L’aquaculture durable en milieu marin, est-ce possible ?

L’aquaculture à fait l’objet de plusieurs controverses dues aux dommages que cette production cause à l’environnement, pourtant elle ne cesse de prendre de l’expansion. En effet, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 2030 l’aquaculture aurait de grandes chances d’être la principale source d’approvisionnement de poissons dépassant largement la pêche. (MAPAQ, 2003) Cependant, dans les fermes aquacoles, les poissons sont très condensés au même endroit ce qui aboutit à des problèmes sur la qualité de l’eau. Les poissons produisent normalement des déchets organiques, libère des composés azotés et du phosphore dans l’eau, mais lorsque tout cela se retrouve en grande quantité dans un seul endroit, des problèmes surviennent. Également, la nourriture non ingérée de ces poissons se retrouve dans l’eau et n’aide pas à entretenir un environnement propre. Ces deux facteurs causent une accélération de l’eutrophisation des milieux marins. L’eutrophisation est l’accumulation de matières nutritives qui cause une surpopulation des algues. Les piscicultures en milieu terrestre peuvent contrôler ces problèmes en traitant l’eau avant de la renvoyer dans les lacs, mais pour les piscicultures en milieu marin, d’autres solutions devaient être trouvées.

C’est donc pour les piscicultures en milieu marin que la recherche sur l’aquaculture multitrophique intégrée (AMTI) peut être intéressante, puisque ce type de production se trouve avec des bassins plongé directement dans l’eau. L’AMTI est un système de production regroupant différents organismes qui se nourrissent des déchets d’une espèce principale. Dans le cas d’une pisciculture, l’espèce principale se trouve à être le poisson, qui va alimenter les autres espèces de la production. Ce type de système comprend, en plus du poisson, des espèces extracteurs de nutriments organiques à particules grossières, à particules fines et des extracteurs de nutriments inorganiques dissous dans l’eau. Les espèces extracteurs de nutriments organiques à particules grossières comme les oursins sont placées sous les cages de poisson, ils vont se nourrir des plus grosses particules de nourriture non utilisée et des fèces des poissons qui vont s’écraser au fond de l’eau. Par la suite, près des cages, des extracteurs de nutriments organiques à particules fines tels que les moules et les huitres peuvent être suspendus. Dans leur cas, ce sont les petites particules qui flottent dans l’eau venant des restants de nourriture et des fèces de poisson qu’ils vont absorber afin de croître. Les dernières espèces de l’AMTI sont les extracteurs de nutriments inorganiques dissous qui se trouvent à être les algues, elles vont être situées à une plus grande distance dans le sens du courant afin de capter l’azote et le phosphore produit par les poissons. Chaque espèce de cette production peut être vendue à des fins de consommation humaines, les algues peuvent même servir à la production de moulée pour poisson.

Figure 1 : Pêches et Océans Canada présente une représentation sous-marine du système d’aquaculture multitrophique intégrée

L’AMTI devrait attirer l’attention des producteurs aquacoles en milieu marin, car c’est une solution aux surplus de déchets organiques et inorganiques que la pisciculture produit. Ce système veille à ce que l’eau reste utilisable pour la ferme et la population environnante que ça soit terrestre ou aquatique. Effectivement, la qualité de l’eau est un aspect très important pour ces producteurs, donc un tel système assurerait la survie de leur entreprise en diminuant potentiellement la pression des environnementalistes et en veillant par le fait même à la santé de leurs poissons. Également, l’aquaculture multitrophique intégrée permettrait au producteur de continuer leur travail de façon durable tout en diversifiant leur production. Des solutions comme celle-ci vont devenir de plus en plus nécessaires, car les fermes grossissent afin de fournir suffisamment de nourriture à une population en expansion.

 

Référence :

Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. 2003. Stratégie de développement durable de l’aquaculture en eau douce au Québec. Disponible au https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/straddaq_table_filiere.pdf (accédé le 6 février 2018). Gouvernement du Québec.

Pêches et Océans Canada. 2012. Fiche technique du programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA). Disponible au http://waves-vagues.dfo-mpo.gc.ca/Library/346775.pdf (accédé le 6 février 2018). Gouvernement du Canada.

Pêches et Océans Canada. 2013. L’aquaculture au Canada : Aquaculture multitrophique intégrée (AMTI). Disponible au http://www.dfo-mpo.gc.ca/aquaculture/sci-res/imta-amti/imta-amti-fra.htm (accédé le 6 février 2018). Gouvernement du Canada.

3 responses to “L’aquaculture durable en milieu marin, est-ce possible ?”

