La chimie des autobronzants

Spray tanPour ceux qui sont conscients des dangers associés à l’exposition prolongée au soleil, il y a les autobronzants. Ce sont ces produits que l’on applique sur la peau et qui nous donnent, en plein hiver, l’apparence de débarquer de Floride. On peut discuter de leur utilité mais un de leurs avantages est qu’ils sont particulièrement inoffensifs. D’ailleurs, leur principe actif, la dihydroxyacétone (DHA), est également un des intermédiaires du processus de la glycolyse, essentiel à la vie. C’est en étudiant, dans les années 1950, l’utilisation de la DHA pour traiter des enfants souffrant de glycogénose, une maladie génétique qui affecte ce processus, que les propriétés «bronzantes» de la molécule ont été découvertes accidentellement. Les jeunes patients recevaient de très larges doses de DHA et les recrachaient souvent. À la surprise des chercheurs, quand le liquide atterrissait sur la peau, il laissait une tache brune s’il n’était pas nettoyé immédiatement. Très rapidement, ils ont trouvé l’explication: la réaction de Maillard. Celle-ci, qui est en fait un ensemble complexe de réactions, commence quand des sucres réagissent avec des acides aminés. La réaction de Maillard joue un rôle primordial dans la cuisine car elle est à l’origine de la couleur et de la saveur de beaucoup de nos aliments. Nous lui devons l’arôme du café, le goût du pain grillé et le plaisir de frites bien dorées. Dans le cas des autobronzants, la DHA, un simple sucre, réagit avec les acides aminés libres, tel que la lysine, présents dans la couche cornée de notre peau. Les pigments bruns appelés mélanoïdines qui en résultent sont les mêmes qui sont produits quand on fait rôtir de la viande ou du pain. La différence est qu’avec la DHA la réaction se fait à la température ambiante et que l’on a pas besoin de se mettre au four pour changer de couleur.

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