of Canada’s Hemp Industry. Canadian Journal of Criminology and Criminal Justice, 57(4), pp.528-554.

Sante Canada, Foires aux questions sur le chanvre industriel.
http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/substancontrol/hemp-chanvre/about-apropos/faq/index-fra.php#al

 

The proAction Initiative: What it means for the dairy industry and its consumers.

Canadian dairy farmers are very proud people. They are proud of their work and the quality of the product that they provide consumers with everyday. They, however, also have to fight to keep their good reputation like many other animal industries. This is done by following strict regulation that is set up by the dairy industry itself.

In 1997, an initiative called Canadian Quality Milk (CQM) was created by Dairy Farmers of Canada (DFC) in order to be proactive and prepared for when consumers began to demand for on-farm food safety regulations (DFC, 2005). This program was the first step of a larger six module initiative created by DFC where each module would be implemented at different stages to make the transition easier for dairy producers. This larger initiative would be known as proAction and the six modules included Milk Quality, Food Safety, Animal Care, Traceability, Biosecurity and Environment (DFC, 2015). Milk Quality and Food safety were implemented in 2015 with 99% of the farms being registered in 2016 (DFC, 2016).

The next module that is being introduced to farmers is that of Animal Care. This module is concerned with animal health, comfort and their care. Since 1996, DFC has invested in animal care research with the aim to improve these three topics. In 2009, the Code of Practice was updated to ensure proper handling and care of dairy cattle. This module was implemented in September of 2016 with Holstein Canada assessing animal care and comfort on every single dairy farm in Canada. DFC also continuously work to improve animal care alongside of National Farm Animal Care Council (NFACC) (DFC, 2016). The code of Practice for dairy cattle include six sections: Accommodation, Housing and handling facilities, Feed and Water, Health and Welfare Management Husbandry Practices, Transportation and Euthanasia (NFACC, 2009). Animal Traceability is also being implemented at the same time as Animal Care. Traceability will allow for the industry to know exactly where the animal has been throughout its life including any contact it may have had with other animals at any point. This module helps to increase the trust between consumers and producers by letting them know where their food is coming from (DFC, 2016).

There is often concerns for why newborn calves are separated from their mother not long after being born. Producers do this to keep the calf safe and healthy. Cows can be major source of bacteria and illnesses for a newborn calf which is why calves are removed from their mother after she has cleaned the calf. Calves, unlike human babies, are born without an immune system since the placenta does not allow the transfer of antibodies (immunoglobulins) from the mother to the fetus during pregnancy. They only receive an immune system through drinking colostrum. Colostrum is the first milk a cow gives after calving. It contains antibodies along with many nutrients and provides warmth to the calf. Best practices include feeding the calf 4L of high quality, clean colostrum within one hour of birth with a second feeding of 2-3L of colostrum within the next 8 hours (OMAFRA, 2008; NFACC, 2009). Calves are also removed from the mother in cases where she is aggressive towards the calf and the producer does not want to risk the calf being injured.

The proAction initiative is essential to the success of the dairy industry in the future. Consumers are wanting to know more and more about what goes on on farms and want to know that the products that they are eating and using are safe and health for them all the while that they were produced in the best possible way. The last three modules are to be all implemented by 2023 which allows time for training and validation on all farms (DFC, 2017).

 

REFERENCES

Dairy Farmers of Canada. 2005. Canadian Quality Milk – History and Benefits. Available at https://www.dairyfarmers.ca/content/download/…/CQMHistoryDec05.pdf (accessed February 8, 2017). Dairy Farmers of Canada, Ottawa, ON.

Dairy Farmers of Canada. 2015. proAction Implementation Guide. Available at https://www.dairyfarmers.ca/proaction/resources/overview (accessed February 8, 2017). Dairy Farmers of Canada, Ottawa, ON.

Dairy Farmers of Canada. 2016. Animal Care – Targets & Achievements. Available at https://www.dairyfarmers.ca/proaction/targets-achievements/animal-care (accessed February 8, 2017). Dairy Farmers of Canada, Ottawa, ON.

Dairy Farmers of Canada. 2016. Food Safety – Targets & Achievements. Available at https://www.dairyfarmers.ca/proaction/targets-achievements/food-safety (accessed February 8, 2017). Dairy Farmers of Canada, Ottawa, ON.

Dairy Farmers of Canada. 2016. What is proAction? – Traceability. Available at https://www.dairyfarmers.ca/proaction#traceability (accessed February 8, 2017). Dairy Farmers of Canada, Ottawa, ON.

Dairy Farmers of Canada. 2017. ProAction – Technical Resources Overview. Available at https://www.dairyfarmers.ca/proaction/resources/overview (accessed February 8, 2017). Dairy Farmers of Canada, Ottawa, ON.

National Farm Animal Care Council. 2009. Code of Practice for the Care and Handling of Dairy Cattle. Available at http://www.nfacc.ca/codes-of-practice/dairy-cattle (accessed February 8, 2017). National Farm Animal Care Council, Lacombe, AB.

OMAFRA. 2008. Colostrum for Dairy Calf- Factsheet. Available at http://www.omafra.gov.on.ca/english/livestock/veal/facts/08-001.htm (accessed February 8, 2017). Ontario Ministry of Agriculture, Food and Rural Affairs, Guelph, ON.

