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Défi pour la filière avicole canadienne

L’industrie du poulet de chair connait de grands bouleversements liés à l’utilisation des antibiotiques. La conscientisation du milieu avicole par rapport aux possibilités de résistances aux antibiotiques et la demande des consommateurs pour des produits plus sains augmentent la pression sur les producteurs. Ceux-ci devront faire des efforts en changeant leurs pratiques pour diminuer ou éliminer l’utilisation des controversés produits dans l’élevage de poulets.

Tous les antibiotiques sont classés selon leur importance en médecine humaine, la classe I étant essentielle dans le traitement d’infection sérieuse, et la classe IV n’étant pas utilisée en médecine humaine (CFC, 2015). En réponse à la crainte de résistance aux antibiotiques, les producteurs de poulets canadiens ont décidé de faire le retrait volontaire de la classe I, en 2014 (CFC, n.d.). C’est pour la même raison que, d’ici la fin de l’année, l’utilisation préventive de la classe II devra être éliminée et qu’en 2020, il en sera de même pour la classe III (CFC, 2015). Ce sont ces deux dernières classes qui auront le plus d’impact sur l’élevage de poulets.

Actuellement, les volailles mises en marché ne contiennent aucun résidu d’antibiotiques. En effet, les éleveurs de poulets au Canada doivent respecter des périodes de retrait pour s’assurer de leur élimination complète (ACIA, 2017). De plus, au Québec, l’utilisation d’antibiotiques doit être prescrite par un médecin vétérinaire.

Au Canada, les  poulets élevés sans antibiotiques sont des oiseaux qui n’ont jamais reçu d’antibiotiques, ni en prévention ou en traitement (ACIA, 2018). Il est cependant autorisé d’utiliser des anticoccidiens chimiques et vaccins (ACIA, 2018). Ailleurs dans le monde, la définition de poulets  élevés sans antibiotiques n’est pas toujours aussi stricte et permet dans certains cas l’utilisation en traitement (Wang, 2016).

Des alternatives aux antibiotiques peuvent être utilisées, comme des huiles essentielles, des levures, des prébiotiques et probiotiques, mais la recherche est encore très peu documentée. L’utilisation de produits alternatifs ne demande aucune prescription d’un vétérinaire et ils peuvent être employés en prévention ou en traitement.

Selon une étude menée par la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, il est prouvé qu’il est possible de produire du poulet élevé sans antibiotiques, mais à des coûts en moyenne plus élevés (Parent, 2013). En effet, sans l’utilisation d’antibiotiques, une augmentation de la conversion alimentaire, de la condamnation et de la mortalité ont été observées, de même que des coûts supplémentaires pour des produits alternatifs, de la vaccination et de l’acidification de l’eau (Parent, 2013). L’obstacle pour les producteurs de poulets est donc de performer en élevage s’ils veulent avoir des résultats équivalents que ceux en production conventionnelle, pour avoir le même profit net au kilo.

La production de poulets élevés sans ou avec réduction des antibiotiques change les pratiques de la filière avicole. Pour maximiser les chances de réussite, ce n’est pas seulement les éleveurs qui devront s’adapter, mais les couvoiriers et les meuniers qui auront aussi à participer. En effet, la qualité des poussins et de la moulée sont à la base de la production et deviennent primordiales lorsqu’il n’y a aucune protection externe.

Avec les changements à venir, que ce soit pour la réduction ou l’élimination des antibiotiques, la difficulté sera élevée pour tous les participants de l’industrie. Il faudra un travail d’équipe pour parvenir à surmonter ce nouveau défi et s’adapter.

Photo par Valérie Girouard

Références

Agence Canadienne d’Inspection des Aliments.  2018. Allégations relatives à la méthode de production. Disponible sur http://www.inspection.gc.ca/aliments/etiquetage/l-etiquetage-des-aliments-pour-l-industrie/allegations-relatives-a-la-methode-de-production/fra/1389379565794/1389380926083?chap=7#s6c7(Consulté le 12 février 2018). Agence Canadienne d’Inspection des Aliments, Ottawa, ON.

Agence Canadienne d’Inspection des Aliments. 2017. Chapitre 19 – Programmes sur l’inspection de la volaille. Disponible sur http://www.inspection.gc.ca/aliments/produits-de-viande-et-de-volaille/manuel-des-methodes/chapitre-19/fra/1360962146879 /1360962607138?chap=0 (Consulté le 12 février 2018). Agence Canadienne d’Inspection des Aliments, Ottawa, ON.

Chicken Farmers of Canada. n.d. Antibiotics. Disponible sur http://www.chickenfarmers.ca/antibiotics/ (Consulté le 12 février 2018). Chicken Farmers of Canada, Ottawa, ON.

Chicken Farmers of Canada. 2015. Chicken & antibiotics, let’s chat about the facts. Disponible sur http://www.chickenfarmers.ca/wp-content/uploads/2015/11/AMU-Infographic.pdf (Consulté le 12 février 2018). Chicken Farmers of Canada, Ottawa, ON.

Parent. 2013. Passer au poulet sans antibiotique ? Disponible sur https://www.lebulletin.com/elevage/passer-au-poulet-sans-antibiotique-56719 (Consulté le 12 février 2018). Le Bulletin des agriculteurs, Saint-Lambert, QC

Wang. 2016. Reducing Antibiotics : Management is key to success. Disponible sur https://www.canadianpoultrymag.com/health/broilers/reducing-antibiotics-19166 (Consulté le 12 février 2018). Canadian Poultry Magazine, Simcoe, ON.

Le vermicompostage, un allié prometteur des producteurs biologiques en serres

Le vermicompostage est un procédé par lequel on utilise des vers de terres, le plus commun étant Eisinia fetida, pour produire du compost. Cette pratique va de pair avec la vermiculture, qui elle est l’utilisation de matière organique pour produire des vers qui sont utilisés couramment comme appât pour la pêche ou comme ressource nutritive pour des animaux tels que la volaille ou l’élevage du poisson.

Le produit final du vermicompostage, vous vous en serez doutés, est le vermicompost. Bien plus qu’un compost conventionnel, cet « or noir » apporte quelque chose de spécial qui fait de lui la coqueluche des engrais biologique. Cet additif tout à fait naturel est en réalité une communauté microbienne aux propriétés bien particulières. Avez-vous déjà entendu parler de phytohormones? Ce sont des composés organiques que les plantes sécrètent ou qui leur sont fournis de façon symbiotique par les communautés microbiennes inhérentes aux sols actifs. Ces molécules ont différents rôles de régulation de la croissance et permettent, entre autres, d’augmenter la plasticité de leurs partenaires végétaux, d’augmenter le développement racinaire, l’élongation des tiges ainsi que des feuilles en plus d’améliorer la résistance des plantes aux différents stresses abiotiques qui pourraient nuire à leur croissance (Wani et al. 2016). D’autant plus qu’en comparaison aux composts conventionnels, le vermicompost a typiquement des teneurs en nutriments, notamment en azote, qui dépasse ses comparses grâce au raffinement que les vers lui procurent. Un autre dérivé intéressant du vermicompost est la possibilité d’en faire une décoction activée. Autrement dit une version liquide oxygénée, qui permet aux agriculteurs de l’appliquer de façon continue plutôt qu’une seule fois à la préparation du substrat d’empotage ou de croissance, ce qui permet de fertiliser notre culture et de fortifier la pléthore d’organismes qui veillent au bien-être de la plante (Ievinsh et al. 2017).

