L’inflation du FPS

FPSAvec le retour des beaux jours, les crèmes solaires se retrouvent à l’avant des rayons de cosmétiques. Et cette année, encore plus qu’avant, on peut remarquer une inflation dans le FPS, ou facteur de protection solaire. Alors qu’auparavant, un FPS de 30, ou tout au plus 45, était la norme, aujourd’hui les compagnies de cosmétiques font de la surenchère avec des FPS atteignant 70 ou 85. Récemment, Neutrogena a même franchi la barre du 100 avec son écran solaire Ultra Sheer – Dry touch. Pour beaucoup de dermatologues, ces valeurs « stratosphériques » créent de la confusion chez le consommateur et peuvent éventuellement avoir un effet négatif en lui donnant un faux sentiment de sécurité.

Le FPS d’un écran solaire établit combien de temps une personne peut s’exposer au soleil avant de subir un coup de soleil. Si la peau d’une personne brûle après une heure au soleil, l’utilisation d’une crème avec un FPS de 15 devrait en théorie lui permettre de passer 15 heures au soleil avant d’en subir les effets. Précisons « en théorie » car une crème solaire, même avec un FPS de 100, ne protège pas à 100 % si elle n’est pas correctement utilisée. Plutôt que de s’inquiéter du niveau du FPS d’un écran solaire, le consommateur doit plutôt se concentrer à bien l’appliquer. Les FPS annoncés sont seulement valables si la crème est appliquée plus abondamment que le font couramment les utilisateurs. De plus, comme les effets de la crème ont tendance à s’estomper assez rapidement, les dermatologues conseillent de la réappliquer toutes les deux heures, ainsi qu’après s’être baigné ou avoir beaucoup transpiré. Le coût des écrans solaires à FPS élevé fait souvent en sorte que les consommateurs ont tendance à vouloir l’« économiser » lors de l’application. Dans la plupart des cas, un écran solaire avec un FPS de 15 ou 30 est plus que suffisant s’il est appliqué correctement et régulièrement. Les différences dans les degrés de protection sont marginales. Un FPS de 30 protège à 97 % alors qu’un FPS de 100 offre seulement 2 points de plus, soit 99 %. Même un FPS de 15 fournit un écran tout à fait adéquat, avec un niveau de protection de 93 %.

Il est aussi important de savoir que le FPS ne mesure que le degré de protection contre les UVB, les rayons solaires davantage associés aux brûlures. Bien que la plupart des écrans solaires contiennent également des composés qui filtrent les rayons UVA, l’information présentée sur les contenants n’indique pas leur niveau d’efficacité à cet égard. Les UVA pénètrent plus profondément dans la peau et sont les principaux responsables environnementaux de son vieillissement.

On pourrait espérer que l’utilisation régulière de crèmes solaires protège contre les cancers de la peau. Cependant, aussi surprenant que cela puisse être, il n’existe aucune étude prouvant que c’est effectivement le cas. La seule chose ayant été scientifiquement établie est que les personnes utilisant des crèmes solaires sont moins sujettes au développement de kératoses solaires, des liaisons de la peau associées au carcinome squameux. Bien que l’on puisse supposer que cela soit le cas, il n’a pas été prouvé que les personnes qui ont recours aux écrans solaires sont moins à risque de développer la forme de cancer la plus courante, le carcinome baso-cellulaire, ou la plus dangereuse, le mélanome. Dans les deux cas, les facteurs de risques n’ont pas été clairement établis.

De plus, certaines études ont établi un lien entre l’utilisation d’écrans solaires et le cancer de la peau. Selon toute vraisemblance, ces données résulteraient du fait que les personnes qui utilisent ces crèmes se sentent protégés et s’exposent plus qu’elles ne le devraient. Et voilà le message de bien des dermatologues. Le meilleur moyen de se protéger du soleil et de s’y exposer le moins possible, crème solaire ou pas.

 

Ariel Fenster

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