The Future of Our Food

The Future of Our Food

By 2050, earth is expected to reach a population of around 9.7 billion people. At the current population of 7.3 billion and already struggling to provide food to every corner of the world, how are we expected to deal with this additional 2.4 billion people? According to the Food and Agriculture association (FAO), the production of agricultural good and products “will need to increase by 70%” (FAO, 2009). If you consider that majority of the new population will live in urban areas in developing countries, additional land will need to be developed for either housing or agriculture to produce the necessary food.

In the past, this is how things would have been done. Tearing down forests for development of farm land and then developing perfect agricultural land for housing was never frowned upon in previous years. We are at a point where our agricultural expansion cannot and should not continue just for the sake of “increasing production” when we should be looking at keeping the land that we have right now and buckle down on increasing yields.

So what is the solution?

In North America, we have the luxury of having an industrialized agriculture market. Giving farmers access to the latest technology advancements in machinery and sustainable agricultural practices. Engineers and Agriculture students are focussing on newer ways to prevent soil disturbances, high precision agriculture to reduce runoff and reduce costs of nitrogen applications, and even autonomous tractors to do our work for us. There is, however, a major issue with the “decline in Government spending on public agricultural R&D as well as a surge in R&D spending by the private sector” (USDA 2016). If we expect to at least double our food production by 2050, we need to continue to advance technologies that allow us to increase yields, without creating more agricultural land. Not only does the industrialized agricultural countries need to continue investing in the R&D part of the industry, but need to contribute to other developing countries agricultural industry as well.

Mechanization of developing countries agriculture practices can be beneficial in several ways. The implementation of these technologies will allow for much higher yields, which in turn will prevent the need for further development of agriculture land and prevent further destruction of ecosystems. Previous practices of fertilizer applications as well as other spraying necessary for the growth and protection of plants has been unregulated and uncared for allowing for major run off of nitrogen and other chemicals into local water systems. In present day practices, with the advancement of technologies, farmers are using GPS and electronically driven tractors to apply mixtures of nitrogen and other chemicals based on their soil nutrient levels. This reduces the amount of runoff drastically and prevents unnecessary damage to ecosystems and local waterways as well giving the plant exactly what it needs, nothing more or less, creating a much more sustainable means to agriculture and saving farmers money.

At the end of the day it is up to all of us to progress with new technology and methods that allow for increased sustainability of agriculture. Whether It is in the advancement of mechanized agricultural machinery, new innovative tillage methods or newer ideas such as Urban Barns that would greatly reduce distance from producer to customer. It is not only up to society to press the further investment into these ideas, but also up to the engineers, scientists and entrepreneurs that must utilize these investments as best they can to come up with innovative ideas to grow more food, with less or equal amounts of land.

References:

“CAFF15 | Forum on Canada’s Agri-Food Future.” CAFF15 | Forum on Canada’s Agri-Food Future. Dep. of Land & Food Systems, UBC, 07 Oct. 2015. Web. 13 Feb. 2017. .

“FAO’s Director-General on How to Feed the World in 2050.” Population and Development Review 35.4 (2009): 837-39. FAO. Web. 11 Feb. 2017. .

Folley, Jonathan. “Feeding 9 Billion.” Feeding 9 Billion – National Geographic. National Geographic, n.d. Web. 11 Feb. 2017. .

“U.S. Agricultural R&D in an Era of Falling Public Funding.” USDA ERS – U.S. Agricultural R&D in an Era of Falling Public Funding. USDA, n.d. Web. 12 Feb. 2017. .

Les ajustements manuels de pression au sol des unités de semis, maintenant de l’histoire ancienne!

L’objectif d’un semi consiste en l’obtention future d’une levée uniforme. La profondeur à laquelle la semence est déposée régule directement le résultat de la germination. En effet, avec une infinité de variations qu’un champ peut comporter, la profondeur du semi suit de même. Passant d’un type de sol à un autre, d’une humidité, d’une topographie, ainsi qu’une quantité de résidus variables, il est  pratiquement impossible d’obtenir la profondeur idéale pour chacune des semences déposées au sol. Si la pression des unités du planteur contre le sol n’est pas optimale, les conséquences seront nombreuses. Par exemple, l’asséchement de la semence déposée trop à la surface, dans le cas d’un manque de pression, résultera en une germination tardive en période sec, ou en une germination hâtive en période humide. De plus, un faible développement racinaire pour une pression trop grande dû à la compaction des parois du lit de semence aboutira en un rendement à la baisse. Heureusement, avec le développement de nouvelles technologies, les cultivateurs peuvent maintenant obtenir des outils incroyablement précis, afin d’obtenir des profondeurs de semis quasi uniformes, peu importe les conditions d’ensemencement. Les systèmes hydrauliques de contrôle de profondeurs de semis ajustent à intervalles constants la pression qu’exerce l’unité de semi contre le sol.

