Barbecue: des grillades sécuritaires

barbecueLa grillade sur le barbecue transforme des composés inoffensifs présents dans la viande, tels que des acides aminés et des sucres, en amines hétérocycliques (AH), des composés pouvant causer le cancer chez des animaux de laboratoire. Mais il existe un moyen de minimiser ce risque. En effet, plusieurs études ont mis en évidence que faire mariner la viande réduit la production d’AH de façon significative. Dans une de ces études, les chercheurs ont utilisé des poitrines de poulet. La moitié a été traitée avec une marinade à base de citron, d’huile d’olive et de vinaigre de cidre alors que l’autre moitié a été grillée sans avoir été marinée au préalable. Après 20 minutes sur le barbecue, les concentrations d’AH étaient 100 fois moindres dans la viande marinée. Jusqu’à présent, les chercheurs n’ont pas pu fournir d’explication pour cette observation.

 

Ariel Fenster

 

Maigrir à tout prix à ses risques

Screen Shot 2013-12-03 at 9.23.15 PMLa compagnie française Sanofi-Aventis vient d’annoncer qu’elle suspend son programme de recherche sur Acomplia (rimonabant), son médicament pour perdre du poids. Disponible dans les 18 pays d’Europe depuis 2006, Acomplia avait déjà été retiré du marché le 23 octobre 2008 après que l’Agence européenne d’évaluation des médicaments (EMEA) ait suspendu l’autorisation de commercialisation. L’EMAE avait jugé que les bénéfices d’Acomplia en perte de poids ne valaient pas les risques encourus – troubles dépressifs et idées suicidaires. À l’époque, Sanofi-Aventis avait dit vouloir poursuivre son programme de développement en cours afin d’évaluer le rapport bénéfices/risques d’Acomplia chez les personnes diabétiques ou atteintes de maladies cardiovasculaires.

Cette décision d’arrêter toute recherche sur le médicament survient après que l’entreprise ait investi plusieurs millions de dollars dans ce qui devait représenter une approche innovatrice dans le traitement de l’obésité. En effet, Acomplia agit au niveau des récepteurs endocannabinoïdes, présents au niveau du cerveau, du foie, du tube digestif, des muscles et des cellules adipeuses abdominales, ces mêmes récepteurs qui sont activés par le tétrahydrocannabinol (THC), la molécule psychotrope dans le cannabis. On sait que l’un des effets associés à la consommation de cannabis est une augmentation de l’appétit; les « munchies », comme les fumeurs de cannabis décrivent cet état. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a recours au cannabis pour traiter les personnes souffrant du sida. La maladie empêche ceux-ci d’apprécier leur nourriture. En bloquant les récepteurs endocannabinoïdes, Acomplia réduit l’appétit et donc, l’apport calorique. Mais ces récepteurs jouent aussi un rôle au niveau psychique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les gens fument le cannabis; ils en retirent du plaisir. Donc, il n’est pas étonnant que le fait de bloquer les récepteurs cannabinoïdes engendre des troubles dépressifs allant jusqu’aux idées suicidaires. La compagnie Sanofi-Aventis était bien sûr consciente de ces effets secondaires mais espérait que le rapport bénéfices-risques serait favorable à l’utilisation d’Acomplia.

Or, le sort d’Acomplia a été décidé lorsque la FDA a refusé son autorisation de vente aux États-Unis, en raison des effets secondaires du médicament. Le marché américain est essentiel à la commercialisation d’un médicament pour la perte de poids. Aux États-Unis, plus de 65 % de la population souffre de surpoids, défini par un indice de masse corporelle (IMC)* entre 25 et 29. Le pourcentage de personnes obèses – IMC au dessus de 30 – est de 35 %. En comparaison, au Canada, ces proportions sont de 30 % et 15 % respectivement.

La saga d’Acomplia ressemble à ce qui c’est passé il y a quelques années avec Redux (dexfenfluramine), un autre médicament d’origine française (Laboratoires Servier). Ce produit coupe-faim, qui fait augmenter le niveau de sérotonine, un neurotransmetteur, avait été introduit en Amérique du Nord en 1996, accompagné d’une campagne publicitaire sans précédent. En très peu de temps, le Redux était prescrit à plus de 100 000 personnes par semaine. Mais comme on pouvait s’y attendre, avec une consommation si répandue, les effets secondaires – qui se sont révélés graves – ont rapidement fait leur apparition. Tout d’abord, des cas d’hypertension pulmonaire primaire (HPP), une affection rare mais souvent mortelle, se sont développés. Ensuite – et surtout –, des études ont mis en évidence que Redux (dexfenfluramine) et un autre médicament semblable, Ponderal (fenfluramine), étaient susceptibles d’attaquer et de détruire les valves cardiaques. Les deux médicaments, retirés du marché en 1997, sont soupçonnés d’avoir causé la mort de 123 personnes. Au sommet de leur popularité, plus de 5 millions de Nord-Américains prenaient ces médicaments.

