Agriculture biologique, dans toutes ses facettes !

Qui n’a pas entendu, ces derniers temps, parler d’agriculture biologique ? Que ce soit un voisin producteur qui pense s’y lancer pour bien certaines personnes de notre entourage qui mange bio ? Certes, l’agriculture biologique est en pleine expansion au Québec en termes de nombre d’exploitation et de superficie cultivée. En effet, le nombre de fermes certifiées biologiques au Québec est passé de 855 en 2006 à 1003 en 2013 et les superficies cultivées biologiquement ont augmenté de 26 % respectivement (FABQ ,2017). Cette expansion peut être expliqué pas deux grands facteurs. D’une part. les agriculteurs prennent conscience des impacts environnementaux qu’ils peuvent avoir et tente par le fait même d’améliorer leur pratique en adoptant la production biologique. Ensuite les consommateurs associent de plus en plus le bon choix des aliments à une bonne santé. Ce qui se traduit par une demande croissante de produit biologique (LeDevoir ,2006). Il faut le dire, présentement l’agriculture biologique a le vent dans les voiles ! Il suffit de se rendre en épicerie pour constater l’offre de produits biologique ou bien de se rendre sur le site du MAPAQ pour se rendre compte que de plus en plus de subventions sont destinées au transfert biologique. Des programmes d’université et de cégep sont maintenant 100 % dédié à la production biologique. Le mouvement est présent et il se voit partout.

Certes, la production en régie biologique comporte de nombreux avantages ! Elle transforme carrément la manière dont les producteurs agricoles cultivent leurs terres. Ils deviennent beaucoup plus indépendants puisqu’ils n’ont plus à acheter des intrants chimiques. Ils cultivent la terre avec les moyens qu’ils ont. Pour le contrôle des mauvaises herbes, il utilise le désherbage mécanique, pour le contrôle des insectes et des maladies, il pratique la rotation des cultures et pour la fertilisation ils travaillent   par le biais de plantes fixatrices d’azote ainsi que des apports de fumiers. Avec l’agriculture biologique, finis les dangers que représentent les pesticides pour la nature et pour l’humain.

L’agriculture biologique peut sembler la solution de rechange parfaite à l’agriculture conventionnelle qui comporte son lot de critiques. Mais est-ce que l’agriculture biologique est vraiment la solution de rechange à l’agriculture conventionnelle ?  Il s’agit en effet d’un grand débat où les opinions divergent beaucoup. L’argument le plus entendu est que les rendements ont tendance à diminuer en production biologique. En effet, de façon générale les rendements en régie biologique sont 25% moins élevés (Tuomisto & al., 2015). Le pourcentage peut varier d’une culture à une autre. Les céréales sont principalement les plantes où il y a une plus forte diminution de rendement. Nourrir la planète biologiquement nous obligerait donc à défricher de nouvelles terres afin de nourrir toute la population. La majorité de la fertilisation en régie biologique est faite à partir de compost, malheureusement ces composts dégagent une quantité énorme de méthane dût à leur milieu anaérobique (Miller,2014).  Comme aucun herbicide ne peut être utilisé en production biologique, les producteurs doivent utiliser le travail du sol pour contrôler leurs mauvaises herbes. Cela les oblige donc à pratiquer un travail de sol répétitif, ce qui a de fortes conséquences sur la qualité du sol. Le travail du sol brise les agrégats du sol continuellement et favorise l’érosion (Savage, 2013).

Bref, l’agriculture biologique semble aussi avoir ses points négatifs comme l’agriculture conventionnelle. Peut-être que l’agriculture biologique d’aujourd’hui n’est pas prête à remplacer l’agriculture conventionnelle. Mais pour l’instant nous avons besoin des deux types d’agriculture afin que chacune des méthodes apprenne l’une de l’autre et continues d’augmenter la durabilité de notre agriculture globalement, car l’important c’est de pratiquer une agriculture qui sera persister pour les prochaines générations.