La pression au sol doit être adaptée en fonction du type de sol. Précédemment, les ressorts, ou les valves hydrauliques étaient ajustés qu’une seule fois au début d’un champ, en fonction de la texture du sol. Par exemple, la tension des ressorts était ajustée à la hausse dans un sol argileux, de façon à ce que les disques du planteur pénètrent efficacement le sol. Maintenant, le mécanisme qui régule la pression au sol est un cylindre hydraulique qui agit sur l’unité de semi de façon à s’allonger pour obtenir plus de pression au sol ou à se raccourcir pour enlever de la pression au sol. Des cellules de charges sont installées sur chacune des unités de semi, de façon à prendre la lecture de charge sur les roues qui contrôlent la profondeur. Ainsi, un contrôleur reçoit ces informations et les compare avec les valeurs préalablement enregistrées par le fournisseur. Le contrôleur effectue une modification de la pression du cylindre si les valeurs ne correspondent pas. De plus, la lecture des pressions hydrauliques est faite indépendamment sur chacune des unités de semi, 200 fois par seconde (Precision Planting, 2017). Une variation instantanée de plus ou moins 600 livres de pression peut donc être réalisée d’une graine à une autre (Wynthein. 2016).

 Il est possible d’obtenir cette technologie, non seulement sur des planteurs, mais aussi sur des semoirs, donc pour les cultures telles le maïs ou le soya, mais également pour les cultures telles les céréales ou les fourrages. Cette technologie peut également prévenir certains bris mécaniques. Précédemment, les systèmes à ressorts absorbaient directement les coups qu’une roche pouvait engendrer sur le mécanisme de semi, due à une pression trop élevée. Maintenant, avec cette technologie, les vibrations ainsi que les chocs sont amortis efficacement, empêchant des impacts trop sévères. Un autre avantage peut être un taux de semi ajusté à la baisse, en raison d’un meilleur taux de germination, qui réduira les coûts d’intrants.

Il reste maintenant à voir la justification économique liée avec un tel investissement. La complétion d’un budget demeure la tâche de l’agriculteur. La connaissance de cette technologie devient un outil additionnel qui vaut la peine d’être considéré. Le semi étant la première étape, mieux vaut mettre les chances de son côté pour bien commencer la croissance de chacune des plantes.

David-Alexandre Bédard

Références:

Ajay Sharda, John Fulton, Sylvester Badua, Terry Griffin, Ignacio Ciampitti and Lucas Haag. 2017. Planter downforce Technology for Uniform Seeding Depth. Disponible à: http://www.bookstore.ksre.ksu.edu/pubs/MF3331.pdf. (Accédé le 10/02/17) Kansas State University, Research and Extension, Biological and Agricultural Engineering. Manhattan, Kansas.

Mark Wynthein. 2016. Precision Planting® Proves Itself on Arlington Farm. Disponible à: http://s3.amazonaws.com/media.agricharts.com/sites/658/Newsletters/Connections/2016/Connections%20-%20Summer%202016.pdf. (Accédé le 10/02/17) Connections, Viafield Growing opportunities. Charles City, IA.

Precision Planting LLC. 2017. Delta Force. Disponible à: http://www.precisionplanting.com/#products/deltaforce/ (Accédé le 10/02/17) Precision Planting LLC. Tremont, IL.

Roger Elmore, Mahdi Al-Kaisi and Mark Hanna. 2014. Agronomy News. Disponible à: https://extension.umd.edu/sites/extension.umd.edu/files/_docs/Agronomy%20News%20May%201%202014.pdf (Accédé le 10/02/17) University of Maryland Extension. Cambridge, MD.

La monoculture de maisons

Pilier de l’occupation du territoire, l’agriculture est, depuis la conquête, un fleuron de la société et de l’économie québécoise. Les terres arables ont, pour la plupart, été défrichées à grande peine avec des équipements modestes et bien souvent sans tracteur. Des milliers de kilomètres carrés de forêts furent abattus; des milliards de coups de bêche donnés et autant de pierres enlevées, années après années. Aujourd’hui sur les plus fertiles de ces terres, nous voyons, trop souvent, s’ériger maisons et complexes industriels.

Moins de 2% du territoire québécois est constitué de terres arables (UPA, 2017). Avoisinant les centres urbains, les terres agricoles sont sujettes aux spéculations de promoteurs immobiliers. Ainsi, leur superficie tend à décroître étant donné la forte pression de l’étalement urbain dans le contexte géographique québécois.

C’est ainsi que, le 21 décembre 1978, le gouvernement de René Lévesque adoptait La Loi sur la protection du territoire agricole; aujourd’hui devenue La Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles et créait, du même souffle, la Commission de protection du territoire agricole. Au sein même de la loi des mécanismes de dézonage sont prévus, donc, une protection oui, mais conditionnelle. De ce fait, le caractère non immuable de la protection du territoire est évoqué.

Aujourd’hui, nous sommes à un moment névralgique de l’avenir de l’agriculture au Québec : le projet de loi 122, Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs.

Par la modification de l’article 80, aliéna 6.5 prévoyant que « Le gouvernement peut en outre prévoir, par règlement, les cas où l’utilisation de lots à une fin autre que l’agriculture est permise sans autorisation de la commission.» (Assemblée nationale, 2016). La Commission n’aura donc plus l’occasion de protéger les terres agricoles.

Si ce projet de loi est adopté, les municipalités pourront procéder au dézonage et morcellement des terres agricoles. La spéculation sur leur prix ne fera que croître, rendant leur acquisition d’autant plus difficile pour les agriculteurs.

