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La formation de l’ammoniac

HaberL’équation détaillant la formation de l’ammoniac à partir de l’azote et de l’hydrogène est souvent utilisée par les professeurs de chimie pour enseigner les calculs stoechiométriques. Mais il y a une toute une histoire derrière cette équation, celle d’un chimiste allemand, Fritz Haber, pour qui la dévotion à la mère patrie passait avant toute autre considération.

Né de religion juive, il se convertit au christianisme par ambition et pour être davantage perçu comme un vrai Allemand. Lorsque la
première guerre mondiale éclate, l’impression générale est qu’elle sera de courte durée. À l’époque, les produits azotés indispensables à la fabrication d’explosifs étaient produits principalement à partir de dépôts naturels de nitrate du Chili. Comme la marine britannique contrôlait les voies maritimes, on estimait que les Allemands manqueraient très rapidement d’explosifs. Mais Fritz Haber avait mis au point, juste avant que la guerre n’éclate, un système de production d’ammoniac à partir d’azote, et d’hydrogène, deux composés faciles à obtenir. Une des conséquences de la découverte de Fritz Haber est qu’au lieu de ne durer que quelques mois, la première guerre mondiale s’étendra sur quatre ans, entraînant la mort de plus de 20 millions de personnes.

equationDurant la guerre, la loyauté inébranlable de Fritz Haber à la patrie l’amène à travailler en tant que directeur de l’Institut Kaiser Wilhelm pour développement d’armes chimiques. Un de ses premiers projets sera le développement du chlore comme gaz utilisé en tant qu’arme de combat. Il supervise lui-même la première attaque au gaz, à Ypres, le 22 avril 1915, qui, en l’espace de 10 minutes, tuera plus de 10 000 soldats alliés. Sa femme, Claire Immerwahr, aussi chimiste, est opposée à ces applications de la science. En forme de protestation, après l’attaque d’Ypres, elle se suicide, le 15 mai 1915, en se tirant une balle au cœur. Le même jour, Fritz Haber quitte Berlin pour superviser une attaque au gaz sur le front russe.

Après la guerre, Fritz Haber est accusé en tant que criminel de guerre (il ne sera jamais inculpé). Malgré son passé controversé, Haber reçoit (avec Carl Bosch) en 1918 le prix Nobel de Chimie pour sa méthode de synthèse de l’ammoniac. Une décision qui fut très controversée mais qui illustre bien combien la science peut avoir un impact terriblement négatif et extrêmement positif à la fois. La méthode Haber-Bosch est souvent mentionnée comme étant la plus importante découverte du XXe siècle. Il est vrai qu’elle permet de produire des explosifs mais elle a aussi permis la mise au point d’engrais synthétiques. Cela permit le développement d’une agriculture à grands rendements capable de nourrir une population mondiale qui allait passer de moins de deux milliard en 1900 à plus de six milliards aujourd’hui. C’est en se basant sur cette avancée que l’on décernera le prix Nobel à Fritz Haber.

Il y a une fin tragique et ironique à la vie de Fritz Haber. Lorsque les Nazis prennent le pouvoir, Fritz Haber est obligé de s’enfuir de l’Allemagne. Bien qu’il se soit converti, et malgré son patriotisme sans faille, pour les Nazis, il est toujours juif. Il trouve refuge en Angleterre, un des pays qu’il avait combattus en tant que patriote allemand. Il meurt en 1934, alors qu’il est en vacances en Suisse. Heureusement pour lui, il meurt sans savoir l’utilisation qui sera faite d’une autre technologie développée à l’Institut Kaiser Wilhelm alors qu’il en était le directeur. Le Zyklon B à base d’acide cyanhydrique, introduit dans les années 1920 comme insecticide, remplacera le monoxyde de carbone, à partir de 1942, dans les chambres à gaz des camps d’extermination.

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Cold-fX: La science derrière le marketing

Screen Shot 2014-01-16 at 9.44.05 PMNous espérons tous que nos athlètes vont faire exceptionnellement bonne figure aux Jeux de Vancouver. Ce qui est déjà certain, c’est que Cold-fX ®, « le remède officiel » contre le rhume et la grippe aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010 est en train de battre tous les records de marketing (Cold-fX marketing). Mais on peut se demander si, au-delà du battage publicitaire, Cold-fX, le médicament contre le rhume le plus vendu au Canada, est aussi efficace que la publicité le prétend?

