Perdre des centimètres sans efforts?

botoxAprès les injections de Botox pour estomper les rides, c’est au tour du « lipodissolve », sensé faire disparaître les bourrelets de graisse localisés, de faire fureur auprès des baby boomers, en quête de jeunesse éternelle. La technique implique l’injection à intervalles réguliers dans les régions à traiter d’un produit qui, d’après ses promoteurs, « dissout » les cellules de graisse. Le composé est principalement constitué de phosphatidylcholine (PC), un agent naturel extrait du soja mais qui se rencontre aussi dans de nombreux tissus animaux et végétaux. Initialement, le PC a été introduit sous le nom de Lipostabil comme traitement intraveineux des plaques de graisse artérielle. Son utilisation cutanée à des fins cosmétiques n’est reconnue par aucune agence gouvernementale, ni la FDA ni Santé Canada. Ceci ne semble pas contrarier la popularité du traitement. Une clinique des États- Unis au nom évocateur de « Fig » (abréviation de figure) qui se spécialise dans la technique rapporte plus 100 000 traitements de « lipodissolve » au cours des deux dernières années. Ceux-ci touchent en particulier le double menton, l’abdomen et les poignées d’amour. Typiquement, le traitement demande entre 4 à 6 séances d’injections, espacées de quelques semaines, et le coût moyen se situe aux alentours de 2 000 $. D’après les médecins qui la pratiquent, la technique est sans danger et les effets secondaires – typiquement picotements, rougeurs et oedèmes – sont rares. Mais cet avis n’est pas partagé par d’autres médecins qui questionnent à la fois l’efficacité de la technique et son innocuité. Plus particulièrement, la question est de savoir ce qu’il advient de la graisse ainsi traitée. Est-elle éliminée dans les selles et l’urine, comme le prétendent les promoteurs du « lipodissolve », ou bien redistribuée dans d’autres parties du corps, les artères par exemple, avec des conséquences néfastes à long terme? Avant d’avoir de plus amples données, il serait peut être plus prudent de vivre avec ces quelques bourrelets superflus.

Ariel Fenster

The hair of the dog…

hair of the dogJ’ai toujours été intrigué par l’expression anglaise “the hair of the dog that bit you…”. Se traduisant littéralement par “le poil du chien qui vous a mordu”, l’expression s’applique à la pratique de traiter une gueule de bois matinale par la consommation de …plus d’alcool. Le concept est reflété dans plusieurs cultures. Si jamais cela vous arrive à Budapest, sachez que l’expression est “kutyaharapást szörével”. Curieusement, à ma connaissance, il n’y pas d’équivalent en français. L’origine de la phrase est associée à la pratique ancienne de traiter la morsure d’un chien enragé en plaçant un poil de l’animal sur la plaie. Il s’agit évidemment d’un traitement inefficace mais qui s’inscrit dans l’esprit de la théorie des anciens selon laquelle il faut traiter le mal par le mal; en latin, similia similbus curantur.

Curieusement, il y a une petite part de vérité dans cette idée et elle provient du processus de métabolisme de l’alcool. Une fois que l’éthanol, le composé actif dans les boissons alcoolisées, a rempli ses fonctions de “relaxation” il se transforme en acétaldéhyde, puis en acide acétique. Si la consommation d’alcool est trop rapide, notre corps est incapable de suivre et il en résulte une accumulation d’acétaldéhyde dans le sang. Cette accumulation est responsable des symptômes de nausée et vomissements qui suivent immédiatement une forte consommation d’alcool. Par contre, la gueule de bois du lendemain est associée au métabolisme du méthanol, aussi présent dans les boissons alcoolisées. Le méthanol est converti en formaldéhyde, qui entraîne des symptômes similaires à ceux causés par l’acétaldéhyde et auxquels s’ajoute un mal de tête carabiné. L’éthanol et le méthanol sont tous deux désintégrés par la même enzyme, l’alcool déshydogénase.* Toutefois, cette enzyme agit d’abord sur l’éthanol avant de s’attaquer au méthanol. Donc, en théorie, lorsque l’on consomme de nouveau de l’alcool, l’enzyme est sollicitée pour transformer ce nouvel apport d’éthanol, ce qui limite la production de formaldéhyde. Or, bien que cette approche soit appuyée par la chimie de l’alcool, elle ne fait que retarder l’inévitable puisqu’elle n’offre qu’un répit momentané. Une fois que l’enzyme a agi sur l’éthanol, elle revient en force et a encore plus de « matière première » pour produire du formaldéhyde.