Ma production artisanale de vermicompost sur détritus mycéliens

Par ailleurs, dans un contexte où le Québec s’enligne pour devenir un joueur de premier plan dans la culture maraichère en serres, notamment grâce à nos faibles coûts en électricité, à une croissance du marché local, ainsi qu’à un éveil de conscience écologique, nos futurs producteurs maraichers auront besoin de tous les atouts disponibles pour avoir des rendements compétitifs et pour offrir des produits de qualité aux consommateurs. Sans oublier que ces amendements sont biologiques et que d’obtenir des produits bio frais et locaux au mois de février est quelque chose qui tient de la rareté dans notre climat nordique.

Maintenant la question qui brûle les lèvres : où peut-on se procurer du vermicompost à grande échelle? Voilà le nœud du problème, malheureusement au Québec, on retrouve plusieurs producteurs de vers pour la pêche, mais aucun joueur de taille pour le vermicompost en tant que tel (Morin, R., 1999) C’est un type de système de production qui se marierait très bien aux systèmes centralisés de traitement des déchets de table et de résidus de jardin des municipalités ou aux éleveurs d’animaux (laitiers, bovins, porcins), mais comme aucun programme financier ne soutient ce secteur, on parle ici de quelque chose de marginal pour lequel le producteur motivé ne retrouve pas son compte. Seulement quelques organismes offrent des formations sur le sujet, mais celles-ci sont axées principalement vers le traitement des déchets domestiques au sein de la demeure, on peut donc parler d’un certain manque d’engouement à l’échelle de la province (Fortin, A., et Hénault-Éthier, L., 2009).

Le vermicompost n’est pas l’ultime solution pour arriver à une agriculture durable et, mais mériterait qu’on s’y intéresse davantage au Québec de par sa faisabilité, son intégration dans une économie circulaire et finalement son potentiel en tant non seulement que fertilisant mais aussi promoteur de croissance végétale.

Louis-Philippe Dessureault

Références :

Fortin, A., Hénault-Éthier, L., 2009. Guide technique sur le compostage sur site en Institutions, Commerces, Industries. Recyc-Québec.

Ievinsh, G., Vikmane, M., Kirse, A., et Karlsons, A., 2017. Effect of vermicompost extract and vermicompost derived humic acids on seed germination and seedling growth of hemp. Proceedings of the Latvian Academy of Sciences. 71:4:286-292.

Morin, R. 1999. Exploitation et élevage des vers de terre pour le marché des appâts vivants. Document d’information DADD-20. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. 12 p. http://www.mapaq.gouv.qc.ca/Fr/Peche

Wani, S.H., Kumar, V. Varsha, S., Sah, K.S., 2016. Phytohormones and their metabolic engineering for abiotic stress tolerance in crop plants. The Crop Journal, 4:3:162-176.

Une nouvelle avenue pour la gourgane !

Dans le milieu agricole, il est souvent plus simple de suivre les pratiques communes, car il y a plus de références et d’informations de disponibles pour les producteurs. Chaque entreprise est unique alors, ce n’est pas parce que la majorité le fait que c’est la façon la plus adaptée pour la ferme en question. Faire preuve d’innovation dans une entreprise qui souhaite s’améliorer peut s’avérer bénéfique sur le plan économique et au niveau du fonctionnement de l’entreprise.

Un exemple idéal de diversité est sur la ferme ovine DJFL au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette entreprise a choisi d’utiliser la gourgane comme source d’alimentation pour leurs agneaux. Le gain moyen quotidien ainsi que la santé des animaux sont restés similaires après le changement dans l’alimentation (Roy, 2018). Cette idée innovatrice a permis à l’entreprise d’économiser plus de $350 la tonne en remplaçant leur source de protéines, qui était à l’origine des suppléments, par la gourgane (Roy, 2018). Les suppléments contiennent environ 38% de protéines comparées à 30% pour la gourgane, alors, la ration devrait être ajustée en conséquence de l’écart (Roy, 2018).

Photo prise par Eliane Wubbolts

Cette plante, aussi appelée la fève des marais, est surtout cultivée au Saguenay Lac-Saint-Jean et est originaire de l’Europe (Gade & Hulbert, 1994). Cette légumineuse a une saveur terreuse et une haute concentration de protéines (Gade & Hulbert, 1994). Les producteurs ayant essayé de cultiver cette plante ont remarqué un grand besoin d’humidité sans interruption pour avoir une bonne performance. Alors, les sols argileux sont parfaits pour les producteurs souhaitant se lancer dans la production de la gourgane.

En Amérique du Nord, la gourgane n’a jamais été très répandue depuis son introduction ce qui est en grande partie à cause d’un manque de rendements constant d’année en année (Gade & Hulbert, 1994). Un avantage de faire pousser la gourgane est que les fèves peuvent être plantées dans un sol froid au début du mois de mai, permettant une longue saison de production (Pilote et coll. n.d.). Une expérience faite en 2015 avec Agrinova à la Ferme de Recherche d’AAC à Normandin a démontré un rendement plus grand avec un espace de 18 cm entre les rangs et un taux de semis de 250 000 plants m-2 (Lajeunesse & Pilote, n.d.). Les producteurs intéressés par cette production doivent être vigilants, car cette plante ne prospère pas dans toutes les régions. Il est donc essentiel de regarder ce qui est possible dans chaque région avant de faire un changement décisif sur une entreprise.

En outre, quelques producteurs laitiers ont fait pousser de la gourgane ainsi que de la féverole pour nourrir leurs vaches et alimenter leurs terres (Roy, 2017). La féverole est une légumineuse dans la même famille que la gourgane dont les graines sont plus petites (Roy, 2017). La gourgane fixe l’azote dans l’atmosphère et peut donner jusqu’à 50 kg par hectare d’azote au sol (Roy, 2017).

Dans la ration, la gourgane pourrait remplacer le tourteau de soya et le maïs parce qu’elle est riche en protéine et elle est moins chère que le soya. Les expériences ont démontré que la production de lait ne diminuait pas avec ce changement (Roy, 2017). Les études d’Agrinova démontrent une diminution de la production de méthane à cause des tanins dans les plantes. Ceci contribuerait à diminuer les gazes à effet de serre qui proviennent des vaches laitières (Roy, 2017). Cette situation démontre les avantages de faire preuve d’innovation pour le producteur en maximisant les richesses de son territoire. La nouvelle avenue de la gourgane démontre qu’il est effectivement possible de performer en innovant !

