GFAJ-1, une bactérie qui fait parler d’elle

bacteria1Tout a commencé le 29 novembre par un communiqué de la NASA. L’agence y annonçait qu’elle allait tenir une conférence de presse, le 2 décembre, sur « une découverte astrobiologique qui va avoir un impact sur les recherches au sujet des possibilités de vie extra-terrestre ». L’annonce allait être accompagnée de la publication simultanée d’un article dans le prestigieux magazine scientifique Science. L’astrobiologie est l’étude de l’origine, de l’évolution, de la répartition et de l’avenir de la vie dans l’univers. La nouvelle a causé tout un émoi, plusieurs spéculant que la NASA avait finalement découvert des signes de vie sur d’autres planètes. Malheureusement, lorsque le 2 décembre est arrivé, et que la fameuse nouvelle a été révélée, beaucoup de scientifiques ont accusé la NASA de battage médiatique. Pour ces sceptiques, la NASA, comme elle a déjà été accusée de le faire dans le passé, révélait dans cet article bien moins que ce qu’elle avait promis.

En fait, il ne s’agissait pas de la découverte d’une nouvelle forme de vie sur une autre planète mais celle d’une bactérie baptisée GFAJ-1 vivant dans les sédiments du lac Mono, en Californie. La découverte est intéressante en raison du milieu « hostile » dans lequel cette bactérie est capable de survivre. En effet, les sédiments du lac Mono sont alcalins et surtout très riches en arsenic. Ceci n’est pas en soi quelque chose d’extraordinaire car les bactéries ont un grand pouvoir d’adaptation. Mais là où les scientifiques de la NASA se sont particulièrement exposés aux critiques de beaucoup de leurs pairs, c’est en annonçant que la bactérie était capable de remplacer le phosphore de son ADN par de l’arsenic, et malgré cela, de continuer à se développer. Pour justifier cette hypothèse, les chercheurs se sont appuyés sur le fait que l’arsenic appartient à la même famille chimique que le phosphore (ils sont l’un en-dessous de l’autre et dans la même colonne du tableau périodique), et serait donc capable de former les mêmes types de liaisons chimiques.

Selon les chercheurs de la NASA, ce processus de substitution signifierait qu’il existe différentes formes d’ADN ne reposant pas sur des atomes considérés essentiels à la vie, comme c’est le cas du phosphore. Donc, d’après cette logique, l’absence de ces atomes, phosphore ou autres, sur d’autres planètes, n’empêcherait pas l’existence de vie même s’il pourrait s’agir d’une vie différente de celle que nous connaissons sur Terre.

Le problème, selon les critiques de l’étude de la NASA – et ils sont nombreux -, c’est que l’article n’offre aucune preuve concluante que l’arsenic est incorporé dans l’ADN de la bactérie. Cette preuve aurait pu être obtenue relativement facilement par des techniques telles que la spectrométrie de masse ciblée. Selon l’article de Nature, l’étude démontrerait que la bactérie est capable d’absorber et d’isoler l’arsenic de son système de reproduction tout en continuant à survivre, et cela, grâce aux traces de phosphore qui restent présentes dans son environnement. Bon, ce n’est pas E.T. mais tout de même une preuve de plus de l’adaptabilité de l’être aux conditions auxquelles il doit faire face et une belle expérience en soi. À suivre….

 

Ariel Fenster

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