Il est possible de minimiser les lendemains douloureux en choisissant judicieusement sa boisson. Plus un alcool est vieilli et coloré, plus sa teneur en méthanol est élevée. Par exemple, la vodka contient très peu de méthanol et est moins apte, en quantités comparables avec d’autres boissons, à donner une gueule de bois. Par contre, le whisky ou le cognac représentent les pires choix (bien sûr seulement s’ils sont consommés en quantités excessives). Et pendant le temps des fêtes, rappelez-vous du slogan d’Éduc’alcool : la modération a bien meilleur goût!

*Les femmes sont plus sensibles que les hommes aux effets de l’alcool. Ceci est causé notamment par leur masse corporelle, généralement plus faible que celle des hommes, mais surtout, par le fait que leurs niveaux d’alcool déshydrogénase sont sensiblement moins élevés que ceux des hommes. Le même phénomène fait en sorte que les Asiatiques sont aussi généralement plus sensibles aux effets de l’alcool.

Ariel Fenster

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La gomme à mâcher – la crainte du jour

GOMMEEn 1912, le chimiste allemand Fritz Klatte eut l’idée d’ajouter de l’acide acétique à l’acétylène, créant ainsi une nouvelle molécule, l’acétate de vinyle. Une découverte qui lança toute une industrie et qui était basée sur le fait que ces molécules sont capables de se joindre les unes aux autres pour former une longue chaîne, le polymère de polyacétate de vinyle. Dû à ses propriétés de flexibilité, le polyacétate de vinyle se retrouve dans de nombreux produits: la peinture au latex, la colle blanche, l’enduit dans la fabrication du papier et de textiles. Mais une de ses applications, associée à ses propriétés caoutchouteuses, a fait récemment les manchettes en raison de sa présence dans la gomme à mâcher. Il ne fait pas de doute que le polyacétate de vinyle en lui-même est non-toxique; d’ailleurs, on le retrouve dans les pellicules comestibles qui recouvrent certains aliments. Pour le monomère, l’acétate de vinyle, c’est une autre affaire. Le gouvernement canadien vient d’inclure la molécule parmi les 11 nouvelles « substances toxiques » sur le registre environnemental de la LCPE (Loi canadienne sur la protection de l’environnement). Une décision en conformité avec celle du Centre international de recherche sur le cancer, une des divisions de l’Organisation mondiale de la santé, où l’acétate de vinyle est classé possiblement cancérigène pour les humains. Mais pour le consommateur, ce qui est important, c’est de savoir si de mâcher de la gomme faite de polyacétate de vinyle l’expose à des niveaux du monomère potentiellement cancérigène.

Une des études qui revient souvent à ce sujet est celle menée par la Fondation Ramazzini, en Italie. Celle-ci suggère, sur la base de tests sur des animaux de laboratoire, que l’acétate de vinyle est un cancérogène. Mais que veut dire « cancérogène » dans ce contexte? Essentiellement, n’importe quelle substance qui cause un cancer à n’importe quel animal et à n’importe quelle dose peut être classifié comme cancérogène. Mais si une substance est cancérogène pour des animaux de laboratoires dans les conditions de l’étude, cela ne veut pas dire quelle est cancérogène pour l’humain. Examinons de plus près l’étude Ramazzini. Pour les besoins de l’étude, les rats recevaient, soit de l’eau sans acétate de vinyle, soit de l’eau avec des concentrations d’acétate de vinyle allant jusqu’à 5 000 ppm. Des doses sans comparaison à celles auxquelles l’humain pourrait être exposé. Une concentration de 5 000 ppm équivaut à 5 grammes par litre. Une telle concentration de sel dans de l’eau la rendrait complètement imbuvable. Et pourtant, les rats testés ont bu continuellement de l’eau à cette concentration d’acétate de vinyle pendant 100 jours d’affilés. Dans ces conditions, les chercheurs ont remarqué une légère augmentation des taux de certains cancers parmi les rats femelles (mais pas mâles), et également chez leurs descendants, par rapport aux groupes de contrôle. Malgré cela, les différences pour ces cancers étaient si faibles que pour l’ensemble de tous les cancers il n’y avait pas de différence entre les groupes.