Eliane Wubbolts

 

Références

Gade, D. W., & Hulbert, F. (1994). Environment, Culture and Diffusion : The Broad Bean in Québec. Cahiers De Géographie Du Québec, 38, 104, 137-150. https://mcgill.worldcat.org/title/environment-culture-and-diffusion-the-broad-bean-in-quebec/oclc/5962020987&referer=brief_results (consulté le 8 février 2018).

 

Lajeunesse, J., & Pilote, R. (n.d.). Productivité de la gourgane au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Agriculture et Agroalimentaire Canada. Disponible au https://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/Regions/SaguenayLacStJean/PresentationJulieLajeunesse_gourgane.pdf (consulté le 10 février 2018).

 

Pilote, R., Gobeil, S., Girard, J., Lavoie, M., Wieland, R., Hamel, J., . . . Lantin, N. (n.d.). Guide pour la production de la gourgane dans la région du Saguenay Lac Saint-Jean. Disponible au http://www.agrinova.qc.ca/wp-content/uploads/2017/03/Guide-gourgane-version-finale-mars-2017.pdf (consulté le 11 février 2018).

 

Roy, G. (2017). La gourgane pour nourrir les vaches… et les sols. La Terre de Chez Nous. Disponible au http://www.laterre.ca/utiliterre/vegetal/gourgane-nourrir-vaches-sols.php (consulté le 8 février 2018).

 

Roy, G. (2018). Les agneaux sont friands de la gourgane. La Terre de Chez Nous. Disponible au http://www.laterre.ca/actualites/elevages/agneaux-friands-de-gourgane.php (consulté le 11 février 2018).

 

Taxing Meat Is Murder*: The Case Against a Livestock Levy

The cap and trade vogue has, for a while now, been growing and blooming, becoming a semi-effective tool to push large industries towards a green transition and “conscious capitalism”. Recently, carbon taxes have been called for by multiple organizations. Amongst them, Chatham House Institute, a British think tank, pushing for an additional on meat in the hope that it will reduce its consumption, and thus greenhouse gas emissions caused by its production and sale (Chatham House Institute, 2015). Nevertheless, climate levies can easily be misapplied: their versatility is yet to be proven, and imposing a surcharge on any product or service claiming it could counter climate change can be a slippery slope. In fact, it seems that tithing meats might be more harmful than not as it could be a nuisance to the economy of the industry, social equilibrium and technological development.

Acknowledging that the current structure of the meat industry is detrimental to the environment is inevitable, and looking at the direct consequences of a Goods and Services Tax (GST) on meat, one can understand why it could come across as a brilliant idea: a 40% surcharge, according to Springmann et al. (2016), would lead to lower demand, constituting less of an incentive for companies to engage in mass-scale meat production; hence, greenhouse gas emissions would decrease. This analysis, however, is short-sighted and misses the bigger picture.

Today, from farming to packaging, millions of people are directly involved in the meat industry (Bureau of Labour Statistics, 2017). Lowering meat consumption would have drastic consequences on the revenue of those professionals. Taxing meat would thus be an additional blow to the one caused by the current vegetarian tendencies. In fact, since the beginning of the millennium, meat consumption in developed countries has been on an overall declining trend (OECD, 2017).

 

Further, the tax wouldn’t simply have a considerable economic impact on a large portion of the population, but would be aimed at the wrong one as well: the meat industry’s contribution to greenhouse gas emissions occurs primarily through methane production in intensive farming and transportation as reported Springmann et al. (2016); despite that, the surcharge would be unfairly imposed on consumers, and greatly impact non-intensive farmers and independent workers, as they are most vulnerable to market fluctuations (Williams and Stout, 1964).

Moreover, when designing tax systems, the models adopted by governments aim to rebalance inequalities by using public funds to invest in sectors benefiting the masses. A meat tax however, would be regressive (SACSS, 2015). Of course, the rate would be flat, regardless of the consumer’s income; and since meat is a cornerstone of the modern human’s diet, those who can afford it would simply pay the extra fee to obtain it. On the other hand, lower income households wouldn’t adapt as easily: buying meat would turn into a luxury for which they wouldn’t be willing to pay. Hence, a meat tax would indeed reduce meat consumption and might even alter diets radically, but it would only be targeting a specific class, widening the already vast gap between social strata.

Exploiting the global dependence to the current monetary system might appear as a tempting way to control meat consumption, however it is the easy and simplistic way to deal with environmental issues in the food industry. Setting a tax for consumers to pay would only hide the issue instead of solving it, and hindering any progress towards sustainability by demotivating the development of new technologies that push the industry forward rather than eclipsing it by covering its flaws (Basu, 2007).

All in all, despite their appeal, meat taxes could generate a myriad of setbacks on a massive scale without necessarily solving the food industry’s environmental issues. Yet, lobbies and funds keep financing initiatives that push for those damaging reforms; which begs the question: are environmental benefits enough to justify foregoing socio-economic wellbeing, creating divides and promoting classism?

 


*Title inspired by The Smiths’ 1985 record Meat Is Murder

 

References:

Agriculture and Agri-Food Canada. 2017. Canada’s Meat Product Manufacturing Industry. Retrieved from: http://www.agr.gc.ca/eng/industry-markets-and-trade/market-information-by-sector/processed-food-and-beverages/profiles-of-processed-food-and-beverages-industries/canada-s-meat-product-manufacturing-industry/?id=1449838074216 (Accessed on Feb. 8, 2018).

Basu, S. 2007. Global Perspectives on E-Commerce Taxation Law. Ashgate, Belfast.

Bureau of Labor Statistics. 2017. Occupational Employment Statistics. Retrieved from: https://www.bls.gov/oes/current/naics4_311100.htm (Accessed on Feb. 8, 2018).

Charlebois, S. 2017. Eating meat is not a ‘sin’ that should be taxed. The Globe and Mail. December 31, 2017. Retrieved from: https://www.theglobeandmail.com/report-on-business/rob-commentary/eating-meat-is-not-a-sin-that-should-be-taxed/article37465661/ (Accessed on Feb. 8, 2018).

Chatham House Institute. 2015. Reducing meant consumption critical to achieving global climate goal. Retrieved from: https://www.chathamhouse.org/news/2015-11-18-reducing-meat-consumption-critical-achieving-global-climate-goal (Accessed on Feb. 8, 2018)

Farm Animal Investment Risk & Return. 2017. Climate Tax on Meat Becoming ‘Increasingly Probable’. Retrieved from: http://www.fairr.org/news-item/climate-tax-meat-becoming-increasingly-probable/ (Accessed on Feb. 8, 2018).

OECD. 2017. Meat Consumption. Retrieved from: https://data.oecd.org/agroutput/meat-consumption.htm (Accessed on Feb. 8, 2018).