 

Alexandre Adam

 

 

Reference

“Coup D’Œil Sur L’agriculture Biologique Au Québec”. Fédération D’agriculture Biologique Du Québec, 2017, http://www.fabqbio.ca/meganet/media/docs/fiche_1_eagriculture_bioe_.pdf.

“Manger Bio Au Québec – Des Consommateurs Affamés De Nature”. Le Devoir, 2017, http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/103787/manger-bio-au-quebec-des-consommateurs-affames-de-nature.

Tuomisto, Hanna L, et al. “Does Organic Farming Reduce Environmental Impacts?–a Meta-Analysis of European Research.” Journal of environmental management 112 (2012): 309-20. Print.

Miller, Henry I. “Why Organic Isn’t ‘Sustainable'”. Forbes.Com, 2017, https://www.forbes.com/sites/henrymiller/2014/11/19/why-organic-isnt-sustainable/#48eda683dd73.

2 responses to “Agriculture biologique, dans toutes ses facettes !”

  1. alicemoisanmethe says:

    La cohabitation entre les producteurs conventionnels et biologiques est inévitable et la coopération est tout à fait souhaitable. Il ne suffit cependant pas de pointer les ratés des systèmes biologiques pour justifier les pratiques conventionnelles qui nuisent à l’environnement. L’agriculture est un domaine complexe et diversifié, tous les systèmes ne se ressemblent pas. Essayer de comparer l’agriculture biologique à l’agriculture conventionnelle en général et tirer des conclusions hâtives peut s’avérer trompeur. Je crois qu’il aurait été plus pertinent de comparer des éléments précis de ces deux systèmes au lieu de généraliser.
    La liste de référence n’est pas complète ; il manque le nom de certains auteurs et « Savage, 2013 » n’apparait pas dans la liste de références. Ensuite, citer H. Miller n’est pas très sérieux. H. Miller est pointé du doigt comme étant corrompu et est connu pour avoir défendu l’industrie du tabac, en plus d’être un climato-sceptique notoire… L’article qu’il a publié dans Forbes ne s’appuie pas lui non-plus sur des articles de la littérature scientifique. Il serait préférable de remonter à la source des textes d’opinion et d’évaluer leur crédibilité avant de citer ceux-ci. Attention à la qualité du français, ça rend le texte difficile à lire.

  2. Julie Major says:

    J’aimerais clarifier certaines généralisations qui sont faites dans l’article:
    -Bien que les intrants soient réduits en bio, il y en a quand même
    -en bio, le déserbage mécanique est une option, mais il y en a d’autres, comme l’occlusion (pour les petites surfaces), les faux-semis, le pyrodéserbage, les cultures de couverture
    -pour contrôler les insectes et maladies en bio, la rotation est une option, mais il y a aussi des pesticides qui sont homologués en bio, et des méthodes comme les filets anti-insectes
    -tu dis qu’en bio il n’y a pas de problèmes envrionnementaux liés aux pesticides. Je ne suis pas d’accord. Tout pesticide peut être dangereux. Et, une mauvaise gestion des fumiers est néfaste en bio comme en conventionnel.
    -tu indiques que nourrir la planète de façon bio impliquerait du déboisement. Présentement, env. 30% de la nourriture sur la Terre est gaspillée. De plus, certaines diètes liées à des systèmes de production non-durables, sont aussi détrimentales pour la santé. Comment on produit quelle nourriture est une question très complexe.
    -Un bon compost est aérobique, et le niveau d’oxygène dépend de la gestion du compost. Le compost utilise des “déchets”, qui vont dans plusieurs cas assurément générer plus de GEF s’ils sont gérés autrement que comme du compost (e.g., enfouis)
    -finalement, ton texte veut montrer les deux côtés en opposition (bio vs. conventionnel). Je pense que de l’information inexacte ou pas mise en contexte est donnée sur le bio (à son avantage ainsi qu’à son désavantage). Comme tu y fais allusion dans la conclusion, le but est de devenir plus durable en général. Il me semble risqué d’opposer deux méthodes de production, sans en avoir une connaissance plus approfondie ou en généralisant de façon indue.

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