À la suite du retrait du Redux, beaucoup d’Américains se sont tournés vers des produits naturels, que l’on a tendance à percevoir comme moins dangereux. Les plus populaires étaient composés à base d’éphédrine, un alcaloïde dérivé de plantes. Ces préparations, qui étaient en vente libre dans les commerces de produits naturels ou « de santé », furent interdites par la Food and Drug Administration (É.-U.) en 2004 après que l’on ait déterminé qu’elles avaient causé la mort de 155 personnes. Heureusement, la vente de ces produits n’était pas autorisée au Canada.

Il n’existe pas de médicaments miracle pour perdre du poids. Mais pour ceux qui ont cet objectif, la solution n’est pas compliquée : manger moins et faire plus d’exercice physique. C’est d’appliquer ce simple principe qui est difficile!

* L’indice de masse corporelle (IMC) est une mesure utilisée pour déterminer les risques pour la santé associés au poids d’une personne. Il se calcule en divisant le poids (en kg) par la taille (en cm) au carré; i.e. kg/cm2.. Pour la population en général, il est recommandé de maintenir un IMC se situant entre 18 et 24. Pour lutter contre les dangers liés à la maigreur excessive, l’Espagne autorise à défiler seulement les mannequins dont l’indice de masse corporelle est supérieur à 18 (plus de 56 kg pour 1m75).

Ariel Fenster

L’Académie pontificale des sciences bénit les OGM

Screen Shot 2013-12-03 at 9.19.13 PML’Académie pontificale des sciences, bien que peu connue du public, n’en est pas moins prestigieuse. Fondée en 1603, il s’agit de la plus ancienne académie scientifique et celle qui compte, parmi ses 80 membres, le plus grand nombre de Prix Nobel. Elle a pour mandat de conseiller le pontife sur les questions scientifiques d’actualité. Étant donné la notoriété de ses membres, ses prises de position ont un certain impact. C’est pourquoi j’ai appris avec intérêt que le groupe s’est récemment prononcé en faveur du recours aux OGM dans le cadre de la lutte contre la faim dans le monde. À la suite d’une réunion au Vatican, le mois dernier, de plus de 40 experts en la matière , les participants ont publié un document (http://www.AcadémiePontéficalesSciencesOGM.pdf) dans lequel ils soutiennent que les aliments issus de la biotechnologie sont non seulement sécuritaires et salubres mais sont aussi bénéfiques pour l’environnement. Comme on pouvait s’y attendre, cette sortie a soulevé la controverse. Des commentaires publiés dans le dernier numéro du New Scientist (http://www.newscientist.html) à ce sujet sont particulièrement intéressants. Comme c’est souvent le cas, les critiques s’attaquent à la crédibilité des chercheurs et à leurs motivations. De plus, bien qu’il n’ait pas participé aux discussions, le pape lui-même est mis en cause. Il est accusé d’avoir donné sa bénédiction aux OGM parce que les multinationales qui en produisent l’ont « acheté ». C’est un peu exagéré, il me semble. Je ne crois pas que le pape soit à ce point dans le besoin.

Malheureusement, beaucoup d’opposants basent leur jugement non sur les technologies des OGM, mais sur la réputation, justifiée ou non, des compagnies comme Monsanto qui les développent et les mettent en marché. L’une des conclusions du groupe de travail est que cette mise en marché est devenue si compliquée et si coûteuse que ce sont justement ces multinationales, dont le but principal est de maximiser leurs profits, qui ont les ressources nécessaires pour le faire. Et cela, au détriment des populations démunies qui en ont le plus besoin.