  1. dorianebisaillonbielen says:

    Tout d’abord, le message de ce texte est simple : oui il est possible d’avoir une production piscicole durable en réduisant les impacts sur l’environnement. L’aspect le plus important du texte est la description de la méthode AMTI qui permet de réduire les impacts environnementaux en utilisant les acteurs naturels du système. Ainsi, l’argument le plus convaincant est le recyclage des particules de nourriture, des fèces et des composés contenant de l’azote et du phosphore par diverses espèces animales et végétales marines. Afin d’améliorer l’argumentaire, il aurait été pertinent d’ajouter des chiffres pour appuyer la réduction de matières polluantes émises par les poissons se retrouvant dans le milieu marin suite à l’application de cette méthode.
    Informatif mais général, le titre décrit bien de quoi il sera question dans l’article qui suit, mais demeure toutefois vague quant au contenu. En ce sens, est-ce la seule méthode qui existe à ce jour pour limiter les impacts sur l’environnement? Quels sont les coûts pour mettre en place cette pratique de mitigation des effets négatifs? Est-ce que les espèces secondaires de cette production reçoivent suffisamment de nourriture de ce système? Il s’agit de questions qui tracassent l’esprit après avoir lu l’article et qui aurait pu être abordées lors de la rédaction. Enfin, cet article était très instructif et m’a permis d’en connaitre davantage sur ce type de production qui deviendra de plus en plus populaire dans les prochaines années.

    • dorianebisaillonbielen says:

      Tout d’abord, le message de ce texte est simple : oui il est possible d’avoir une production piscicole durable en réduisant les impacts sur l’environnement. L’aspect le plus important du texte est la description de la méthode AMTI qui permet de réduire les impacts environnementaux en utilisant les acteurs naturels du système. Ainsi, l’argument le plus convaincant est le recyclage des particules de nourriture, des fèces et des composés contenant de l’azote et du phosphore par diverses espèces animales et végétales marines. Afin d’améliorer l’argumentaire, il aurait été pertinent d’ajouter des chiffres pour appuyer la réduction de matières polluantes émises par les poissons se retrouvant dans le milieu marin suite à l’application de cette méthode.
      Informatif mais général, le titre décrit bien de quoi il sera question dans l’article qui suit, mais demeure toutefois vague quant au contenu. En ce sens, est-ce la seule méthode qui existe à ce jour pour limiter les impacts sur l’environnement? Quels sont les coûts pour mettre en place cette pratique de mitigation des effets négatifs? Est-ce que les espèces secondaires de cette production reçoivent suffisamment de nourriture de ce système? Il s’agit de questions qui tracassent l’esprit après avoir lu l’article et qui aurait pu être abordées lors de la rédaction. Enfin, cet article était très instructif et m’a permis d’en connaitre davantage sur ce type de production qui deviendra de plus en plus populaire dans les prochaines années.

  2. Ingrid Laplante says:

    Une intéressante réponse aux problèmes liés à l’aquaculture en milieux marins nous est présentée par l’auteure. Instructif et bref, l’article nous explique le fonctionnement du système d’aquaculture multitrophique intégrée en guise de solution à la pollution créée par nos systèmes de production marine intensif. Le titre est accrocheur (L’aquaculture durable en milieux marin, est-ce possible ?), mais peut-être est-il trop vague par rapport au contenu. Il suggère que l’aquaculture actuelle n’est pas durable et qu’une ou plusieurs solutions pourraient être envisagées.
    Peut-être aurait-il été possible de nous présenter quels sont les problèmes de nos piscicultures marines de manière plus factuel. En effet, pour un auditoire qui ne connais pas très bien le milieu aquatique, il aurait été intéressant que l’article nous donne une idée de l’ampleur du problème. Est-ce que chaque projet de pisciculture en milieu marin mène à l’eutrophisation du milieu ? À quel point l’eutrophisation est-elle dû à l’aquaculture et quels en sont les impacts? Aussi, peut-être aurait-il été possible de mieux vulgariser les différentes composantes du système en imageant le concept ? Par exemple synthétiser l’idée en mentionnant que les oursins, les moules et les algues sont intégrées à la pisciculture agissant comme des filtres naturels.
    De plus, je me demande : des tests ont-ils déjà été faits ou est-ce que l’idée en est encore seulement au stade de concept? Quant à la production marine durable est-ce que d’autres solutions sont envisagées ?
    Bref, bien qu’il n’y ait aucune statistique soutenant la solution, elle est tout de même décrite de façon claire et souligne les impacts positifs d’un tel système. C’est agréable de lire un article proposant une alternative positive et intelligente.

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