South Australian Council of Social Service (SACSS). 2015. Fact Sheet: Why a GST Increase is a Bad Deal for Low Income Households and for South Australia. Retrieved from: https://www.sacoss.org.au/sites/default/files/public/documents/Fact%20Sheets/GST%20Fact%20Sheet.pdf (Accessed on Feb. 8, 2018).

Springmann, M., Mason-D’Croz, D., Robinson, S., Wiebe, K., Godfray, H.C., Rayner, M. and Scarborough, P. 2016. Mitigation of potential and global health impacts from emissions pricing of food commodities. Nature Climate Change. DOI: 10.1038/NCLIMATE3155.

Williams, W.F. and Stout, T.T. 1964. Economics of the Livestock-Meat Industry. Macmillan, London.

La vache canadienne: un héritage menacé

L’industrie laitière québécoise et internationale est depuis bon nombre d’années dominée par une seule race de vache : la Holstein. Cette race nous vient d’Europe et est depuis bien longtemps sélectionnée pour ses capacités laitières, amenant à des productions annuelles dépassant généralement les 10 000 kilogrammes de lait (Centre canadien d’information laitière, 2016), expliquant sa grande popularité. Cependant, une autre race de vache occupait le paysage rural à l’origine de la colonisation du Québec : la canadienne.

Image:Joanne MacLeod Haverkort

La vache canadienne fut développée à partir de bovins provenant de Bretagne et de Normandie aux alentours du 17e siècle. Le produit de ses individus est unique. En effet, il n’existe de nos jours aucune autre race bovine laitière issue de l’Amérique du Nord. Cette existence est de nos jours menacée,  puisqu’il ne reste qu’un petit nombre d’animaux de race pure (environ 1000) en raison d’un croisement avec des bovins de race Brown Swiss. La vache canadienne a été sélectionnée pour sa grande rusticité et sa robustesse. À cet effet, ces vaches sont de petites tailles, une femelle pesant environ 450 kg avec une hauteur de 130 cm au garrot, alors qu’une Holstein en production laitière pèse en moyenne 625 kg et mesure 155 cm au garrot. Cette petite taille s’accompagne d’une production laitière plus faible, avec environ 6 000 kg de lait par année (Centre canadien d’information laitière, 2016). Cependant, certaines caractéristiques de la vache canadienne pourraient aider à nourrir l’engouement pour la race dans les prochaines années.

La robustesse et la rusticité de la canadienne se traduisent par un nombre de caractères valorisés dans la production laitière. Cette race est en effet reconnue pour sa bonne fertilité et son vêlage facile, diminuant la main-d’œuvre et les coûts liés à la naissance des veaux. De plus, sa longévité utile (le nombre d’années pendant lesquelles la production laitière peut être maintenue à un niveau intéressant) tend à être plus longue que celle d’autres races modernes. Ces traits liés à la reproduction sont d’autant plus attrayants considérant les difficultés que l’on peut rencontrer en production à ce niveau (Valacta, 2015). Une Holstein tend à avoir en moyenne 4 cycles de lactation avant d’être retiré de la production. Considérant qu’il faut au moins deux lactations pour récupérer l’argent investie pour élever un veau jusqu’au début de sa vie productive (Valacta, 2015), avoir des vaches qui produisent plus longtemps présente un avantage financier indéniable.

La canadienne est également une vache qui est bien adaptée aux conditions rigoureuses du Québec. Elle supporte bien les basses températures. Elle est également reconnue pour sa grande frugalité, nécessitant moins de nourriture de grande qualité pour maintenir sa production laitière. Ces deux éléments sont particulièrement intéressants considérant les impacts qu’auront probablement les changements climatiques sur l’agriculture ces prochaines années. Bien que les températures seront généralement plus élevées, nous connaîtrons aussi plus d’épisodes de grand froid. De plus, les événements climatiques extrêmes seront plus courants. Au Québec ceci se traduira principalement par des inondations plus fréquentes. Dans ces conditions, la qualité et la quantité de fourrage produit pourrait varier fortement d’années en années, augmentant l’intérêt pour une vache frugale et robuste.

Ainsi, la vache Canadienne présente des solutions potentielles à plusieurs problèmes actuels et futurs de l’industrie laitière québécoise. Cependant, au-delà de son intérêt économique, il est important de se rappeler que la vache Canadienne est avant tout un morceau important de notre patrimoine et que sa disparition constituerait une perte irrémédiable de diversité génétique chez l’espèce bovine, diversité qui est déjà amoindrie par les croisements et la sélection artificielle nécessaires au système de production moderne. Diverses mesures commencent à être mises en place pour assurer la pérennité de la race, notamment à l’aide d’une appellation de spécificité pour le fromage produit avec son lait (Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, 2016). Il demeure cependant important que cette race bien de chez nous soit présentée à nos producteurs afin d’assurer sa survie dans nos mémoires et dans nos champs.

Christophe Leblanc

Références

L’avenir de l’or rouge au Québec

La production de safran (Crocus sativus) au Québec est en pleine expansion alors que de plus en plus de safranières se développent dans la province. Surnommé l’or rouge, cette épice provient d’une plante vivace de la famille des iridacées. Alors que 170 fleurs sont nécessaires pour produire 1g, cette quantité se vend entre 45 et 55$, ce qui en fait l’épice la plus dispendieuse sur le marché (Landry, 2017). Originaire d’Iran, elle est aujourd’hui cultivée pour aromatiser les plats. Autrefois, elle était aussi utilisée comme agent colorant pour les textiles et pour ses propriétés médicinales (Kafi et al., 2017).

Les principaux pays producteurs sont l’Iran, l’Espagne, l’Inde, la Grèce, le Maroc, l’Italie et la république d’Azerbaïdjan (Kafi et al., 2006). Même si le climat méditerranéen et du Moyen-Orient est différent de celui du Québec, le safran s’adapte bien à nos conditions climatiques par la présence de neige en hiver qui assure la protection des cormes (Landry, 2017).

Cette plante se développe différemment des autres, puisqu’elle est en dormance pendant la majeure partie de l’été, puis fleurit à l’arrivée du froid en automne (fin septembre à la fin novembre). Le safran est une plante stérile et donc les cormes (agissant comme des bulbes) sont plantés de la fin juillet jusqu’au début août. Les cormes pères produiront chaque année, de décembre à juin, environ cinq cormes fils, qui assureront la floraison l’année suivante. Ces derniers sont importés d’Europe ou proviennent de quelques producteurs de la région (Landry, 2017). Chaque corme pouvant produire jusqu’à 9 fleurs, le rendement se voit augmenté chaque année sur la même superficie (La semaine verte, 2015). Les cormes devraient être replantés après 5 ans sur une nouvelle parcelle et suivre une rotation de 10 ans (Roco Saffron, 2017). Un sol bien drainé et un endroit ensoleillé sont nécessaires puisque cette plante préfère les étés chauds et secs (La semaine verte, 2015 et Roco Saffron, 2017). Les principaux ravageurs du safran sont les lapins, les souris et les campagnols alors que la plante n’est pas susceptible au développement de maladies et aux problèmes d’insectes nuisibles et donc, l’utilisation de produits chimiques est minimale (Roco Saffron, 2017).