Ariel Fenster

 

Les PBDE et l’environnement

environmentLes PBDE (PolyBromoDiphénylÉthers) font beaucoup parler d’eux. Ces produits ignifuges sont ajoutés à une grande variété de produits de consommation pour les rendre moins inflammables et donc plus sécuritaires. Objectif louable, s’il en est un. Malheureusement, l’utilisation des PBDE soulève l’inquiétude car ils se retrouvent en quantités grandissantes dans le corps humain et dans l’environnement. Jusqu’à présent, il n’y a aucune indication que les PBDE soient associés à des problèmes de santé chez l’humain. Certaines études ont noté des changements au niveau du foie et de la thyroïde et du développement du foetus chez des animaux de laboratoires exposés aux PBDE. Toutefois, les doses auxquels ces animaux étaient soumis étaient beaucoup plus élevées que celles auxquelles les humains risquent d’être exposés. À titre de précaution, toutes les variétés de PBDE sont interdites en Europe. En Amérique du Nord, l’industrie à cessé de fabriquer les deux formes de PBDE, le pentaBDE et l’octaBDE, qui sont les plus persistantes dans l’environnement.

La toxicité des PBDE semble diminuer avec le nombre d’atomes de brome. C’est la raison pour laquelle le décaBDE, qui contient 10 atomes de brome, continuent d’être fabriqué alors que ce n’est plus le cas pour le pentaBDE (5 atomes de brome) et l’octaBDE (8 atomes de brome). Il faut noter que de nouvelles recherches démontrent que certaines bactéries du sol peuvent convertir le décaBDE, en penta et octaBDE. L’Europe, et beaucoup d’industries en Amérique du Nord, ont déjà remplacé les PBDE avec d’autres ignifuges à base de phosphates qui ne semblent pas avoir le même impact négatif sur l’environnement. Il est peut être temps d’interdire tous les rejetons de la famille des PBDE.

 Ariel Fenster

Un OGM contre les algues vertes?

Screen Shot 2013-12-03 at 9.11.34 PMLa prolifération d’algues dans les lacs, rivières et régions côtières est un problème majeur pour l’environnement. Leur décomposition requiert de grandes quantités d’oxygène, ce qui entraîne la création de zones « mortes » où la vie aquatique ne peut survivre. D’après un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), il existerait plus de 146 de ces zones mortes à travers le monde, certaines couvrant jusqu’à 70 000 km2. Ces algues en décomposition produisent des gaz toxiques qui peuvent être mortels, comme le sulfure d’hydrogène. C’est ce qui s’est passé l’année dernière en Bretagne lorsqu’un cheval pris dans les algues est mort (son cavalier à été secouru de justesse). Les algues prolifèrent principalement en raison de l’activité agricole et de son utilisation massive d’engrais azotés, surtout ceux d’origine minérale car ils sont très solubles. Quant il pleut, l’azote se répand dans les rivières puis dans les lacs ou la mer. Les problèmes environnementaux qui en résultent ne se limitent pas à la vie aquatique. Lorsque les engrais azotés sont appliqués, seule une portion (25 à 50 pour cent) en est absorbée par les plantes. Le reste est libéré sous la forme d’oxyde nitreux (N2O), un des gaz responsables de l’effet de serre.

Or, voilà que la découverte du Dr Allen Good, de l’Université de l’Alberta, risque de changer tout cela. En 1995, une des étudiantes du laboratoire du docteur Good commit une erreur qui eu un résultat heureux. Elle omit d’ajouter de l’azote à la solution utilisée pour arroser les plants de canola que le Dr Good étudiait. Certains de ces plants avaient été génétiquement modifiés avec un gène d’orge qui produit un enzyme, l’alanine transaminase, une modification qui, selon le Dr Good, devait permettre au canola de mieux résister à la sécheresse. À la surprise du Dr Good, les plants génétiquement modifiés ont continué à se développer, même en l’absence d’azote, alors que les plants du groupe de contrôle ont dépéri. Cette découverte a attiré l’attention d’une compagnie américaine, Arcadia Biosciences, de Davis, en Californie, qui a obtenu du Dr Good la licence pour commercialiser le gène. Ce dernier est maintenant utilisé dans des tests effectués sur le canola, le riz et le blé. D’après la compagnie, les résultats sont plus que prometteurs. Les plants génétiquement modifiés ont besoin de 50 pour cent moins d’azote. Et en utilisant les mêmes quantités d’azote, les rendements de ces plants augmentent de 15 pour cent.

Si les OGM continuent de remplir leurs promesses, leur commercialisation risque d’avoir un impact majeur sur la production alimentaire. La diminution des coûts de production devrait faire baisser les prix des aliments.De plus, elle aura un impact bénéfique sur l’environnement puisque la réduction de l’utilisation d’engrais devrait limiter le développement de ces algues vertes qui « tuent »

Ariel Fenster

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