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L’arsenic: poison ou potion?

arsenicUn recours collectif a été intenté aux  États-Unis contre des  producteurs de vin californiens suite à la découverte d’arsenic dans certains de leurs produits, y compris certains populaires au Québec  comme le  “Ménage à trois”. Malheureusement, la nouvelle a été reprise par les médias, sans la soumettre à l’examen critique qu’elle mérite. Les concentrations observées étaient de l’ordre de 10 à 50 parties par milliard qui, d’après les plaignants,  représente jusqu’à cinq fois la dose maximale admise de 10 parties par milliard. Mais cette dose maximale est émise sur la base de la concentration dans l’eau car les États-Unis n’ont pas de normes pour le vin.  Au Canada où il existe une norme pour l’arsenic dans le vin la dose maximale admise est de 100 parties par milliard.  Cette valeur inclut une marge  de sécurité établie à 100 fois la concentration pour laquelle aucun effet toxique n’est  observé. Lorsque les vins californiens  impliqués dans le recours collectif ont été testés par la Société des alcools du Québec (SAQ), les valeurs trouvées étaient toutes dans les normes et, dans certains cas, en dessous des niveaux  de détection, de 10 parties par milliard.  On peut aussi noter que la poursuite a été initiée par un laboratoire, BeverageGrades, qui se spécialise dans l’analyse chimique de boissons alcooliques.  Est-ce que leur motif était uniquement une question de santé publique?  Je dirais que cette affaire est une tempête dans un verre….de vin.

Mais revenons au titre de cette manchette; arsenic poison ou potion? Les deux termes viennent du latin potio boire. La réputation de l’arsenic comme poison n’est plus à démontrer mais des solutions d’arsenic ont aussi été utilisées  comme potions thérapeutiques.

 Il existe deux formes d’arsenic, inorganique et organique. Dans  l’arsenic inorganique ou minéral, qui est particulièrement toxique, les atomes d’arsenic sont combinés à des atomes d’oxygène, de soufre ou de chlore. C’est sous cette forme qu’il était présent dans les vins californiens. Dans  le cas de composés organiques, l’arsenic est attaché à des atomes de carbone. La plupart des composés thérapeutiques à base d’arsenic sont de ce type, y compris le Salvarsan 606,  la première “potion”  efficace contre la syphilis. Son histoire vaut la peine d’être contée.

Paul Ehrlich (1854-1915), le fondateur de la chimiothérapie, savait que des colorants synthétiques avaient la propriété de se fixer de manière préférentielle sur certains agents infectieux.  Cela lui donna l’idée de développer le concept de la ” balle magique”,  une molécule qui pourrait attaquer, et détruire, des bactéries nuisibles  sans affecter le reste de l’organisme.  Il fit appel au Rouge Trypan, un colorant qu’il savait interagir avec la bactérie responsable de la syphilis. La  molécule du Rouge Trypan est caractérisée par la présence d’atomes d’azote dans la structure. Considérant que l’azote et l’arsenic se trouvent dans  la même famille chimique (ci-contre), et que l’arsenic est toxique, Paul  Ehrlich postula  qu’un composé dérivé du Rouge Trypan, mais contenant des atomes d’arsenic à la place de ceux d’azote, devrait causer la destruction des bactéries responsables de la maladie.  Après avoir testé 606 échantillons, Paul Ehrlich tomba sur la bonne structure. Quant au nom, Salvarsan, il vient du latin salva (sécuritaire), arsan pour arsenic,  se traduisant comme arsenic sécuritaire. Le Salvarsan 606 et d’autres dérivés d’arsenic organiques similaires furent jusqu’à l’introduction de la pénicilline dans les années 1940, les seuls traitements disponibles contre les maladies vénériennes.

Ces exemples illustrent, ce que je dis souvent à mes étudiants. Il n’y a pas de composés chimiques toxiques ou non toxiques. Ce qui compte, c’est comment ces composés sont utilisés, et à quelle concentration.