La récolte, tout comme la plantation et l’émondage, est faite manuellement puisqu’elle requiert une extrême minutie. Elle doit se faire le jour même de l’éclosion puisque les fleurs faneront à la tombée de la noirceur. Il s’agit des trois stigmates, d’un rouge vif, qui constituent le safran. Ils seront coupés dans les heures suivant la cueillette des fleurs, puis sécher pour en améliorer la qualité (Roco Saffron, 2017).

Compte tenu de son prix, ce produit s’adresse à un marché de niche constitué principalement de restaurateurs, mais est aussi offert directement aux fermes productrices, dans les marchés publics et en ligne (Landry, 2017). La prudence est de mise en achetant cette épice puisqu’environ 75% de ce qui est commercialiser est de la fraude (Pur Safran, 2014) sous la forme d’ajout de d’autres épices et de colorant, par la vente de vieux stigmates de mauvaise qualité ou par l’utilisation de l’appellation «safran» alors qu’il s’agit souvent plutôt de safran mexicain (Carthamus tinctorius), un produit moins goûteux et de couleur jaunâtre (Espace pour la vie Montréal, SD).

La production de safran engendre des coûts élevés puisque les opérations agricoles se font à la main. Plusieurs études sont en cours, notamment pour évaluer la faisabilité de cultures sous tunnel, l’impact de la mécanisation sur la qualité et le rendement des plants (Landry, 2017). D’autres recherches visent à valoriser les produits secondaires de la plante tels que les fleurs qui sont déjà récoltées pendant le processus. Ainsi, les fleurs pourraient être utilisées dans l’industrie des cosmétiques puisque l’extrait d’acétone s’y trouvant possède des propriétés anti-inflammatoires (Verjee et al., 2017).

À long terme, pour que le Québec devienne un producteur important de safran, il faudrait développer le marché et faire découvrir cette épice aux citoyens. La valorisation des autres parties de la plante permettrait un revenu supplémentaire sans devoir modifier le mode de production actuel. Le marché biologique serait également à découvrir puisque cette culture nécessite un minimum d’intrants de synthèse. La production de safran a un avenir prometteur au Québec.

 

 

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Crocus

 

 

Références

Espace pour la vie Montréal. SD. Safran. Disponible à http://espacepourlavie.ca/safran (accédé 8 février 2018). Espace pour la vie Montréal, Montréal, Qc.

Kafi, M., Koocheki, A., Rashed, M. H., and Nassiri, M. 2006. Saffron (Crocus Sativus): Production and Processing. Science Publishers, Enfield, NH.

Landry, G. 2017. Le safran : un défi ou une opportunité d’affaires pour le Québec. Disponible à https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Regions/centreduquebec/INPACQInfolettre/occasionscroissance/Pages/LesafrandefiopportuniteaffairespourQuebec.aspx (accédé le 6 février 2018). Agriculture, Pêcheries et Alimentation Québec, Qc.

La semaine verte. 2015. Le safran du Canada. Disponible à http://ici.radio-canada.ca/tele/la-semaine-verte/2014-2015/segments/reportage/1191/safran-culture-canada (accédé le 10 février 2018). Radio-Canada.ca, Montréal, Qc.

Pur Safran. 2014. Production mondiale et fraude. Disponible à http://www.pursafran.com/production/mondiale.php?cartId=20090901155133LaHXTd1ajnfENBX26167 (accédé le 6 février 2018). Pur Safran, Notre-Dame-de-Montauban, Qc.

Roco Saffron. 2017. Saffron : It’s beautiful, tasty and expensive. Disponible à https://www.uvm.edu/~entlab/Saffron/Saffron%20Workshop%202017/SaffronProduction-Hans.pdf (accédé le 7 février 2018). Netherlands.

Verjee, S., Garo, E., Pelaez, S., Fertig, O., Hamburger, M., and Butterweck, V. 2017. Saffron flower extract promotes scratch wound closure of keratinocytes and enhances VEGF production. Planta Med. 83(14/15): 1176-1183.

Manger des insectes…pourquoi en faire tout un plat?

Depuis quelques années, les gens discutent de la possibilité d’avoir des insectes dans notre alimentation. En Afrique, en Asie, en Amérique Latine et même en Europe, ce genre de marché devient de plus en plus populaire et « normalisé ». Le problème de la société est l’inconnu et les préjugés du marché d’insectes comestibles (Van Huis et al., 2014). Ironiquement, il est socialement accepté de manger des crevettes, mais il n’en est pas de même pour les insectes qui sont pourtant des arthropodes eux aussi. Néanmoins, que l’on soit prêt ou non, les insectes sont la nourriture du futur! Il existe plus de 2000 espèces d’insectes comestibles, il serait temps de diversifier nos menus (Albors, 2017). Les insectes présentent plusieurs bénéfices pour notre santé et pour la planète. En effet, si l’on compare, 100 g de bœuf contient en moyenne entre 19% et 26% de protéines tandis que 100g de criquets en contient entre 35% et 48%(Laurin, 2017). Pour ce qui est des micronutriments,  100 g par jour de certains insectes peut couvrir les besoins en fer, en calcium, en magnésium, en sélénium et en phosphore d’un adulte moyen (Berthou, 2015). Cela représente une ressource intéressante en particulier pour les pays en développement. D’autre part,  la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a indiqué qu’il ne suffit que de 2kg d’aliments et de seulement 13 litres d’eau  pour produire 1 kg d’insectes tandis que les bovins ont besoin de 8 kg d’aliments et 13 500 litres d’eau pour produire une augmentation de 1kg de la masse corporelle. D’ailleurs, les insectes peuvent être alimentés par les sous-produits de l’alimentation ce qui  permet un recyclage complet des matières organiques. Ainsi, il n’est pas difficile de voir tous les avantages que cela peut offrir de consommer des insectes plutôt que les autres animaux qui nous sont perçus comme étant appétissants. Par contre, au Québec, les gens ne semblent pas prêts à intégrer les insectes à leur menu. La question suivante fut demandée à 100 personnes : mangeriez-vous des insectes? Trois choix de réponses possibles étaient proposés aux répondants :

  1. Oui je mangerais l’insecte en entier.
  2. Oui, je mangerais l’insecte s’il est sous forme de farine.
  3. Non, je ne mangerais pas d’insectes