Cold-fX est fabriqué à base de ginseng américain (Panax quinquefolium), une plante qui, au fil du temps, a été utilisée pour traiter divers problèmes médicaux. D’ailleurs, panax, en latin, signifie « guérit tout », ce qui nous a donné le terme panacée. Mais aujourd’hui, ses partisans en font souvent la promotion comme stimulant du système immunitaire. Il s’agit d’une prétention qui est n’est pas soutenue par des études scientifiques rigoureuses. De telles études sont difficiles à réaliser car même si les scientifiques ont une bonne idée des principes actifs du ginseng, leur concentration peut varier d’un échantillon à un autre, ce qui rend difficile toute forme de standardisation et d’étude.

C’est justement pour cela que le travail de recherche de CV Technologies, la compagnie qui a développé Cold-FX, mérite d’être souligné. CV Technologies aurait pu tout simplement demander l’approbation de Cold-fX par Santé Canada à titre de produit de santé naturel. Sous cette rubrique, le fabriquant n’a pas besoin de prouver l’efficacité du produit mais simplement qu’il a des antécédents dans la pharmacopée traditionnelle et qu’il ne présente pas de danger pour le public. CV Technologies a toutefois développé une méthode afin de standardiser son produit au niveau des polysaccharides et ginsenosides, qui en seraient les principes actifs. Cela, afin d’obtenir la constance nécessaire aux études scientifiques que le fabriquant a réalisées par la suite. Les publicités de Cold-fX mentionnent plusieurs études mais une seule d’entre elles mérite que l’on s’y attache, celle publiée en 2005 dans le Canadian Medical Journal. Cette étude, réalisée en double aveugle et avec placebo, a permis à la compagnie d’obtenir l’autorisation de Santé Canada pour déclarer que le produit “…aide à diminuer la fréquence, la gravité ainsi que la durée des symptômes du rhume et de la grippe en stimulant le système immunitaire”. Or, bien que l’affirmation ne soit pas fausse, sa portée est exagérée.

Les chercheurs de l’étude en question ont eu recours à 279 volontaires en bonne santé qu’ils ont suivis pendant quatre mois. Environ la moitié d’entre eux, soit 130, ont pris deux capsules de Cold-fX (400 mg) par jour alors que les autres, 149 personnes, recevaient un placebo. La seule conclusion significative de l’étude est que les personnes du groupe prenant Cold-fX ont moins souffert de rhumes de façon récurrente. De façon absolue, ce même groupe a moins souffert de rhumes mais la différence n’a été que de 0,25 rhume de moins par personne, et cela, sur une période de 4 mois. Le groupe prenant Cold-fX disait avoir moins de symptômes et jugeait que leurs rhumes duraient moins longtemps. Mais là encore, les différences sont statistiquement minimes, de l’ordre de 1,3 et 1,6 pour cent. On peut trouver une très bonne analyse des études de Cold-fX à: www.ottawaskeptics.org

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Après les saumons modifiés génétiquement, du bacon « vert » ?

boy&pig
On connaît déjà le maïs, le soja et le canola génétiquement modifiés. Si la tendance se poursuit, ce sont des animaux dérivés de la science génétique qui risquent de se retrouver bientôt dans nos assiettes. Deux espèces en particulier pourraient bientôt apparaître sur le marché.

Dans le cas du saumon, il a été modifié génétiquement pour accélérer sa croissance. Développés par la firme américaine AquaBounty, ces saumons de l’Atlantique* – baptisés AquAdvantage – ont reçu des gènes d’autres espèces de poisson. Ce procédé leur permet d’atteindre l’âge adulte deux fois plus rapidement que les saumons ordinaires. L’automne dernier, la Food and Drug Administration (FDA) a tenu des audiences au sujet de la pertinence d’introduire ces saumons sur le marché. Mais avant même d’émettre une décision finale, la FDA a indiqué par voie de communiqué qu’elle ne voyait aucune objection à cette idée. D’après elle, la consommation de saumons génétiquement modifiés « …n’est pas préjudiciable à la santé. » Or, ce n’est pas l’avis de Mark Begich et Lisa Murkowski, deux sénateurs américains qui viennent de présenter un projet de loi qui empêcherait l’introduction sur le marché des saumons AquAdvantage, même dans le cas d’une approbation par la FDA. On peut penser que leur démarche n’est pas complètement désintéressée car il s’agit de deux sénateurs de l’Alaska. La mise sur le marché de ces saumons d’élevage, dont la production est moins dispendieuse, risque d’avoir un impact négatif important sur l’industrie de la pêche de cet État.