Proposé afin de diminuer les coûts d’opération de la Commission, il reviendrait aux citoyens d’énoncer leurs oppositions aux modifications d’utilisation suggérées par les municipalités. Cette déresponsabilisation gouvernementale transfère aux citoyens le fardeau de protection. Or, en mandatant des parlementaires afin de défendre leurs intérêts, les citoyens se déchargent quelque peu de la gestion de la société. Tel est le mécanisme de la démocratie actuel, et non la démocratie directe.

De plus, les dynamiques sociales diffèrent en milieux urbain, rural et périurbain (Beaulieu et Balcom, 2002 et Moser, 1997). En milieu rural, le réseau social d’une personne, proportionnellement à l’ensemble de la population, est plus important qu’en milieu urbain. Conséquemment, en milieu urbain, les chance qu’une personne s’opposant à un projet connaisse une personne en bénéficiant directement ou indirectement sont moindres, facilitant l’opposition publique. Comme la probabilité de s’opposer à un projet dont bénéficierait un proche est faible, les oppositions risques d’être faibles en milieu rural.

De surcroît, il importe de se questionner sur la capacité et de la volonté des citoyens de remplacer la Commission, de poser un jugement éclairé étant donnée la complexité de la question d’urbanisation. Considérons simplement le taux de participation aux élections ces dernières années. Aux dernières élections municipales, il avait connu une hausse et atteignait 50% à l’échelle provinciale (La presse canadienne, 2013)… Ceci reflète bien l’intérêt que portent les citoyens sur les questions de gouvernance.

L’étalement urbain repousse sans cesse les limites de la zone agricole. Toutefois la zone agricole elle ne peut se déplacer étant donné la rareté des terres arables de bonne qualité. Il importe donc à la Commission de protection du territoire agricole, et non aux citoyens uniquement, de continuer d’exercer son rôle de protecteur, veillant au bien de la société et au développement durable du territoire.

Par Riva Khanna

REFERENCES

Assemblée nationale du Québec. 2016. Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs. Présenté

Beaulieu, L. et Balcom, P. 2002. La structure des propositions adverbiales du français: arguments sociolinguistiques. Journal of French Language Studies 12:241–262.

Moser, G. 1997. L’univers relationnel des citadins: modalités d’ajustement aux contraintes urbaines. Psychologie française, 42(2), 123-131.

La Presse canadienne. 2013. Élections municipales: le taux de participation grimpe à 50 %. disponible à http://www.lapresse.ca/actualites/elections-municipales-2013/201311/04/01-4707071-elections-municipales-le-taux-de-participation-grimpe-a-50-.php (consulté le 13-02-2017)

Statistiques Canada. 2005.  Données sur les exploitations et les exploitants agricoles. Recensement de l’agriculture de 2011. disponible à http://www.statcan.gc.ca/pub/95-640-x/2011001/p1/prov/prov-24-fra.htm#Superficie_agricole (consulté le 12-02-2017)

Union des Producteurs Agricoles. 2017. L’agriculture en chiffres. disponible à https://www.upa.qc.ca/fr/statistiques/ (consulté le 13-02-2017)

Territoires agricoles sous protection?

Territoires agricoles sous protection?

« La commission se demande pourquoi on ne met pas autant d’efforts pour protéger le territoire et les activités agricoles que pour préserver des milieux humides, des bâtiments patrimoniaux ou des espaces à développer » (LégisQuébec, 2016). L’historique de l’humanité est parsemé d’expropriation d’habitants en sol agricole selon un dit objectif de développement. Le territoire québécois est immense, mais non humainement viable, encore moins cultivable, sur l’ensemble de sa superficie. Les terres arables sont rarement perçues comme une richesse collective à cause de la perception qu’il existe d’autres terres cultivables ailleurs, toujours plus loin. L’occupation du territoire québécois dépend malheureusement, de la valeur financière attribuée aux superficies et non à l’utilisation que l’on peut en faire, ni à la ressource que le dit sol nous octroie. Nos sols cultivables sont-ils menacés par des projets de soi-disant développements qui, au final, favoriseront l’étalement urbain?

En 1978, la Loi sur la protection du territoire agricole voit le jour avec pour mandat d’assurer la pérennité du patrimoine agricole. Tel que stipulé par la Commission de protection du territoire agricole du Québec, ci-après nommé CPTAQ, : « La loi s’applique au gouvernement, à ses ministères et à ses organismes. (…) La loi prévaut également sur toute disposition incompatible d’un schéma d’aménagement et de développement, d’un plan directeur ou d’un règlement de zonage, de lotissement ou de construction » (Commission de protection du territoire agricole du Québec, 2017). D’un revers de la main, en 2003, le gouvernement québécois a refusé de suivre les recommandations de la CPTAQ concernant le prolongement de l’autoroute 30 sur la Rive-Sud de Montréal (Hamel, 2003).  En a résulté un dézonage de superficies agraires, coupant en deux des productions alimentaires et détournant la Loi sur la protection du territoire agricole (LégisQuébec, 2016).

Alors, se souvient-on vraiment? En effet, quelques années plus tard, un scénario similaire se répète alors que le gouvernement Couillard refuse de respecter les recommandations soulevées par le Bureau d’audiences publiques pour l’environnement (BAPE) concernant le projet de réseau électrique métropolitain (REM) proposé par la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ-Infra). Entre autres, il fut émis par le BAPE que « La conception et le choix de l’emplacement de la station Rive-Sud contreviennent aux règles d’aménagement du territoire et aux politiques de maintien des terres agricoles » (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, 2016).

