Une nouvelle avenue pour la gourgane !

Dans le milieu agricole, il est souvent plus simple de suivre les pratiques communes, car il y a plus de références et d’informations de disponibles pour les producteurs. Chaque entreprise est unique alors, ce n’est pas parce que la majorité le fait que c’est la façon la plus adaptée pour la ferme en question. Faire preuve d’innovation dans une entreprise qui souhaite s’améliorer peut s’avérer bénéfique sur le plan économique et au niveau du fonctionnement de l’entreprise.

Un exemple idéal de diversité est sur la ferme ovine DJFL au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette entreprise a choisi d’utiliser la gourgane comme source d’alimentation pour leurs agneaux. Le gain moyen quotidien ainsi que la santé des animaux sont restés similaires après le changement dans l’alimentation (Roy, 2018). Cette idée innovatrice a permis à l’entreprise d’économiser plus de $350 la tonne en remplaçant leur source de protéines, qui était à l’origine des suppléments, par la gourgane (Roy, 2018). Les suppléments contiennent environ 38% de protéines comparées à 30% pour la gourgane, alors, la ration devrait être ajustée en conséquence de l’écart (Roy, 2018).

Photo prise par Eliane Wubbolts

Cette plante, aussi appelée la fève des marais, est surtout cultivée au Saguenay Lac-Saint-Jean et est originaire de l’Europe (Gade & Hulbert, 1994). Cette légumineuse a une saveur terreuse et une haute concentration de protéines (Gade & Hulbert, 1994). Les producteurs ayant essayé de cultiver cette plante ont remarqué un grand besoin d’humidité sans interruption pour avoir une bonne performance. Alors, les sols argileux sont parfaits pour les producteurs souhaitant se lancer dans la production de la gourgane.

En Amérique du Nord, la gourgane n’a jamais été très répandue depuis son introduction ce qui est en grande partie à cause d’un manque de rendements constant d’année en année (Gade & Hulbert, 1994). Un avantage de faire pousser la gourgane est que les fèves peuvent être plantées dans un sol froid au début du mois de mai, permettant une longue saison de production (Pilote et coll. n.d.). Une expérience faite en 2015 avec Agrinova à la Ferme de Recherche d’AAC à Normandin a démontré un rendement plus grand avec un espace de 18 cm entre les rangs et un taux de semis de 250 000 plants m-2 (Lajeunesse & Pilote, n.d.). Les producteurs intéressés par cette production doivent être vigilants, car cette plante ne prospère pas dans toutes les régions. Il est donc essentiel de regarder ce qui est possible dans chaque région avant de faire un changement décisif sur une entreprise.

En outre, quelques producteurs laitiers ont fait pousser de la gourgane ainsi que de la féverole pour nourrir leurs vaches et alimenter leurs terres (Roy, 2017). La féverole est une légumineuse dans la même famille que la gourgane dont les graines sont plus petites (Roy, 2017). La gourgane fixe l’azote dans l’atmosphère et peut donner jusqu’à 50 kg par hectare d’azote au sol (Roy, 2017).

Dans la ration, la gourgane pourrait remplacer le tourteau de soya et le maïs parce qu’elle est riche en protéine et elle est moins chère que le soya. Les expériences ont démontré que la production de lait ne diminuait pas avec ce changement (Roy, 2017). Les études d’Agrinova démontrent une diminution de la production de méthane à cause des tanins dans les plantes. Ceci contribuerait à diminuer les gazes à effet de serre qui proviennent des vaches laitières (Roy, 2017). Cette situation démontre les avantages de faire preuve d’innovation pour le producteur en maximisant les richesses de son territoire. La nouvelle avenue de la gourgane démontre qu’il est effectivement possible de performer en innovant !

Eliane Wubbolts

 

Références

Gade, D. W., & Hulbert, F. (1994). Environment, Culture and Diffusion : The Broad Bean in Québec. Cahiers De Géographie Du Québec, 38, 104, 137-150. https://mcgill.worldcat.org/title/environment-culture-and-diffusion-the-broad-bean-in-quebec/oclc/5962020987&referer=brief_results (consulté le 8 février 2018).

 

Lajeunesse, J., & Pilote, R. (n.d.). Productivité de la gourgane au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Agriculture et Agroalimentaire Canada. Disponible au https://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Regions/SaguenayLacStJean/PresentationJulieLajeunesse_gourgane.pdf (consulté le 10 février 2018).

 

Pilote, R., Gobeil, S., Girard, J., Lavoie, M., Wieland, R., Hamel, J., . . . Lantin, N. (n.d.). Guide pour la production de la gourgane dans la région du Saguenay Lac Saint-Jean. Disponible au http://www.agrinova.qc.ca/wp-content/uploads/2017/03/Guide-gourgane-version-finale-mars-2017.pdf (consulté le 11 février 2018).

 

Roy, G. (2017). La gourgane pour nourrir les vaches… et les sols. La Terre de Chez Nous. Disponible au http://www.laterre.ca/utiliterre/vegetal/gourgane-nourrir-vaches-sols.php (consulté le 8 février 2018).