La moitié du groupe était en dessous de 30 ans et l’autre moitié était au-dessus de 30 ans.  Les résultats furent les suivants pour les gens de 30 ans et moins : 37% ne veulent pas manger d’insectes, 41% vont en manger seulement s’ils sont sous forme de farine et 22%  vont manger l’insecte en entier. Les résultats pour les gens de 30 ans et plus furent plutôt différents : 60% ne veulent pas manger d’insectes, 27% vont en manger seulement s’ils sont sous forme de farine et 13% vont manger l’insecte en entier. Ces résultats nous démontrent que les répondants de moins de trente ans sont plus ouverts à cette alimentation et cela porte à croire qu’il y a espoir aux changements. En revanche, toutes catégories d’âge confondues, les gens sont moins réticents à manger des insectes s’ils sont sous forme de farine. Le fait de ne pas pouvoir percevoir l’insecte dans les aliments fait tomber les tabous. Parlant de farine, autre que pour la consommation humaine, les insectes peuvent être utilisés comme sources de protéines pour la nourriture animale. En effet, plusieurs produits sont déjà sur le marché pour la consommation canine, mais aussi pour les animaux d’élevage. Cette idée est révolutionnaire, elle permet de contourner le dégoût général de la population face à ce marché. Sans parler du fait qu’à peine 2% de la superficie du Québec est destinée à l’agriculture, donc en fournissant des insectes comme source de protéines aux animaux d’élevage nous pourrions conserver plus de terres agricoles pour la consommation humaine (Larivière, 2018).  Bref, les insectes présentent plusieurs bénéfices et il serait temps de leur donner une grande place dans notre alimentation malgré leur petite taille.

 

Références

Albors, M. 2017. Les insectes comestibles font partie du futur de notre alimentation. Disponible à :https://novae.ca/2017/07/insectes-comestibles-partie-futur-notre-alimentation/ (Consulté le 6 Février 2018).  Novae. Montréal. Canada

 

Berthou, A. 2015. Les protéines d’insectes, une alternative aux protéines animales?.  Disponible à : http://www.sante-et-nutrition.com/proteines-insectes/ (Consulté le 7 Février 2018). Article Santé. France

 

Larivière, T. 2018. Production d’insectes : le nouveau klondike. Disponible à : https://www.laterre.ca/actualites/alimentation/production-dinsectes-nouveau-klondike.php (Consulté le 6 Février 2018). La Terre de chez nous. Canada

 

Laurin, H. 2017. Quel est le meilleur insecte comestible?. Disponible à : http://www.journaldemontreal.com/2017/11/10/quel-est-le-meilleur-insecte-comestible (consulté le 6 Février 2018). Journal de Montréal. Montréal. Canada

 

Van Huis, A. Joost Van, I. Harmke, K.  Esther, M. Halloran, G.  Vantomme, P. 2014. Insectes comestibles, perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale. Disponible à : http://www.fao.org/3/a-i3253f.pdf (Consulté le 8 Février 2018). FAO. Rome

The “Uberization” of the Agri-Food Traceability System

Traceability has surely been the most used word by actors of the agri-food system since the scandal of the horse meat sold by Ikea in 2013. Who does not remember the horse meat lasagna sold instead of meat lasagna by Findus to millions of consumers in 2013? Did you know that each year 1 in 10 people get ill due to food borne disease? (Aitken,2017) Agri-food actors tend to take as many risks as possible and lie sometimes in order to diminish their inputs and maximize their outputs, in other words being as capitalistic as possible. Hopefully, traceability systems have been put in place to avoid abuses, protect the public and find the origin of any problem in very brief delays. In terms of traceability, all types of food should be traceable through all stages of production, processing and distribution, where each party is  responsible for tracing the food one step back and one step forward (Jeppsson et al.2017).  According to Pizzuti et al, traceability systems must support both tracking and tracing, where tracking is used to keep record of the product at each stage, and tracing is the process of identifying the origin of a product, in other words, reconstructing the history of the data recorded by the tracking process.

Organizations such as Danone or Lactalis do possess such traceability systems in order to ensure good quality products to consumers and avoid the alteration of merchandises (Lactalis, 2017; Danone,2017).

However, many human errors occur and those tend to discredit the system. The collected data is currently audited by a third party and stored on paper files or in centralized databases (Jeppsson et al.,2017). Therefore, any ill-intentioned person could certainly modify, insert errors or hack the system which can make it irrelevant from a food-safety perspective.  However, stakeholders such as governments and consumers are asking for more transparency, defined as the disclosure of the information by Doorey (2011).

A new model, often compared to “the internet” is currently revolutionizing  information sharing and offer the opportunity to increase both the transparency and efficiency of our traceability systems. This technology is known as “Blockchain” and its best example is  Bitcoin. Many people compare  Blockchain technology with the well-known platform, Google docs. Blockchain technology stores data in blocks, in chronological order, and through a mathematical trapdoor (Brennan et al., 2016), the data stored in the blocks is impossible to alter or remove once it enters a block (Jeppsson et al.2017). Copies of the different blocks are made and thus the information is spread over the participants of the network. Moreover, blockchain technology allows  users to look at all transactions simultaneously and in real-time (Charlebois,2017).

This means that conversely to the actual system, the information is not stored at a single place and that is why in the agri-food industry, the potential is immense. This will allow a retailer to check with who his supplier has dealt with and by using a smartphone capable of reading a bar code, the consumers himself could trace a meat product right back to its source. The data available can include animal’s date of birth, use of antibiotics, vaccinations and where the livestock was harvested (Charlebois, 2017).

With this type of system, the origin of disorders such as the use of prohibited chemicals as it was the case for the “Honeygate” in 2013, can be immediately detected and can thus avoid food safety scandals. Moreover, as on average a food recall costs $10 million, this technology can avoid economic crisis and bankruptcies (FMI et al., 2010). Acknowledging the relevance of this technology, huge enterprises like Nestle or Uniliver are currently thinking about using it. Further, Walmart, one of the biggest food suppliers in Canada, just ran two blockchain pilot projects (Aitken,2017).  Nevertheless, from this matter spurs another debate, transparency versus confidentiality. Many elements and facts in the food industry have surely always been hidden from consumers and some of them must stayed confidential for commercial enterprises and legal understandings (Khan 2016) and a surplus of information could embarrass the client.

Therefore, uncovering that  much information can either “clean up” the system and boost the business or lead to the collapse of big companies  as they would not be ready for such a massive sharing of information.

As consumers always ask for transparency and disclosure of what they consume, Blockchain is a great opportunity to make this goal a reality and I strongly believe that it’s worth the investment.

Cyril Melikov

References

Aitken, R. (2018). Forbes Welcome. [online] Forbes.com. Available at: https://www.forbes.com/sites/rogeraitken/2017/12/14/ibm-walmart-launching-blockchain-food-safety-alliance-in-china-with-fortune-500s-jd-com/ [Accessed 23 Jan. 2018].

Brennan, C. and Lunn, W. (2018). Blockchain The Trusted Disrupter. Credit Suisse, [online] pp.1-20. Available at: http://www.the-blockchain.com/docs/Credit-Suisse-Blockchain-Trust-Disrupter.pdf [Accessed 6 Feb. 2018].