Pour le producteur AquaBounty, l’avantage de mettre en marché les saumons AquAdvantage est surtout économique. Or, la modification génétique peut aussi avoir un objectif environnemental, comme c’est le cas de l’Enviropig, un porc génétiquement modifié développé à l’Université de Guelph afin de réduire le rejet de phosphore de l’animal. Le phosphore que consomme le porc – et qui représente un élément essentiel à sa croissance – provient des céréales qu’il ingère. Les céréales contiennent ce qu’on appelle des phytates qui, une fois ingérés par l’animal, libèrent le phosphore présent. Un processus rendu possible grâce à une enzyme appelée « phytase ». Malheureusement, les quantités de phytase présentes sont insuffisantes pour que le porc absorbe tout le phosphore. Ce dernier se retrouve ainsi dans ses excréments et donc dans l’environnement. Ensuite il s’introduit dans les cours d’eau où il stimule la croissance d’algues. Quand celles-ci se dégradent, cela demande de grandes quantités d’oxygène ce qui nuit à la survie des autres espèces.

Pour contrer ce problème, des scientifiques de l’Université de Guelph ont modifié les gènes de l’Enviropig avec des gènes de souris. Ceci a eu pour effet d’accroitre la production de phytase par les glandes salivaires du porc. Il en résulte une augmentation significative de l’absorption du phosphore, réduisant ainsi son rejet dans l’environnement. D’après les données des chercheurs, cette diminution est de l’ordre de 30 à 65 % par rapport aux variétés de porc conventionnelles. Il existe aussi un argument économique à recourir à ces porcs « bons pour l’environnement » puisque les producteurs de porc ajoutent actuellement des phytates, supplémenté de phytase à la nourriture des animaux. Dans le cas du porc modifié génétiquement, cette pratique devient inutile ce qui réduit les couts de production.

Environnement Canada a déjà autorisé la production des ces porcs « verts » en concluant que le processus ne représentait pas de danger pour l’environnement. Il reste à savoir si Santé Canada va aussi émettre l’avis favorable nécessaire avant que l’on retrouve l’Enviropig dans nos assiettes.

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Barbecue: des grillades sécuritaires

barbecueLa grillade sur le barbecue transforme des composés inoffensifs présents dans la viande, tels que des acides aminés et des sucres, en amines hétérocycliques (AH), des composés pouvant causer le cancer chez des animaux de laboratoire. Mais il existe un moyen de minimiser ce risque. En effet, plusieurs études ont mis en évidence que faire mariner la viande réduit la production d’AH de façon significative.

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Maigrir à tout prix à ses risques

Screen Shot 2013-12-03 at 9.23.15 PMLa compagnie française Sanofi-Aventis vient d’annoncer qu’elle suspend son programme de recherche sur Acomplia (rimonabant), son médicament pour perdre du poids. Disponible dans les 18 pays d’Europe depuis 2006, Acomplia avait déjà été retiré du marché le 23 octobre 2008 après que l’Agence européenne d’évaluation des médicaments (EMEA) ait suspendu l’autorisation de commercialisation. L’EMAE avait jugé que les bénéfices d’Acomplia en perte de poids ne valaient pas les risques encourus – troubles dépressifs et idées suicidaires. À l’époque, Sanofi-Aventis avait dit vouloir poursuivre son programme de développement en cours afin d’évaluer le rapport bénéfices/risques d’Acomplia chez les personnes diabétiques ou atteintes de maladies cardiovasculaires.