Professeur Ariel Fenster
Organisation pour la science et la société de l’Université McGill
Montréal, Canada (514) 398-2618
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Santé Canada: Une licence pour tromper

marketplaceMarketplace, l’émission pour consommateurs de télévision de langue anglaise CBC, a vraiment marqué un coup avec son émission de la semaine dernière. Intitulée “A licence to deceive” cette émission avait pour but de démontrer que l’obtention d’un permis de mise sur le marché d’un médicament homéopathique auprès de Santé Canada, était essentiellement une formalité vide de sens. Dans ce but l’animatrice Erica Johnson, et son équipe, ont créé de toutes pièces un produit pour enfant, Nighton (ci-contre). Le produit a été soumis à un groupe de discussion dont les membres, des parents, ont particulièrement apprécié l’idée qu’il était “efficace contre la fièvre, la douleur et l’inflammation” et de plus ne causait aucun effet secondaire et, de surcroit, était sans colorants.

Ensuite pour la mise en vente, et pour valider les recommandations inscrites sur l’emballage, il s’est agi d’obtenir de Santé Canada un numéro de médicament homéopathique DIN-HM. La seule chose que Markeplace a eu à faire pour cela a été de se rendre dans une bibliothèque locale, y photocopier deux pages d’une encyclopédie homéopathique publiée en 1902, et de les intégrer au dossier. Cinq mois plus tard Marketplace a reçu l’approbation de Santé Canada. C’est tout: pas besoin de prouver l’efficacité par des essais cliniques, pas besoin de suivi, pas besoin de recherches pour mettre en évidence des interactions possibles. Rien de plus n’était demandé de Nighton avant qu’il puisse se retrouver sur les tablettes d’une pharmacie, parmi d’autre médicaments qui eux, ont eu à se soumettre à des essais rigoureux.

Marketplace n’a pas mis Nighton sur le marché. L’exercice était de simplement démontrer à quel point le système de Santé Canada était inadéquat. Lorsque Marketplace a demandé des explications à Santé Canada pour son laxisme, la défense de l’organisme a été que la législation a pour but de donner des choix aux Canadiens. Je suis tout à fait d’accord d’avoir des choix est important mais ce dont on a besoin c’est d’avoir des choix éclairés. Les acheteurs potentiels de Nighton n’auraient pas été informés que le produit ne contenait aucun ingrédient actif. D’ailleurs lorsque vous réassemblez les lettres de Nighton cela devient Nothing!
Pour sa défense Santé Canada a aussi indiqué que de toute façon les produits homéopathiques sont normalement utilisés pour des affections bénignes. Mais une fièvre d’enfant peut ne pas être bénigne et conduire à des complications si elle est traitée avec un “médicament” qui ne contient “rien”.

Que Santé Canada puisse homologuer des produits qui n’ont aucune efficacité porte atteinte aux consommateurs. Récemment le juge Louis Lacoursière de la Cour supérieure du Québec a rejeté un recours collectif contre le fabricant de produits homéopathiques Boiron Canada, par la firme REO Law et le Center for Inquiry of Canada. Le médicament visé était l’oscillococcinum, qui prétend soigner la grippe avec des extraits dilués de cœur et de foie de canard. La dilution est 200CH, c’est-à-dire 200 dilutions successives par un facteur de cent. La poursuite n’était pas basée sur l’inefficacité du produit, mais le fait qu’il était vendu avec des informations trompeuses. À ces niveaux de dilution il avait peu de chance d’y trouver quelconque reste de foie ou de cœur de canard. Le juge a basé sa décision uniquement sur le fait que Boiron avait obtenu l’approbation de Santé Canada pour la mise sur le marché de leur produit et cela suffisait pour leur défense.

Pour en finir avec l’homéopathie pour cette semaine, je me dois de mentionner cette étude qui devrait, “une fois pour toutes”, clore le débat sur son efficacité. Le Conseil national australien de la recherche en santé et en médecine (NHMRC) a examiné 225 études avec pour seule condition qu’elles aient été menées de manière rigoureuse contre placébo. Les chercheurs, pour ne pas être accusés de biais, ont aussi bien utilisé des études favorables à l’homéopathie que des études défavorables. Le verdict: il n’y aucune indication que l’homéopathie apporte quelconque avantage pour quelconque pathologie que ce soit, en dehors de l’effet placébo. ” Clore le débat une fois pour toutes “…malheureusement j’en doute.
————————————————————————————————————————-Dans le cadre de l’émission, Erica Johnson a fait le test de Mozi-Q, un insectifuge homéopathique offert sous forme de capsule à croquer. Pour les besoins de la cause, l’animatrice a courageusement, introduit successivement son bras droit et son bras gauche dans une cage remplie de moustiques affamés. Cela respectivement avec, et sans ingestion, d’un comprimé de Mozi-Q. Résultat, pas de différence statistique entre les nombre de piqures, en moyenne 77, dans les deux situations. Mozi-Q est approuvé par Santé Canada pour “réduire la fréquence et la sévérité des piqûres d’insecte”. Mozi-Q est en bonne compagnie, parmi les autres produits approuvés par Santé Canada comme étant “efficace et sécuritaire”: eau de mer homéopathique, insuline homéopathique, chloroforme homéopathique et sel de table homéopathique.