Charlebois, S. (2017). Blockchain, agrifood’s new Uber? – Food In Canada. [online] Food In Canada. Available at: http://www.foodincanada.com/food-in-canada/blockchain-agrifoods-new-uber-138415/ [Accessed 1 Feb. 2018].

Danone (2017). How Danone makes milk producers part of its development strategy in emerging countries. [online] Down To Earth. Available at: http://downtoearth.danone.com/2013/07/22/how-danone-makes-milk-producers-part-of-its-development-strategy-in-emerging-countries/ [Accessed 6 Feb. 2018].

Doorey, D. (2011). The Transparent Supply Chain: from Resistance to Implementation at Nike and Levi-Strauss. Journal of Business Ethics, [online] 103(4), pp.587-603. Available at: https://link.springer.com/article/10.1007/s10551-011-0882-1 [Accessed 23 Jan. 2018].

FMI ,  Deloitte (2010). Recall Execution Effectiveness: Collaborative Approaches to Improving Consumer Safety and Confidence. [online] FMI, GMA, Deloitte,GS1, pp.10-30. Available at: https://www.gmaonline.org/downloads/research-and-reports/WP_RecallExecution.pdf [Accessed 4 Feb. 2018].

 

Jeppsson, A. and Olsson, O. (2017). Blockchains as a solution for traceability and transparency. [online] Lund: Lund University, pp.1-15. Available at: http://lup.lub.lu.se/luur/download?func=downloadFile&recordOId=8919957&fileOId=8919958 [Accessed 12 Jan. 2018].

 

Khan, F. (2016). Organization Transparency vs Confidentiality. [online] Linkedin. Available at: https://www.linkedin.com/pulse/organization-transparency-vs-confidentiality-pmp-itil-lssgb/ [Accessed 28 Jan. 2018].

 

Lactalis (2017). Quality management – Lactalis Ingredients. [online] Lactalis Ingredients. Available at: http://www.lactalisingredients.fr/expertise/quality/ [Accessed 6 Feb. 2018].

 

Pizzuti, T. and Mirabelli, G. (2015). The Global Track&Trace System for food: General framework and functioning principles. Journal of Food Engineering, [online] 159, pp.16-35. Available at: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0260877415000837 [Accessed 1 Feb. 2018].

Remplacer la relève…

par Joséanne Bélanger-Naud

La pénurie de main-d’œuvre est une réalité qui touche largement le secteur agricole; de moins en moins de relève s’intéresse à s’établir sur la ferme familiale obligeant donc les parents à chercher de l’aide de l’extérieur. Au Canada, la quantité d’entreprises sans relève a augmenté de 24% de 2006 à 2011 (MAPAQ, 2014). Avec ses horaires et tâches atypiques, des employés passionnés, assidus et compétents sont difficiles à trouver. Pour un nombre grandissant de fermes, l’automatisation semble la solution à cette pénurie. Dans le secteur laitier, plusieurs fermes s’équipent de robots pour la traite et l’alimentation. Selon une étude conduite par Valacta, un producteur gagnerait 5,8 minutes/vache/jour en transitionnant d’un système de lactoduc à une traite robotisée (Bisson et al., 2015). Bien sûr, ces robots représentent un investissement important, mais ils apportent une flexibilité d’horaire pour le producteur et une tranquillité d’esprit face à fiabilité de la main-d’œuvre; ils ne demanderont jamais de congés ni de meilleures conditions de travail!

Photo fournie par Joséanne Bélanger-Naud

Malheureusement, dans certains secteurs agricoles, l’automatisation n’est pas encore accessible par manque de technologie ou de ressources financières. Les propriétaires n’ont donc nul autre choix que d’engager des travailleurs s’ils veulent accomplir les nombreuses tâches quotidiennes qui permettent à leur entreprise de fonctionner. Bien qu’il soit favorable pour l’économie du pays d’engager des gens locaux, ceux-ci se font très rares. Avec un taux de chômage de seulement 5,4% au Québec présentement, il y a beaucoup de compétition entre les entreprises et celles-ci doivent mettre la main dans leur poche si elles veulent un employé compétant (Statistiques Canada, 2018). Depuis quelques années, les travailleurs étrangers suscitent un grand intérêt chez les producteurs, principalement pour leur ardeur au travail et leur fiabilité; selon la Fondation des Entreprises en Recrutement de Main-d’œuvre agricole Étrangère (FERME), 96% des travailleurs complètent la durée déterminée par leur contrat avant de quitter (2018). Pour les agriculteurs, cette statistique démontre qu’ils peuvent se fier sur ces travailleurs et planifier leur saison et projets en sachant plus précisément le nombre d’heures cumulées entre les ouvriers qui seront investies dans l’entreprise. De 2015 à 2016, 15% plus de travailleurs étrangers ont été engagés par le biais de FERME avec un taux de rappel de 86% des employeurs québécois démontrant leur satisfaction vis-à-vis cette main-d’œuvre (FERME, 2018).

Au Québec, beaucoup d’entreprises agricoles familiales peuvent encore n’être opérées que par une ou deux personnes au quotidien. Bien que les agriculteurs soient passionnés par leur métier, il leur arrive d’avoir besoin de remplacement. Considérant que la main-d’œuvre est difficile à trouver et qu’il est peu attirant pour quelqu’un de s’engager envers une ferme pour uniquement des remplacements, une coopérative d’utilisation de la main-d’œuvre (CUMO) a été mise sur pied par Monsieur Camille Morneau du MAPAQ (2011). Cette coopérative permet de gérer l’horaire d’un employé pour des remplacements sur plusieurs fermes. La coopérative est le seul employeur et s’assure que l’employé accumule environ 40 heures par semaine (MAPAQ, 2011). Ceci assure la stabilité monétaire de l’employé et permet de fournir une organisation de l’horaire de tous les partis impliqués dans ce partage de main-d’œuvre.

Malgré les efforts déployés vers des solutions personnalisées aux différents types et tailles d’entreprises agricoles, les emplois dans le secteur se libèrent plus rapidement qu’ils ne se comblent. D’ici 2025, le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture estime qu’un travailleur sur quatre prendra sa retraite laissant près de 10 600 emplois agricoles vacants (Ménard, 2018). Si la situation ne change pas d’ici sept ans, de changements majeurs s’imposeront sur l’organisation des fermes du Canada.

Références:

Bisson, G., Moore, R., & Lefebvre, D. (2015). Portrait-robot des systèmes de traite (p. 18). Consulté le 7 février, sur http://lait.org/fichiers/Revue/PLQ-2015-10/valacta.pdf

FERME. (2018). Bilan statistique. Ferme Québec. Consulté le 7 février, sur http://www.fermequebec.ca/programme-de-travailleurs-etrangers-temporaires/#bilan

MAPAQ. (2014). Portrait de la relève agricole au Québec 2011 (p. 13). Québec. Consulté le 7 février sur https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Portrait_releveagricole.pdf

MAPAQ. (2011). Qu’est-ce qu’une CUMO ?. MAPAQ. Consulté le 7 février, sur http://www.mapaq.gouv.qc.ca/Fr/Regions/bassaintlaurent/CUMACUMO/CUMO/questcequunecumo/Pages/ques

Ménard, M. (2018). Manque criant de main-d’œuvre. La Terre De Chez-Nous, (89), 4-5.