Il ne fait pas de doute qu’un mâcheur de gommes au polyacétate de vinyle s’expose à de petites quantités d’acétate de vinyle. Celles-ci peuvent provenir de la polymérisation incomplète du monomère ou de la dégradation du polyacétate de vinyle avec le temps. Mais comment ces quantités se comparent-elles aux doses auxquelles les rats de l’étude italienne étaient soumis. Une personne de 50 kg devrait mâcher l’équivalent de 30 000 tablettes par jour avant d’atteindre les quantités d’ l’acétate de vinyle associées à la légère augmentation des taux de cancers des animaux de laboratoire. Les mâcheurs peuvent se rassurer; dans la mesure où ils se limitent à 30 000 tablettes par jour, ils peuvent continuer à mâcher en toute quiétude.

Ariel Fenster

La science à son meilleur

loutresJe suis toujours fasciné par l’ingéniosité de certains scientifiques. Un groupe de chercheurs du Centre de recherche environnementale de Leipzig, en Allemagne, cherchait à résoudre un problème : comment déterminer l’identité des loutres qui volent le poisson des aquaculteurs de la région? La loutre, une espèce en voie d’extinction en Europe, est maintenant protégée. Par conséquent, le gouvernement de la Saxonnie indemnise les fermiers pour les dommages causés par ces animaux quand ils viennent se servir dans les parcs à poisson de la région. Mais pour calculer le montant des paiements à effectuer, le gouvernement avait besoin de déterminer le nombre et l’identité des loutres responsables, ce qui n’était pas facile car les loutres sont très difficiles à observer. Les chercheurs se sont tournés, ou plutôt penchés, vers une solution originale : l’analyse des crottes déposées par les loutres, jusqu’à 30 fois par jour, pour marquer leur territoire. Le profil ADN de ces crottes offre en effet une signature unique qui peut être utilisée pour identifier de manière absolue chaque individu. Les chercheurs ont passé plus de deux ans à comparer les différents types de crotte en fonction de leur consistance et de leur âge afin de déterminer quels échantillons offrent les meilleurs indices. Une fois ce travail de préparation terminé, ils ont analysé de manière systématique toutes les crottes trouvées répondant aux mêmes critères de « qualité ». Appliquant une méthode statistique au nombre « d’échantillons » trouvés appartenant au même animal, les chercheurs ont pu ainsi déterminer le nombre de loutres qui attaquent chaque étang à poisson; permettant ainsi une juste compensation pour les aquaculteurs.

Ariel Fenster

Sylvia Browne se trompe… une fois de plus

En 2004, Louwana Miller avait participé à l’émission de télévision « The Montel Williams Show » avec la médium Sylvia Browne. Elle voulait savoir si elle reverrait sa fille, qui avait disparu l’année précédente, à l’âge de 16 ans. Sylvia Browne lui avait répondu que malheureusement non, puisque sa fille était morte. Elle avait même rajoutée qu’elle la « voyait » entourée d’eau. Louwana Miller était retournée chez elle, dévastée, pour faire son deuil. Elle est décédée deux plus tard, à l’âge de 44 ans, des suites de problèmes cardiovasculaires; on pourrait dire le cœur brisé. Louwana Miller était la mère d’Amanda Berry, une des trois jeunes femmes séquestrées de Cleveland. Non seulement Amanda Berry était en vie au moment où Sylvia Browne a eu sa vision, mais elle n’était pas au fond de l’eau, mais bien au fond d’une cave! Que Sylvia se soit trompée n’est pas l’aspect le plus choquant de l’histoire. Ce qui est vraiment choquant, c’est que celle qui s’autoproclame la meilleure médium au monde puisse être aussi insensible et cruelle pour annoncer à une mère en détresse que sa fille est morte, et cela sans aucune preuve à l’appui.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que Sylvia Brown abuse ainsi de la crédulité de personnes qui souffrent de la disparition d’un être cher. En 2003, elle avait affirmé aux parents de Shawn Hornbeck que leur fils de 11 ans était mort et qu’il avait enlevé par un homme très grand, avec des tresses rastas noires, conduisant une berline bleue. Elle avait même précisé où trouver le corps, soit dans une zone boisée au pied de deux grands rochers. Quatre ans plus tard, Shawn Hornbeck a été retrouvé, vivant. Son ravisseur, Michael Devli, était petit, avec des cheveux bruns, et n’avait  jamais adopté le style rasta. De plus, il conduisait un camion blanc.