En plus, l’emplacement proposé par la CDPQ-Infra pour la gare de Brossard se situera en zone très peu peuplée avec un immense stationnement incitatif à construire de 3000 places nécessitant un dézonage agricole sur une superficie de 30 hectares, soit l’équivalent de 50 terrains de football (Bisson, 2016). Ce projet stimulera également l’étalement urbain dans l’ouest de l’ile de Montréal par ces antennes vers Sainte-Anne-de-Bellevue et vers le Dix30 stimuleront l’étalement urbain de faible densité, ce qui augmentera la dépendance à l’automobile, favorisera la congestion routière et augmentera les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Jusqu’à maintenant, l’autoroute 30 créait une barrière physique ralentissant l’étalement urbain au sud de celle-ci. Le développement de la station Rive-Sud du projet de la Caisse de dépôt favorisera fortement l’étalement urbain et augmentera la pression pour des dézonages en série du secteur agricole actuellement présent. De plus, le projet de la Caisse intervient dans le plan d’aménagement du territoire de la ville de Longueuil entrant en conflit avec Loi du sur la protection du territoire agricole.

A-t-on une perception sociétale que l’agriculture n’est pas une richesse et que l’enrichissement d’une minorité peut se faire au détriment d’un secteur d’emploi fondamental dont l’objectif est de nourrir la population.

Par Joëlle Lefebvre-Ouellet 

Références

Bisson, B. (2016, octobre 5). Réseau électrique métropolitain : Le train de la caisse n’est pas le bienvenu en zone agricole. La Presse, 10. Récupéré sur http://plus.lapresse.ca/screens/6a600d53-7bce-4afb-8dd5-53b7b08d7b36%7C_0.html

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. (2016). Projet de réseau électrique métropolitain de transport collectif. Rapport d’enquête et d’audience publique, Gouvernement du Québec, Québec. Consulté le février 12, 2017, sur https://bape.gouv.qc.ca/sections/rapports/publications/bape331.pdf

Commission de protection du territoire agricole du Québec. (2017, février 11). Mission et mandat. Québec, Canada. Récupéré sur http://www.cptaq.gouv.qc.ca/index.php?id=27&MP=74-147

Hamel, M. L. (2003, février 6). Le gouvernement du Québec autorise le parachèvement de l’autoroute 30. Récupéré sur Développement durable, Environnment et Lutte contre les changements climatiques Québec: http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/infuseur/communique.asp?no=316

LégisQuébec. (2016, novembre 1). Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles. (É. o. Québec, Éd.) Récupéré sur Publications Québec: http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/pdf/cs/P-41.1.pdf

Agriculture biologique, dans toutes ses facettes !

Qui n’a pas entendu, ces derniers temps, parler d’agriculture biologique ? Que ce soit un voisin producteur qui pense s’y lancer pour bien certaines personnes de notre entourage qui mange bio ? Certes, l’agriculture biologique est en pleine expansion au Québec en termes de nombre d’exploitation et de superficie cultivée. En effet, le nombre de fermes certifiées biologiques au Québec est passé de 855 en 2006 à 1003 en 2013 et les superficies cultivées biologiquement ont augmenté de 26 % respectivement (FABQ ,2017). Cette expansion peut être expliqué pas deux grands facteurs. D’une part. les agriculteurs prennent conscience des impacts environnementaux qu’ils peuvent avoir et tente par le fait même d’améliorer leur pratique en adoptant la production biologique. Ensuite les consommateurs associent de plus en plus le bon choix des aliments à une bonne santé. Ce qui se traduit par une demande croissante de produit biologique (LeDevoir ,2006). Il faut le dire, présentement l’agriculture biologique a le vent dans les voiles ! Il suffit de se rendre en épicerie pour constater l’offre de produits biologique ou bien de se rendre sur le site du MAPAQ pour se rendre compte que de plus en plus de subventions sont destinées au transfert biologique. Des programmes d’université et de cégep sont maintenant 100 % dédié à la production biologique. Le mouvement est présent et il se voit partout.

Certes, la production en régie biologique comporte de nombreux avantages ! Elle transforme carrément la manière dont les producteurs agricoles cultivent leurs terres. Ils deviennent beaucoup plus indépendants puisqu’ils n’ont plus à acheter des intrants chimiques. Ils cultivent la terre avec les moyens qu’ils ont. Pour le contrôle des mauvaises herbes, il utilise le désherbage mécanique, pour le contrôle des insectes et des maladies, il pratique la rotation des cultures et pour la fertilisation ils travaillent   par le biais de plantes fixatrices d’azote ainsi que des apports de fumiers. Avec l’agriculture biologique, finis les dangers que représentent les pesticides pour la nature et pour l’humain.