Cette décision d’arrêter toute recherche sur le médicament survient après que l’entreprise ait investi plusieurs millions de dollars dans ce qui devait représenter une approche innovatrice dans le traitement de l’obésité. En effet, Acomplia agit au niveau des récepteurs endocannabinoïdes, présents au niveau du cerveau, du foie, du tube digestif, des muscles et des cellules adipeuses abdominales, ces mêmes récepteurs qui sont activés par le tétrahydrocannabinol (THC), la molécule psychotrope dans le cannabis. On sait que l’un des effets associés à la consommation de cannabis est une augmentation de l’appétit; les « munchies », comme les fumeurs de cannabis décrivent cet état. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a recours au cannabis pour traiter les personnes souffrant du sida. La maladie empêche ceux-ci d’apprécier leur nourriture. En bloquant les récepteurs endocannabinoïdes, Acomplia réduit l’appétit et donc, l’apport calorique. Mais ces récepteurs jouent aussi un rôle au niveau psychique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les gens fument le cannabis; ils en retirent du plaisir. Donc, il n’est pas étonnant que le fait de bloquer les récepteurs cannabinoïdes engendre des troubles dépressifs allant jusqu’aux idées suicidaires. La compagnie Sanofi-Aventis était bien sûr consciente de ces effets secondaires mais espérait que le rapport bénéfices-risques serait favorable à l’utilisation d’Acomplia.

Or, le sort d’Acomplia a été décidé lorsque la FDA a refusé son autorisation de vente aux États-Unis, en raison des effets secondaires du médicament. Le marché américain est essentiel à la commercialisation d’un médicament pour la perte de poids. Aux États-Unis, plus de 65 % de la population souffre de surpoids, défini par un indice de masse corporelle (IMC)* entre 25 et 29. Le pourcentage de personnes obèses – IMC au dessus de 30 – est de 35 %. En comparaison, au Canada, ces proportions sont de 30 % et 15 % respectivement.

La saga d’Acomplia ressemble à ce qui c’est passé il y a quelques années avec Redux (dexfenfluramine), un autre médicament d’origine française (Laboratoires Servier). Ce produit coupe-faim, qui fait augmenter le niveau de sérotonine, un neurotransmetteur, avait été introduit en Amérique du Nord en 1996, accompagné d’une campagne publicitaire sans précédent. En très peu de temps, le Redux était prescrit à plus de 100 000 personnes par semaine. Mais comme on pouvait s’y attendre, avec une consommation si répandue, les effets secondaires – qui se sont révélés graves – ont rapidement fait leur apparition. Tout d’abord, des cas d’hypertension pulmonaire primaire (HPP), une affection rare mais souvent mortelle, se sont développés. Ensuite – et surtout –, des études ont mis en évidence que Redux (dexfenfluramine) et un autre médicament semblable, Ponderal (fenfluramine), étaient susceptibles d’attaquer et de détruire les valves cardiaques. Les deux médicaments, retirés du marché en 1997, sont soupçonnés d’avoir causé la mort de 123 personnes. Au sommet de leur popularité, plus de 5 millions de Nord-Américains prenaient ces médicaments.

À la suite du retrait du Redux, beaucoup d’Américains se sont tournés vers des produits naturels, que l’on a tendance à percevoir comme moins dangereux. Les plus populaires étaient composés à base d’éphédrine, un alcaloïde dérivé de plantes. Ces préparations, qui étaient en vente libre dans les commerces de produits naturels ou « de santé », furent interdites par la Food and Drug Administration (É.-U.) en 2004 après que l’on ait déterminé qu’elles avaient causé la mort de 155 personnes. Heureusement, la vente de ces produits n’était pas autorisée au Canada.

Il n’existe pas de médicaments miracle pour perdre du poids. Mais pour ceux qui ont cet objectif, la solution n’est pas compliquée : manger moins et faire plus d’exercice physique. C’est d’appliquer ce simple principe qui est difficile!

* L’indice de masse corporelle (IMC) est une mesure utilisée pour déterminer les risques pour la santé associés au poids d’une personne. Il se calcule en divisant le poids (en kg) par la taille (en cm) au carré; i.e. kg/cm2.. Pour la population en général, il est recommandé de maintenir un IMC se situant entre 18 et 24. Pour lutter contre les dangers liés à la maigreur excessive, l’Espagne autorise à défiler seulement les mannequins dont l’indice de masse corporelle est supérieur à 18 (plus de 56 kg pour 1m75).