Statistique Canada. (2018). Caractéristiques de la population active, données désaisonnalisées, par province (mensuel) (Québec, Ontario, Manitoba). Statistique Canada. Consulté le 7 Février 2018, sur http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/lfss01b-fra.htm

Lutte politique en agriculture!

lariposte@marxiste.qc.ca

Ces derniers temps, un houleux débat, entourant les mécanismes du système de gestion de l’offre, fait rage (Voir l’article : « Deux modèles de ferme se confrontent » dans l’édition de La Terre du 4 février 2018). Il est bien incarné par : Dominic Lamontagne, auteur du livre La ferme impossible, et Marc Séguin, réalisateur du film La ferme et son état, pourfendant la gestion de l’offre d’un côté; et l’UPA, de l’autre côté, arguant les bienfaits de ce système de quota est représenté par son président Marcel Groleau. Toutefois, ce débat consiste plus à un dialogue de sourd entre deux factions chacune défendant un pôle opposé. Ici, j’aimerais répondre à certains des arguments et idées avancés par Dominic Lamontagne:

  1. Accepter de négocier avec un oppresseur revient à légitimer son caractère dominant. Militer pour l’augmentation du hors-quota implique qu’on accepte la validité du principe de contingentement développé par certaines Fédérations de l’UPA.

Définir l’UPA comme un oppresseur témoigne d’une ignorance et d’une incompréhension du monde agricole et de son passé. Historiquement, ces mouvements coopératifs, où plusieurs agriculteurs décidaient de se doter de structures fortes et solidaires pour résister au capitalisme mondial et la cruauté de ces prix, étaient incarnés par l’UPA et les plans conjoints de mise en marché.

  1. Le seul interlocuteur valide est celui qui est choisi et maintenu au pouvoir démocratiquement par le peuple tout entier. Il s’agit du gouvernement fédéral, provincial et municipal.

Un libertarien, qui parle du gouvernement fédéral, provincial et municipal maintenu « au pouvoir démocratiquement par le peuple tout entier » comme seul interlocuteur valide a besoin de faire ses devoirs en science politique du monde agricole.

  1. Au niveau municipal, il faut revoir les règlements de zonage et d’usage pour permettre l’émergence de la petite ferme artisanale écologique diversifiée ouverte au public (à l’opposé donc de la grosse ferme monocultrice fermée au public).

Encore une fois, ce dernier point témoigne d’une ignorance sur le contexte historique de la mise en place du règlement de zonage (Le Chatelier, 2017). Comment peut-on prouver hors de tout doute que si la règlementation est revue il ne va pas y avoir un phénomène de perte de terres agricoles par la création de domaines pour bourgeois-fermier et de petites fermes écologiques perdant leur fonction de production après échec (Richard et al., 2017). De plus, cette fameuse conception de monoculture n’est pas définie, c’est à se demander s’il y a nuance. Par exemple : Est-ce qu’une ferme de 120 hectares en céréales biologiques fait de la ‘’monoculture’’?

Maintenant, ceci est un billet d’opinion donc, il se trouve primordiale d’éclaircir le lecteur sur les positions de l’auteur qui sont les suivantes :

-La gestion de l’offre est basée sur des principes de solidarité et de responsabilité sociale transmis du producteur au consommateur.

-Toutefois, son système de fonctionnement est perverti par le capital pour plusieurs raisons présentes ou avenantes au moment de l’instauration de ce système.

-Les fermes de moyenne taille sont en déclin et les fermes de petites tailles de moins en moins présentes et la gestion de l’offre ne fait que ralentir le processus d’expansion et de remembrement sans toutefois l’arrêter.

-Une réforme doit être envisagée. Cette réforme doit être envisagée non pas dans un contexte individualiste de bourgeois-fermier qui veut l’embourgeoisement de sa région périphérique (Doyon et al., 2013). Plutôt dans une perspective où la ferme de moyenne taille et la démocratisation des productions artisanales sont des modèles inclusifs de toutes les classes (Sutherland, 2012).

-Favoriser un accès à la terre et démocratiser les moyens de production pour une relève agricole locale et prolétaire (Simard et Guimond, 2012). Les arguments avancés par ces libertariens semble toujours une attaque aux ‘’méchantes’’ règlementations du gouvernement le restreignant, mais jamais il n’est question de l’accès général au capital de production principal de l’agriculture c’est-à-dire : la terre (Kropotkine, 1892). De plus, il y a les populations, dîtes, invisibles qui ne font presque pas partie de tout ces débats sur le futur de l’agriculture québécoise comme les ouvriers agricoles, les travailleurs étrangers, les jeunes agriculteurs et la relève apparentée et non-apparentée locale (Bélanger et Candiz, 2014).

Finalement, il est important de faire preuve de sensibilité et de solidarité, car le monde agricole est impitoyable et s’attaquer aux modus operandi qui a permis à plusieurs agriculteurs de survivre n’est pas constructif. Il serait probablement plus pertinent de parler de la valorisation du métier et des denrées agricoles que de s’engager dans un simulacre d’une lutte des classes. Sur ce, je vous invite à lire l’article de Jean Pronovost qui expose une opinion modérée et réfléchie sur la question de la politique agricole québécoise.

Antoine Lemieux-Tremblay

Il Quarto Stato (« Le Quart-État »), peinture de Giuseppe Pellizza, 1901.

Bibliographie

Bélanger Danièle et Guillermo Candiz. 2014. Essentiels, fiables et invisibles : Les travailleurs agricoles migrants latino-américains au Québec vus par la population locale. Canadian Ethnic Studies. 46 (1) : 45-66.

Doyon M, Klein J-L, Veillette L, Bryant CR et C Yorn. 2013. La néoruralité au Québec : Facteur présentiel d’enrichissement collectif ou source d’embourgeoisement? Géographie, économie, société. 15 : 117-137.

Kropotkine P. 1892. La conquête du pain. Paris : Tresse & Stock.

Le Chatelier A. 2017. L’agriculture maraîchère sur petites surfaces au Québec : Portrait et impact environnemental. Maîtrise en environnement. Université de Sherbrooke.

Richard Frédéric, Tommasi Greta et Gabrielle Saumon. 2017. Le capital environnemental, nouvelle clé d’interprétation de la gentrification rurale? Environnement, amménagement, société. 243.

Simard Myriam et Laurie Guimond. 2012. Que penser de l’embourgeoisement rural au Québec? Visions différenciées d’acteurs locaux. Recherches sociographiques. 53 (3) : 527-553.

Sutherland L-A. 2012. Return of the gentleman farmer? Conceptualising gentrification in UK agriculture. Journal of Rural Studies. 28: 568-576.

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