 

Roy, G. (2018). Les agneaux sont friands de la gourgane. La Terre de Chez Nous. Disponible au http://www.laterre.ca/actualites/elevages/agneaux-friands-de-gourgane.php (consulté le 11 février 2018).

 

3 responses to “Une nouvelle avenue pour la gourgane !”

  1. nicolasmartelbouchard says:

    La gourgane est une fève typique du terroir provenant du Lac-Saint-Jean, mon berceau familial. L’article est doté d’un titre pertinent qui décrit bien le sujet principal. Le texte nous amène littéralement sur les nouvelles avenues et utilités que la fève des marais a à nous offrir en informant de l’importance d’innover en symbiose avec son territoire pour en tirer des bénéfices économiques, environnementaux et culturels. L’auteure démontre une force dans l’écriture d’information directe sans aller dans l’abstrait, ce qui nous permet de bien saisir l’enjeu technique du sujet. À l’opposé, il aurait été bien de décrire la gourgane un peu plus tôt dans le texte pour permettre aux lecteurs qui ne connaissent pas cette plante d’avoir une idée de quoi il s’agit à prime abord. L’argument fort de l’article est de proposer la gourgane comme une alternative au tourteau de soya et maïs dans les rations animales en raison de sa haute teneur en protéines. Ainsi, les producteurs pourraient faire des économies dans les régions où cette plante coûte peu à produire et donne de bons rendements. Le texte énumère bien d’autres avantages que cette plante apporte à la santé du sol et à la digestion animale, mais un volet sur les différentes méthodes culturales, de récolte et d’entreposage seraient à développer si le texte était pour être allongé.

  2. William Overbeek says:

    Le titre du texte nous informe bien sur le sujet du texte tout en donnant une dose d’optimisme au sujet de la gourgane. La production de la gourgane m’était inconnue, donc beaucoup d’informations m’étaient nouvelles lors de ma lecture. Selon ce texte, la gourgane pourrait être introduite dans l’alimentation animale comme source de protéines à faible prix avec certains bénéfices comme la réduction de méthane produit par les vaches. Je crois que le texte met bien en évidence que cette plante n’est pas parfaite pour tous les producteurs, mais pourrait aider certains producteurs avec des terres argileuses. J’aurais aimé que cet article parle de l’accessibilité de la semence aux producteurs. Puisque cette plante n’est pas beaucoup connue, son accessibilité peut être réduite ou le prix de la semence très chère. Lors des deux premiers paragraphes, j’étais un peu confus sur ce qu’était exactement la gourgane. Elle était comparée à des suppléments, donc, je n’étais pas sur s’il s’agissait d’une plante ou d’un autre type de supplément. Lors de la première mention de la gourgane, il pourrait être spécifié qu’il s’agit d’une légumineuse ou simplement donner le nom latin de la plante à la première mention de la plante. Cela aiderait certains lecteurs à savoir à que la gourgane est une plante et à quelle plante ressemble la gourgane. Toutefois, le style du texte et les informations présentes dans le texte sont excellents, le faible coût de production de la gourgane me semble très attrayant pour les producteurs qui pourraient utiliser la gourgane avec succès.

  3. joseannebelangernaud says:

    Comme l’auteure l’a très bien mentionné, dans un monde où tout va vite, les producteurs sont souvent tentés d’adopter des pratiques qui sont très connues et qui ont été étudiées en profondeur. Pour une entreprise, faire des essais peut, si les résultats obtenus ne répondent pas aux attentes, s’avérer très coûteux. Cependant, comme dans le cas de l’utilisation de la gourgane à titre de source protéique, des essais peuvent permettre à une entreprise de prospérer davantage. La gourgane étant une légumineuse méconnue, j’ai trouvé très intéressant que l’auteure prenne le temps d’expliquer certaines de ses propriétés tels que le taux de protéine et la saveur. J’ai, de plus, trouver le titre de l’article intriguant et représentatif de l’article.
    Suite à ma lecture, je comprends que l’innovation et l’utilisation de méthodes alternatives sont importantes et ce, sur tous les plans d’une entreprise. J’ai aimé que l’auteure utilise la gourgane à titre d’exemple tout au long de son article afin d’illustrer et de quantifier des améliorations découlant de l’innovation. J’ai été particulièrement surprise par les économies à la tonne que cette plante pouvait emmener à la ferme nommée. Bien que cette culture ne soit pas la solution pour tous les producteurs majoritairement en raison de ses caprices face au climat, l’article vise à ouvrir l’esprit des producteurs quant aux bénéfices de plantes qui peuvent leur être méconnues.
    Finalement, je suggérerais à l’auteure de mentionner des organismes qui sont mis sur pieds pour aider les producteurs avec les cultures émergentes. Je crois qu’elle démontre adroitement le besoin de se différencier, mais devrait énumérer des personnes ressources afin de guider les producteurs dans ces changements qu’elle caractérise de « bénéfiques ».
    Félicitations!

Leave a Reply

Blog authors are solely responsible for the content of the blogs listed in the directory. Neither the content of these blogs, nor the links to other web sites, are screened, approved, reviewed or endorsed by McGill University. The text and other material on these blogs are the opinion of the specific author and are not statements of advice, opinion, or information of McGill.