Ariel Fenster

L’Académie pontificale des sciences bénit les OGM

Screen Shot 2013-12-03 at 9.19.13 PML’Académie pontificale des sciences, bien que peu connue du public, n’en est pas moins prestigieuse. Fondée en 1603, il s’agit de la plus ancienne académie scientifique et celle qui compte, parmi ses 80 membres, le plus grand nombre de Prix Nobel. Elle a pour mandat de conseiller le pontife sur les questions scientifiques d’actualité. Étant donné la notoriété de ses membres, ses prises de position ont un certain impact. C’est pourquoi j’ai appris avec intérêt que le groupe s’est récemment prononcé en faveur du recours aux OGM dans le cadre de la lutte contre la faim dans le monde. À la suite d’une réunion au Vatican, le mois dernier, de plus de 40 experts en la matière , les participants ont publié un document (http://www.AcadémiePontéficalesSciencesOGM.pdf) dans lequel ils soutiennent que les aliments issus de la biotechnologie sont non seulement sécuritaires et salubres mais sont aussi bénéfiques pour l’environnement. Comme on pouvait s’y attendre, cette sortie a soulevé la controverse. Des commentaires publiés dans le dernier numéro du New Scientist (http://www.newscientist.html) à ce sujet sont particulièrement intéressants. Comme c’est souvent le cas, les critiques s’attaquent à la crédibilité des chercheurs et à leurs motivations. De plus, bien qu’il n’ait pas participé aux discussions, le pape lui-même est mis en cause. Il est accusé d’avoir donné sa bénédiction aux OGM parce que les multinationales qui en produisent l’ont « acheté ». C’est un peu exagéré, il me semble.

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Les PBDE et l’environnement

environmentLes PBDE (PolyBromoDiphénylÉthers) font beaucoup parler d’eux. Ces produits ignifuges sont ajoutés à une grande variété de produits de consommation pour les rendre moins inflammables et donc plus sécuritaires. Objectif louable, s’il en est un. Malheureusement, l’utilisation des PBDE soulève l’inquiétude car ils se retrouvent en quantités grandissantes dans le corps humain et dans l’environnement. Jusqu’à présent, il n’y a aucune indication que les PBDE soient associés à des problèmes de santé chez l’humain. Certaines études ont noté des changements au niveau du foie et de la thyroïde et du développement du foetus chez des animaux de laboratoires exposés aux PBDE. Toutefois, les doses auxquels ces animaux étaient soumis étaient beaucoup plus élevées que celles auxquelles les humains risquent d’être exposés. À titre de précaution, toutes les variétés de PBDE sont interdites en Europe. En Amérique du Nord, l’industrie à cessé de fabriquer les deux formes de PBDE, le pentaBDE et l’octaBDE, qui sont les plus persistantes dans l’environnement.

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Un OGM contre les algues vertes?

Screen Shot 2013-12-03 at 9.11.34 PMLa prolifération d’algues dans les lacs, rivières et régions côtières est un problème majeur pour l’environnement. Leur décomposition requiert de grandes quantités d’oxygène, ce qui entraîne la création de zones « mortes » où la vie aquatique ne peut survivre. D’après un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), il existerait plus de 146 de ces zones mortes à travers le monde, certaines couvrant jusqu’à 70 000 km2. Ces algues en décomposition produisent des gaz toxiques qui peuvent être mortels, comme le sulfure d’hydrogène. C’est ce qui s’est passé l’année dernière en Bretagne lorsqu’un cheval pris dans les algues est mort (son cavalier à été secouru de justesse). Les algues prolifèrent principalement en raison de l’activité agricole et de son utilisation massive d’engrais azotés, surtout ceux d’origine minérale car ils sont très solubles. Quant il pleut, l’azote se répand dans les rivières puis dans les lacs ou la mer. Les problèmes environnementaux qui en résultent ne se limitent pas à la vie aquatique. Lorsque les engrais azotés sont appliqués, seule une portion (25 à 50 pour cent) en est absorbée par les plantes. Le reste est libéré sous la forme d’oxyde nitreux (N2O), un des gaz responsables de l’effet de serre.

Or, voilà que la découverte du Dr Allen Good, de l’Université de l’Alberta, risque de changer tout cela. En 1995, une des étudiantes du laboratoire du docteur Good commit une erreur qui eu un résultat heureux. Elle omit d’ajouter de l’azote à la solution utilisée pour arroser les plants de canola que le Dr Good étudiait. Certains de ces plants avaient été génétiquement modifiés avec un gène d’orge qui produit un enzyme, l’alanine transaminase, une modification qui, selon le Dr Good, devait permettre au canola de mieux résister à la sécheresse. À la surprise du Dr Good, les plants génétiquement modifiés ont continué à se développer, même en l’absence d’azote, alors que les plants du groupe de contrôle ont dépéri. Cette découverte a attiré l’attention d’une compagnie américaine, Arcadia Biosciences, de Davis, en Californie, qui a obtenu du Dr Good la licence pour commercialiser le gène. Ce dernier est maintenant utilisé dans des tests effectués sur le canola, le riz et le blé. D’après la compagnie, les résultats sont plus que prometteurs. Les plants génétiquement modifiés ont besoin de 50 pour cent moins d’azote. Et en utilisant les mêmes quantités d’azote, les rendements de ces plants augmentent de 15 pour cent.