En d’autres occasions, Sylvia Browne a entretenu l’espoir des parents en leur faisant croire que leur enfant était toujours en vie. Mais, même dans ce cas, elle rajoute un côté sordide. En 1999, la grand-mère d’Opale Jennings était venue la consulter, au sujet de sa petite-fille de six ans, enlevée alors qu’elle se trouvait dans sa cour d’école, au Texas. Browne a assuré qu’Opale n’était pas morte, mais qu’elle avait été emmenée en esclavage au Japon. Les restes d’Opale ne furent découverts qu’en 2003, non pas au Japon, mais près de chez elle. Un pédophile, Richard Lee Franks, l’avait tuée quelques heures après son enlèvement.

Dans le cas Holly Krewson, disparue en 2002, elle avait dit à la mère que sa fille travaillait à Los Angeles comme danseuse dans un club, une prédiction qui amena la famille à faire régulièrement la tournée des clubs de la ville pour essayer de retrouver Holly. L’opération fut sans succès, bien sûr, car Holly était déjà morte depuis six ans au moment de l’interview, bien que son corps n’ait été découvert qu’en 2006.

Après la découverte d’Amanda Berry et des deux autres jeunes femmes, la page Facebook de Sylvia Browne a été inondée de messages l’attaquant pour sa fausse prédiction. Sylvia Brown s’est défendue en insistant sur le fait que seul Dieu ne se trompe jamais. En fait, dans le cas de personnes disparues, on peut dire que Sylvia Browne se trompe toujours. Les chercheurs de CSI (Committee for Skeptikal Inquiry) ont fait une analyse détaillée des 115 cas de personnes disparues que Sylvia Browne a examinés lorsqu’elle était au « Montel Williams Show ». Si l’on compte seulement les 25 cas pour lesquels on sait ce qui est finalement arrivé à la personne, Sylvia Browne s’est trompée 25 fois et a été correcte zéro fois. Ce qui donne un taux de réussite de zéro; bien loin des taux de 87 à 90 pour cent que la médium revendique

Sylvia Browne prétend qu’elle est guidée par Dieu…vraiment? Je dirais que c’est plutôt l’appât du gain. Elle demande 850 dollars pour une consultation de vingt minutes par téléphone. Mais pour les gens qui n’ont pas les moyens, il y a son fils, Chris. D’après Sylvia Browne, il a une prédisposition génétique pour le psychisme et ne demande que 500 dollars. Parlant d’argent : en 1992, Sylvia Browne  et un de ses ex-maris (elle a été mariée cinq fois), Kenzel Brown, ont été reconnus coupables de vol et de fraude en matière de sécurité financière. Avec son talent de médium, on aurait pu penser qu’elle aurait pu prédire que ses affaires allaient mal finir.

Gary Dufresne, un autre de ses ex- maris, raconte dans une interview qu’un jour, il lui a demandé comment elle pouvait raconter de telles histoires aux gens, alors qu’elle savait que ce n’était pas vrai.  Ce à quoi Sylvia Browne aurait répondu : « Qu’ils se fassent voir (screw them); si quelqu’un croit à ce genre d’histoire, il mérite de se faire avoir ». Bien sûr, venant d’un ex-mari, cela pourrait avoir été dit par dépit. Mais comment se fait-il que la meilleure médium américaine ait eu à se marier cinq fois? Elle aurait dû prévoir, avant de s’engager, que le mariage allait échouer.

James Randi, le démystificateur des phénomènes paranormaux, a mis à plusieurs fois Sylvia Brown au défi de participer de son « One Million Dollar Paranormal Challenge ». Ce prix, offert par la James Randi Education Fondation (JREF), offre de payer un million de dollars à quiconque pourra prouver une capacité surnaturelle ou paranormale. Plus d’un millier de personnes ont demandé à relever le défi, mais sans succès. En 2001, Sylvia Brown a annoncé publiquement qu’elle était prête à faire le test, mais, depuis, elle a utilisé toutes sortes d’excuses pour se dérober. En 2007, son assistante Linda Rossi a finalement déclaré à la télévision que Sylvia Brown ne se soumettrait pas au test. Elle a donné comme excuse que Sylvia Brown n’avait rien à prouver à Randi, un athée, alors que Sylvia Brown, elle, reçoit son énergie de Dieu!

