Un OGM contre les algues vertes?

Screen Shot 2013-12-03 at 9.11.34 PMLa prolifération d’algues dans les lacs, rivières et régions côtières est un problème majeur pour l’environnement. Leur décomposition requiert de grandes quantités d’oxygène, ce qui entraîne la création de zones « mortes » où la vie aquatique ne peut survivre. D’après un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), il existerait plus de 146 de ces zones mortes à travers le monde, certaines couvrant jusqu’à 70 000 km2. Ces algues en décomposition produisent des gaz toxiques qui peuvent être mortels, comme le sulfure d’hydrogène. C’est ce qui s’est passé l’année dernière en Bretagne lorsqu’un cheval pris dans les algues est mort (son cavalier à été secouru de justesse). Les algues prolifèrent principalement en raison de l’activité agricole et de son utilisation massive d’engrais azotés, surtout ceux d’origine minérale car ils sont très solubles. Quant il pleut, l’azote se répand dans les rivières puis dans les lacs ou la mer. Les problèmes environnementaux qui en résultent ne se limitent pas à la vie aquatique. Lorsque les engrais azotés sont appliqués, seule une portion (25 à 50 pour cent) en est absorbée par les plantes. Le reste est libéré sous la forme d’oxyde nitreux (N2O), un des gaz responsables de l’effet de serre.

Or, voilà que la découverte du Dr Allen Good, de l’Université de l’Alberta, risque de changer tout cela. En 1995, une des étudiantes du laboratoire du docteur Good commit une erreur qui eu un résultat heureux. Elle omit d’ajouter de l’azote à la solution utilisée pour arroser les plants de canola que le Dr Good étudiait. Certains de ces plants avaient été génétiquement modifiés avec un gène d’orge qui produit un enzyme, l’alanine transaminase, une modification qui, selon le Dr Good, devait permettre au canola de mieux résister à la sécheresse. À la surprise du Dr Good, les plants génétiquement modifiés ont continué à se développer, même en l’absence d’azote, alors que les plants du groupe de contrôle ont dépéri. Cette découverte a attiré l’attention d’une compagnie américaine, Arcadia Biosciences, de Davis, en Californie, qui a obtenu du Dr Good la licence pour commercialiser le gène. Ce dernier est maintenant utilisé dans des tests effectués sur le canola, le riz et le blé. D’après la compagnie, les résultats sont plus que prometteurs. Les plants génétiquement modifiés ont besoin de 50 pour cent moins d’azote. Et en utilisant les mêmes quantités d’azote, les rendements de ces plants augmentent de 15 pour cent.

Si les OGM continuent de remplir leurs promesses, leur commercialisation risque d’avoir un impact majeur sur la production alimentaire. La diminution des coûts de production devrait faire baisser les prix des aliments.De plus, elle aura un impact bénéfique sur l’environnement puisque la réduction de l’utilisation d’engrais devrait limiter le développement de ces algues vertes qui « tuent »

Ariel Fenster

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