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Le mystère de la rose-thé élucidé

roseLa rose-thé originaire de Chine doit son nom au fait qu’elle sent … le thé. C’est en contraste avec les roses originaires d’Europe qui, elles, ont des arômes floraux. Jusqu’à récemment, la science n’avait pas d’explication pour cette différence entre les deux espèces. Mais récemment, grâce au travail collaboratif de deux groupes de chercheurs, le mystère a finalement été résolu. Tout d’abord, un groupe israélien a démontré que la production de 3,5 dimethoxytolene (DMT), un des composés responsables de l’arome du thé et qui se retrouve dans la rose-thé, est catalysé par deux enzymes du type orcinol O-methyltransférase et connues sous les acronymes de OOMT1 et OOMT2. Ces enzymes sont capables de convertir efficacement, en deux étapes successives, l’orcinol, un composé non-aromatique, en DMT. À la suite de cette étude, un groupe de chercheurs français a mis en évidence que c’est une variation du code génétique des deux variétés qui explique pourquoi les roses européennes ne sentent pas le thé comme leur cousine de Chine. Les deux espèces de roses contiennent le gène qui exprime l’enzyme OOMT2. Par contre, le gène qui code pour l’enzyme OOMT1, présent dans les roses-thé, est absent des roses européennes. En conséquence, ces dernières sont incapables de synthétiser le DMT qui caractérise les rose-thé. Un des aspects fascinants de cette découverte est que les deux enzymes se distinguent l’une de l’autre seulement par l’absence d’un seul acide aminé dans l’enzyme OOMT1. Comme quoi une variation génétique relativement minime peut avoir un impact significatif au niveau de la nature.

Ariel Fenster

La caféine

caffeineNon, je ne cherche pas à savoir si vous buvez de l’espresso, du café filtre ou des boissons énergisantes. En fait, ma question fait référence à la source de la caféine contenue dans votre boisson préférée. S’agit-il de caféine d’origine naturelle ou synthétique? Jusqu’à présent, j’ai toujours cru que la caféine présente dans une boisson provenait uniquement de sources naturelles. Par exemple, lors de la préparation de café décaféiné, la caféine éliminée est réutilisée dans les colas ou les boissons énergisantes. Le guarana est une autre source de caféine pour ces boissons. Cette plante originaire du Brésil présente une concentration de caféine de l’ordre de 4 %, soit le double de celle du café lui-même.
À ma grande surprise, j’ai appris que la caféine que l’on retrouve dans ces boissons est souvent d’origine synthétique. Il s’agit d’une question de coûts; la molécule préparée en laboratoire revient moins chère que celle extraite de sources naturelles de caféine. Par contre, la réglementation exige que, si de la caféine a été ajoutée à une boisson, sa présence doit être clairement indiquée sur l’étiquette. Si elle provient de café, de thé ou de guarana, cette mention n’est pas obligatoire. Comme la tendance va vers les aliments « sans produits chimiques », le public préfère voir sur une étiquette « guarana » plutôt que « caféine ». Bien que du point de vue moléculaire il n’y ait aucune différence entre la caféine synthétique et celle d’origine naturelle. Étant donné la différence de prix importante qui existe entre les deux sources de caféine, il est tentant pour certains d’utiliser de manière frauduleuse de la caféine synthétique dans leurs produits.
Il existe une technique qui permet de faire la distinction entre les deux sources de caféine, bien que leur structure moléculaire soit la même. Il s’agit de la spectrométrie de masse des rapports isotopiques (SMRI). La technique mesure le ratio des deux isotopes stables du carbone, le carbone-12 et le carbone-13, un ratio qui dépend de l’origine de la molécule où le carbone est présent. Une molécule dérivée de produits pétroliers comme la caféine synthétique présente un ratio de carbone-13/carbone-12 qui est légèrement différent de celui que l’on retrouve dans la caféine produite par une plante.

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