Il y a au moins une prédiction de Sylvia Brown pour 2012 qui ne s’est pas réalisée – j’en suis d’ailleurs content! C’est sa prédiction…  que le président Obama ne serait pas réélu.

La saga de l’ADE 651

ADEJames McCormick vient d’être condamné à 10 ans de prison pour fraude, une condamnation qui vient trop tard pour tous ceux qui ont perdu leur vie à cause de l’ADE 651, un faux détecteur de bombes vendu par cet homme d’affaires britannique.

C’est au début des années 2000 que James McCormick commence à faire la promotion d’appareils de détection d’explosifs sous l’acronyme ADE (Advanced Detection Equipment). L’ADE 651 est le plus « perfectionné»  de la série. Il consiste en une antenne orientable attachée par une articulation à une poignée en plastique. L’ADE 651 ne nécessitait aucune source d’électricité extérieure, car, d’après McCormick, le système est alimenté par l’électricité statique de l’opérateur. C’est pourquoi il était nécessaire pour ce dernier de « charger » l’appareil avant de l’utiliser. Une opération très simple qui consistait à se frotter les pieds au sol. Ensuite, après qu’une « carte programmée » ait été insérée dans l’appareil, le dispositif était censé pivoter dans la main de l’utilisateur pour pointer l’antenne dans la direction de la substance cible. Il y avait des cartes pour détecter différents types d’explosifs, mais également de la drogue, des billets de banque, de l’ivoire et même des truffes. La programmation se faisait en plaçant la carte pendant une semaine dans un bocal avec la substance ciblée, ce qui permettait soi-disant à la carte de « capter » les fréquences émises par ces différentes substances. D’après le matériel promotionnel qui accompagnait l’ADE 651, le système était si efficace que la détection pouvait se faire à des distances allant jusqu’à mille mètres, cela même si la substance était protégée par du béton ou des parois de plomb. À partir d’un avion, la portée montait à 5 000 mètres, mais n’était que de 30 mètres sous l’eau.

En fait, au procès de McCormick, il a été révélé qu’il n’y avait aucune composante électronique à l’intérieur de l’ADE 651. Les douilles des câbles attachées au boitier n’étaient pas connectées et les « cartes programmées » n’étaient reliées à rien. James McCormick avait simplement utilisé le coffret d’un détecteur de balles de golf perdues, que l’on peut se procurer pour une vingtaine de dollars aux États-Unis. Il y avait simplement ajouté une antenne et une étiquette affichant ADE 651.

L’ADE 651 a rapporté une fortune à James McCormick. Avec des détecteurs, qu’il vendait jusqu’à 6 000 dollars l’unité, on estime qu’il a amassé des sommes de l’ordre de 85 millions de dollars. En Irak, son plus gros client, uniquement entre 2008 et 2010, James McCormick a vendu 6 000 détecteurs, pour un total de 40 millions de dollars. C’est aussi à cette époque que la fraude y a eu les conséquences les plus désastreuses pour ce pays. L’ADE 651 équipait les forces de sécurité postées aux points de contrôle pour empêcher les attentats-suicides et les attaques à la voiture piégée et, rien qu’à Bagdad, les explosions ont couté la vie à plus de 1 000 personnes.

Bien qu’il soit rapidement devenu évident que les détecteurs étaient inefficaces, les soldats irakiens ont continué à les utiliser. D’admettre leur inutilité aurait révélé l’existence de tout un système de pots de vin associé à leur adoption. Dans une déclaration rapportée par l’AFP, un soldat avait indiqué : « Le dispositif est un échec à 100 pour cent et nous savons cela, mais il nous est imposé, nous ne pouvons pas désobéir aux ordres directs. »

Malheureusement, la saga de l’ADE 651 continue. Paraît-il qu’en dépit de la condamnation de James McCormick, le gouvernement irakien n’a pas pris la peine de retirer ces faux détecteurs de bombe de la circulation.

Ariel Fenster

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