L’agriculture biologique peut sembler la solution de rechange parfaite à l’agriculture conventionnelle qui comporte son lot de critiques. Mais est-ce que l’agriculture biologique est vraiment la solution de rechange à l’agriculture conventionnelle ?  Il s’agit en effet d’un grand débat où les opinions divergent beaucoup. L’argument le plus entendu est que les rendements ont tendance à diminuer en production biologique. En effet, de façon générale les rendements en régie biologique sont 25% moins élevés (Tuomisto & al., 2015). Le pourcentage peut varier d’une culture à une autre. Les céréales sont principalement les plantes où il y a une plus forte diminution de rendement. Nourrir la planète biologiquement nous obligerait donc à défricher de nouvelles terres afin de nourrir toute la population. La majorité de la fertilisation en régie biologique est faite à partir de compost, malheureusement ces composts dégagent une quantité énorme de méthane dût à leur milieu anaérobique (Miller,2014).  Comme aucun herbicide ne peut être utilisé en production biologique, les producteurs doivent utiliser le travail du sol pour contrôler leurs mauvaises herbes. Cela les oblige donc à pratiquer un travail de sol répétitif, ce qui a de fortes conséquences sur la qualité du sol. Le travail du sol brise les agrégats du sol continuellement et favorise l’érosion (Savage, 2013).

Bref, l’agriculture biologique semble aussi avoir ses points négatifs comme l’agriculture conventionnelle. Peut-être que l’agriculture biologique d’aujourd’hui n’est pas prête à remplacer l’agriculture conventionnelle. Mais pour l’instant nous avons besoin des deux types d’agriculture afin que chacune des méthodes apprenne l’une de l’autre et continues d’augmenter la durabilité de notre agriculture globalement, car l’important c’est de pratiquer une agriculture qui sera persister pour les prochaines générations.

 

Alexandre Adam

 

 

Reference

“Coup D’Œil Sur L’agriculture Biologique Au Québec”. Fédération D’agriculture Biologique Du Québec, 2017, http://www.fabqbio.ca/meganet/media/docs/fiche_1_eagriculture_bioe_.pdf.

“Manger Bio Au Québec – Des Consommateurs Affamés De Nature”. Le Devoir, 2017, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/103787/manger-bio-au-quebec-des-consommateurs-affames-de-nature.

Tuomisto, Hanna L, et al. “Does Organic Farming Reduce Environmental Impacts?–a Meta-Analysis of European Research.” Journal of environmental management 112 (2012): 309-20. Print.

Miller, Henry I. “Why Organic Isn’t ‘Sustainable'”. Forbes.Com, 2017, https://www.forbes.com/sites/henrymiller/2014/11/19/why-organic-isnt-sustainable/#48eda683dd73.

L’exode rural, une grande menace pour l’avenir du Québec

Combien de fois entendons-nous que l’exode rural est un phénomène grandissant dans plusieurs pays comme le Canada. Pourtant, d’insuffisantes mesures sont présentement en place pour assurer le bon fonctionnement et aussi la survie de nombreux village québécois. Passant de 84%  à moins de 20% de 1851 à 2011, la proportion de gens vivant en campagne contre celle vivant en ville a dramatiquement chuté et suit une tendance à la baisse encore aujourd’hui (Statistique Canada, 2013). Bien que l’exode rural soit un problème présent au Québec depuis plusieurs années déjà, il est important de ce rappelé l’ampleur de ce que cela représente pour l’avenir du Québec. Peu importe les raisons qui poussent un producteur à quitter son entreprise agricole, que ce soit par manque d’argents ou de motivation, les conséquences engendrées sont plus grandes que l’on pense.

En effet, il est démontrable que l’agriculture est un grand moteur économique pour le Québec et surtout ses régions. Même si le secteur agroalimentaire, n’incluant pas le commerce de gros, ne représente que 7% du PIB total de la province en 2016, les retombées économiques de ses secteurs sont non sans importance (Investissement Québec, 2016). Soutenant près de 503 500 emplois principalement dans les secteurs manufacturiers, du transport et du commerce, les retombés économiques du secteur agroalimentaire étaient évaluées à plus de 19,5 G$ en revenus personnels et 13,1 G$ en bénéfices sociaux et ce pour l’année 2013 seulement (Institue du Québec, 2015).  Donc, l’autonomie économique d’un pays ou d’une province comme le Québec commence par un bon développement, mais aussi du maintien d’un secteur agro-alimentaire fort et autonome.

Une étude de cas concernant le village de Saint-Isidore-de-Clifton, dont ses activités économiques sont principalement reliées au secteur primaire, a démontré qu’une potentielle dégradation rapide des activités économiques, mais aussi une détérioration du tissus social du village, voir sa fermeture, pourrait être engendré dû aux manque de soutient donné à son secteur agricole (Éco Ressources Consultants et Eco Tech Consultants, 2009). Donc, non seulement la fermeture de plusieurs de nos villages est une menace pour la stabilité économique de la province, c’est aussi la perte de son héritage historique et culturel. En effet, loin de mon but d’être raciste, il est important de reconnaître que l’agriculture au Québec se fait souvent dans un contexte purement francophone, contrairement au plus grande entreprises non agricoles que nous pouvons majoritairement retrouver dans les secteurs plus industriels des grandes villes.

 

Il est donc primordial de prendre en considération que ce qui définit le Québec est entre autre ses racines. Ainsi, lorsque son agriculture s’affaiblie, ses villages ruraux sont menacés de disparaître, et sa culture aussi. C’est l’abandon de son histoire, de ses racines et ses valeurs. Ainsi, il est plus qu’urgent de mettre sur pied de plus grandes mesures faisant en sorte que les habitants de petits villages ruraux soient plus incités à demeurer dans leurs municipalités si nous voulons préserver le patrimoine québécois pour les années à venir. Ainsi, une meilleure valorisation de l’agriculture au saint des communautés québécoises est l’une des premières choses à considérer et améliorer pour garder les gens en régions. De plus, certaine municipalité offrent présentement des montant d’argents via leurs chambres de commerces pour les gens venant s’installé dans leur région. L’uniformisation de cette politique à l’échelle provincial serait sans doute une bonne stratégie pour l’intérêt de la préservation de la richesse culturel du Québec. Sans compté un meilleur appui, social et économique, de la part du gouvernement pour le secteur agroalimentaire éprouvant des difficultés considérables.

