La polyvalence des matières résiduelles fertilisantes

Un bon nombre de secteurs d’activités produise des déchets. La gestion de ces derniers est un enjeu majeur tant au niveau économique que sociale et environnemental pour bien des compagnies et organisations. Plusieurs organismes se sont donc penchés sur ce problème et ont essayer de trouver des solutions innovantes pour valoriser les déchets, notamment les matières résiduelles fertilisantes (MRF).

Mais qu’est-ce que des MRF? Selon le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), ce sont des résidus industriels ou municipaux comme les boues provenant du traitement des eaux usées (aussi appelées biosolides), les poussières des cimenteries et les cendres de bois. Ces résidus ont des propriétés fertilisantes bénéfiques pour les sols et les cultures et c’est pour cette raison qu’il faut les valoriser (MDDELCC,2018).

En 2015, 1,5 million de tonnes de MRF ont été détourner de l’élimination et ont été recyclé notamment à des fins agricoles (MDDELCC, 2016). Cette quantité est très importante si on compare cette donnée aux autres types de matériaux recyclés tel que le plastique, le verre ou le papier. Les MRF sont avantageux en agriculture puisqu’il améliore le rendement des cultures tout en diminuant le coût de fertilisation et favorise la conservation des sols. En effet, les MRF sont riche en matière organique tel que le phosphore et l’azote et lorsque qu’on les enfouit, ils génèrent du méthane et d’autres gaz à effet de serre qui polluent notre environnement (MDDELCC,2018).

Bien que certaines catégories de MRF aient des propriétés fertilisantes semblables au fumier, ce dernier est nettement plus utilisé (MDDELCC, 2018). Selon Recyc-Québec (2016), la primauté doit être accordée à l’utilisation de fumier, car « il faut donner la priorité à l’utilisation des engrais de ferme sur les fermes d’élevage ». Cependant, il demeure que le choix final d’utiliser ou non des MRF appartient aux producteurs agricoles. Par contre, sachant que l’utilisation de ces dernières permet de diminuer le coût de gestion et de l’élimination de ces résidus tout en limitant le gaspillage et l’enfouissement sanitaire ou l’incinération, leur utilisation devrait accroître (MDDELCC,2018).

Or présentement, il existe non pas une compétition entre les MRF et le fumier, mais entre les MRF et les engrais minéraux. Certains MRF peuvent remplacer les engrais minéraux et ainsi réduire la facture du producteur et ce, en apportant de la matière organique au sol (Recyc-Québec, 2016). Or, le rendement économique des MRF est difficile à calculer et c’est pour cette raison que certains producteurs sont réticents à les utiliser.

Puisque présentement l’utilisation des MRF en agriculture n’est pas très grande, des compagnies se sont pencher sur d’autres utilisations possibles de la matière pour la détourner des sites d’enfouissement ou de l’incinération.

Au Québec, les MRF peuvent aussi être source d’énergie. Une invention fut développée par Innoventé inc., conjointement avec l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement. Leur technologie a pour but de sécher rapidement les matières résiduelles organiques d’origine agricole, industrielle ou municipale pour en produire de l’électricité. Le procédé SHOC est au centre de leur technologie qui permet de traiter les boues organiques issues des systèmes de traitements des eaux usés et du lisier (Léveillée, Zegan, Carrier, Potvin et Houle, 2011). Avec ce système, la fraction solide des déchets permet d’être épurée pour en obtenir un produit asséché, sans pathogène et inodore en vue d’en faciliter la valorisation. Le processus central du procédé SHOC est le bioséchoir. Cette technique utilise la chaleur que produit les bactéries présentent dans les boues pour accélérer l’évaporation de l’eau des boues à traiter. De plus, la chaleur générée est récupérée pour alimenter le séchage final qui s’effectue sur un séchoir à bande(Léveillée, Zegan, Carrier, Potvin et Houle, 2011) . Dépendamment des boues et du produit désiré, la substance peut séjourner de 7 à 12 jours dans le bioséchoir (Léveillée, Zegan, Carrier, Potvin et Houle, 2011). Finalement, la matière peut être transformée en granules pour servir de biocombustible ou de matière pyrolytique. Ainsi, les boues organiques sont génératrice d’électricité et ne sont plus un déchet !

Références 

Léveillée, F., Zegan, D., Carrier, R., Potvin D. et Houle, J.-F. 2011. Le procédé SHOC™ : une solution novatrice pour le traitement et la valorisation des résidus organiques. Fiche synthèse, IRDA. 2 p

Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. 2016. Bilan 2015 du recyclage des matières résiduelles fertilisantes. Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnementet de la Lutte contre les changements climatiques, ISBN978-2-550-76831-9 p.

Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.2018. La valorisation des matières résiduelles fertilisantes : des résidus mis à profit. Repéré à http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/matieres/mat_res/fertilisantes/valorisation.htm#residus

Recyc-Québec. 2016. Utilisations de MRF en agriculture : Portrait actuel et potentiel d’utilisation. Repéré à https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/rapport-utilisations-mrf-agriculture.pdf.

2 responses to “La polyvalence des matières résiduelles fertilisantes”

  1. P. Jones says:

    Great topic! I think the strongest aspect of your blog is the topic itself as it is a “hot topic”. Municipal and industrial waste management is an important issue for the public, as well as being completely relevant for anyone in the agricultural industry. (Large reader scope!) The introduction is very smooth, logical and introduces the readers to what exactly is a MRF. However, I think the article would have benefitted from more examples of MRFs and explanations about how they could be used to benefit soils and crops. Also, I think a price comparison to mineral fertilizers would be a valuable bit of information for readers and would strengthen your argument concerning the competition between the two. A couple examples of which MRFs could replace which mineral fertilizers would also help to strengthen that point. I particularly liked the last paragraph where you talked about MRFs as energy sources. I think that paragraph really reflects your title and the message about the versatility of MRFs. Interesting and well written. The only other possible thing that I could suggest is a concluding paragraph to really tie it all together and remind the readers how exactly MRFs could be used and their versatility.

  2. Mario Rogantini says:

    Le titre de l’article est simple et clair. Pour le texte, le contenue était vraiment intéressant. On voyait bien le ‘message’ du texte. L’auteur a commencé par expliquer ce qu’est les MRF et expliquer les problèmes sur la gestion courante des MRF (par enfouissement). Par la suite deux alternatives ont été mentionnées, un, utiliser les MRF de la même façon que l’on gère les fumiers animal, en les épandant sur les terres agricoles et deux, utiliser les MRF pour créer de la biomasse qui sera combustible. L’auteur a expliqué les avantages de cette méthode en coupant sur les coûts d’engrais minéraux. Un aspect dont j’aurais voulu que l’auteur parle un peu plus est les désavantages de cette pratique, qui explique pourquoi l’utilisation des MRF n’est pas super répandue. Des exemples seraient l’odeur des MRF, la contamination par des métaux lourds, la non-uniformité de nutriments d’un chargement de MRF a l’autre et la compaction engendrée par l’épandeur à fumier, qui est normalement fait par un entrepreneur possédant un épandeur super lourd. J’ai vraiment aimé la simplicité du texte, il est facile pour quelqu’un qui n’est pas du milieu de comprendre. Beau travail!

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