 

Référence:

Éco Ressources Consultants et Eco Tech Consultants, 2009, Retombées économiques pour le Québec et ses régions : Rapport final. No. de rapport 30119246. UPA, Québec, Qc.

Institut du Québec, 2015. L’industrie agroalimentaire : un puissant levier de développement économique pour le Québec. No. de rapport 7524. Agri Réseau, Montréal, Qc.

Investissement Québec, 2016. Agroalimentaire : Choisir le Québec c’est choisir la croissance. Disponible sur : http://www.investquebec.com/international/fr/secteurs-activite-economique/agroalimentaire/choisir-le-quebec-c-est-choisir-la-croissance.html (Accédé le 11 février, 2017). Investissement Québec, Québec, CA.

Statistique Canada, 2013, Population urbaine et rural, par province et territoire (Québec). Disponible sur http: //www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/demo62f-fra.htm (Accédé le 13 février, 2017). Gouvernement du Canada, CA.

La mise en marché du sirop d’érable au Québec

Au Québec, la Fédération des Producteurs Acéricoles du Québec (FPAQ) représente plus de 7300 producteurs acéricoles et contrôle la vente du sirop d’érable québécois. Depuis plus d’une dizaine d’années, des centaines de producteurs acéricoles sont en conflit ouvert avec leur office de producteurs. Ils  réclament la fin du monopole de la FDAP sur la vente et revendiquent leur droit de commercialiser eux-mêmes leur produit. On n’a qu’à penser au très médiatisé cas d’Angèle Grenier, cette productrice de la Beauce qui se bat jusqu’en Cour suprême pour pouvoir vendre son sirop (McCallum 2016).

Les producteurs mécontents avancent également que le FPAC n’est pas efficace dans sa mise en marché collective et qu’ils produiraient plus et feraient beaucoup plus de profits s’ils pouvaient gérer eux-mêmes leur croissance. Un exemple criant exposant ce problème est le fait que l’année dernière, le Québec a dû importer du sirop biologique des États-Unis parce que la production québécoise ne répondait pas à la demande des acheteurs. Pour plusieurs, cette situation est scandaleuse puisque les producteurs québécois sont empêchés de produire plus par leurs quotas (Cloutier 2016, Bégin 2016, Dallaire 2009).

Ils argumentent aussi que la demande de sirop d’érable connaît une croissance fulgurante et que le secteur acéricole du Québec n’arrive pas à suivre (Ici-Estrie 2016, Ici-Mauricie-Centre-du-Québec 2016). Ainsi, les producteurs québécois perdent des parts de marché au profit des producteurs américains, qui n’ont aucune contrainte à leur croissance. Leurs demandes vont dans le sens du récent rapport gouvernemental Gagné (février 2016). Le rapport appelait à une libéralisation du secteur pour augmenter sa productivité et sa production (Ici Est-du-Québec 2016). Le système serait, tel qu’il est actuellement, trop rigide et contraignant pour les producteurs.

Ce qui ressort de l’analyse de cette situation est que lorsqu’une production se porte bien, les producteurs ont tendance à être moins favorables à une mise en marché collective. Par contre, lorsque les conditions sont difficiles, les producteurs sont davantage pour une mise en marché collective. Avant l’instauration du système centralisé au début des années 90, les variations de prix et les problèmes de qualité nuisaient à la croissance et à l’industrie (Union des Producteurs Agricoles 2015). La FPAQ avait alors permis la mise en place d’un système pour garantir une qualité uniforme et l’approvisionnement, propulsant ainsi l’expansion du produit dans le monde (Ici Est-du-Québec 2016).

À l’heure actuelle, quelle approche devrait-on favoriser quant à la mise en marché du sirop? Le système actuel est-il toujours pertinent? Devrait-on aller vers une déréglementation de l’industrie afin de permettent chaque producteur de commercialiser son produit, ou au contraire, les producteurs devraient-ils bâtir sur leur acquis et essayer de rendre leur mise en marché collective plus efficace?

Il est bien évident que si on démantelait le système gérant la mise en marché du sirop et si on assouplissait les règles, il serait bien difficile de revenir en arrière par la suite. Le risque est donc le suivant : puisque ça va bien en ce moment, la FPAQ semble moins pertinente. Mais que se passerait-il si la situation changeait? Si, par exemple, des conditions climatiques défavorables ou la renégociation de l’ALÉNA affectaient négativement la production ou les exportations, et que les producteurs ne disposaient plus de ces systèmes pour les protéger? C’est d’ailleurs ce que fait valoir la FPAQ en affirmant le système actuel permet aux producteurs de surmonter plus facilement les difficultés (Ici Estrie 2016).

Pour l’instant, La FPAQ promet à ses producteurs de s’adapter à la demande du marché. Déjà, elle a obtenu l’année dernière 5 millions d’entailles additionnelles pour augmenter la production de sirop au Québec. La situation est à suivre dans ce secteur de production en pleine expansion et en pleine ébullition. Une chose est certaine, cette situation nous amène collectivement à réfléchir à quel genre de système et à quel genre de mise en marché nous désirons avoir au Québec pour faire valoir nos produits agricoles dans le monde.

Références

Bégin PY. (2016, 15 septembre). Les réserves de sirop bio sont à sec. La Terre de chez nous. Disponible à http://www.laterre.ca/actualites/reserves-de-sirop-bio-a-sec.php

Cloutier J. (2016, 16 septembre). Le Canada devra importer du sirop d’érable. Journal de Montréal. Disponible à http://www.journaldemontreal.com/2016/09/16/le-canada-devra-importer-du-sirop-derable

Dallaire L. (2009, 17 mars). Industrie du sirop d’érable: un produit de luxe en demande. Le Soleil. Disponible à http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/agro-alimentaire/200903/16/01-837120-industrie-du-sirop-derable-un-produit-de-luxe-en-demande.php

Ici Est-du-Québec (2016, 11 février). Sirop d’érable : à marché mondial, règles mondiales. Radio-Canada.ca. Disponible à http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/764711/gaspesie-sirop-erable-rapport-gagne

Ici Estrie. (2016, 16 février). Des centaines d’acériculteurs se mobilisent à Québec. Radio-Canada.ca. Disponible à http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/765397/sirop-erable-producteurs-manifestation-rapport-gagne

Ici Mauricie-Centre-du-Québec. (2016, 19 février). Des producteurs de sirop d’érable veulent agir librement. Radio-Canada.ca. Disponible à : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/766174/acericulteurs-rapport-gagne-manifestation

McCallum L, McKenna K. (2016, 25 août). Quebec maple syrup rebel takes case to Supreme Court. CBC News Montreal. Disponible à http://www.cbc.ca/news/canada/montreal/maple-syrup-goes-to-supreme-court-1.3736127

Union des Producteurs Agricoles. (2015, avril). Mise en marché collective du sirop d’érable. Union des Producteurs Agricoles. Disponible à https://www.upa.qc.ca/content/uploads/2015/04/les-federations-regionales-plan-conjoint.pdf?x62774

 

Yield records and crop breeding strategies: reflections on the past and future perspectives

Every farmer has heard the rumours of their neighbors’ exceptionally high yields come harvest time and has learned to digest these rumours critically and skeptically. However, this year the rumours happened to be true! Statistics Canada has recently announced that this past year Quebec’s corn growers saw their biggest yields yet, weighing in at an average of 10.6 tonnes per hectare (Ménard, 2016). Amidst the excitement we may experience in the face of this agronomic achievement, it is important to take a step back and reflect on the conditions that have led us to reach these exceptional yields. Additionally, we should take the time to wonder what will be the future conditions that will drive crop improvement for years to come.

The first important thing to note is that there is not only one single driving factor that has led to these increases in yields. On the contrary, it has been a cumulative effort across multiple disciplines that has led to these significant yield performances. In fact, increased fertilizer use, more efficient chemical pesticides, large mechanical equipment and improved cultural practices such as earlier planting and narrower rows have all been attributed to some degree to being a contributor to these yield increases (Troyer and Good, 2008). However, there is one factor that seems to play a slightly more important role than some of the others. In fact, genetic improvements to corn crops have been estimated to be the cause of approximately 51% of yield increases in some regions (Qin et al., 2016).

One of the main reasons plant breeding has had such a large effect on yields is the result of breeding for increasing plant density tolerance (Qin et al., 2016). Plant density tolerance encompasses a large amount of traits that help plants in situations of high plant competition. These traits could include drought tolerance, hybrid vigour and resistance to high pest pressure. Instilling plants with these traits ensures hardy plants that will be resistant to a multitude of conditions. This is of vital importance, since in order to obtain the desired high yields at the end of the season, the plant must not only survive until the end of the season, but produce enough biomass to obtain the high yields we are looking for.

The final question is: are these increases in yields sustainable? Can we expect to see yields like this ten or twenty years into the future? Luckily for us, traits that allow plants to be tolerant to high densities also happen to make them more resilient in the face of uncertain climatic conditions. With climate change on the horizon, this is something that should not be overlooked. Nonetheless, it is also important for us to always be looking for other areas where we can be improving not only our plant breeding but also our general agronomic practices. This is especially important as we do not know today what our goals will be in the future. Perhaps in the coming years, the success of our crops will not be measured by the yields we obtain, but rather we will evaluate our performance based on our ability to produce high quality crops using low resources. In such cases, perhaps we would measure soil health or soil water quality as indicators of our performance. Whatever the future may hold, it is certain to be a challenge for the agricultural industry as a whole. However, our shared knowledge and ever improving technologies hold a lot of promise for us.

 

Ménard, M. 2016. Récolte record de maïs au Québec. La Terre de Chez Nous.

Qin, X., Feng, F., Li, Y., Xu, S., Siddique, K.H.M., and Liao, Y. 2016. Maize yield improvements in China: past trends and future directions. Plant Breeding. 135: 166-176.

Troyer, A.F. and Good, D. 2005. At last, another record corn crop. Journal of Crop Improvement. 14: 175-196.

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