 

Professeur Ariel Fenster

Les nosodes-vous connaissez?

E.coliRécemment l’émission de consommateurs de la  chaine anglophone de Radio Canada, “Marketplace” a révélé que certains praticiens de “médecine alternative” suggèrent aux parents  d’utiliser des nosodes à la place de vaccins pour des maladies infantiles telles que la rougeole, la coqueluche  ou la polio.  
Pour ceux d’entre vous pour qui le terme est nouveau,  les nosodes  sont des concoctions homéopathiques préparées à partir de  tissus ou de secrétions d’individus souffrant d’une pathologie que le nosode est sensé prévenir.  Par exemple, le nosode pour se protéger de la polio nécessite  le  liquide céphalorachidien obtenu par ponction lombaire sur des patients atteints de la maladie.  Comme les principes de de l’homéopathie l’exigent  ces extraits sont dilués; dans ce cas particulier  une dilution de 12 CH. C’est-à-dire que chaque dilution se fait par un facteur de cent et que l’opération est répétée 12 fois. Après chaque dilution la solution est “dynamisée”   en la secouant vigoureusement. Heureusement à ces niveaux de dilution, la possibilité qu’il reste dans la solution finale une quantité mesurable de pathogène est essentiellement nulle. 
Mais comme l’a révélé l’émission  “Marketplace”, le danger n’est pas là. En caméra cachée on peut voir les homéopathes recommander les nosodes comme substituts  aux vaccins en affirmant qu’ils offrent un niveau de protection comparable. D’autre part, certains d’entre eux minimisent les dangers de maladies contagieuses comme la rougeole qui pourtant tue plus de 1 000 enfants chaque année à travers le monde. La raison pour laquelle maladies infantiles sont rares aujourd’hui au Canada provient du fait que suffisamment d’enfants sont immunisés pour prévenir la contamination chez ceux qui ne le sont pas. Malheureusement, les craintes injustifiées au sujet d’un lien entre le vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) et  l’autisme ont provoqué  un déclin du taux de vaccination.  Au Canada, dans  certaines communautés jusqu’à 40% des enfants n’ont pas les vaccins requis pour leur âge. D’autre part, les vaccins sont tellement efficaces pour prévenir de sérieuses maladies, comme la polio, que le public a tendance à relativiser les dangers que ces  maladies posent. Lorsque j’étais enfant en France les épidémies de polio étaient courantes et je me souviens combien nous étions pétrifiés à l’idée que nous pourrions en être victime. 
Plus de 150 nosodes sont approuvés à la vente au Canada en tant que préparations homéopathiques. On peut se demander comment il est possible que des produits qui n’ont pas prouvé leur efficacité puissent être approuvés par une instance gouvernementale. Tout simplement parce que contrairement aux médicaments “classiques” les préparations homéopathiques n’ont pas à prouver qu’ils sont efficaces; il est suffisant d’indiquer  qu’ils ont été déjà utilisés en homéopathie.
Santé Canada insiste que les nosodes ne sont pas approuvés comme substituts  et que ceci doit être indiqué par une étiquette d’avertissement sur le produit.  Cela n’a pas l’air d’avoir un grand effet chez les tenants de médecine alternative qui font la promotion de “vaccins homéopathiques, sans produits chimiques”. 
Professeur Ariel Fenster  
Organisation pour la science et la société de l’Université McGill
Montréal, Canada
tel 514 398-2618 

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Koch, Pasteur, une rivalité avec des microbes comme figurants

 Koch & PasteurLes antagonismes entre scientifiques n’est pas quelque chose de rare mais dans le cas de Louis Pasteur (1822-1895) et Robert Koch (1843-1910) cela a été particulièrement virulent.  Il y a plusieurs raisons qui pourraient expliquer l’animosité féroce qui s’est développée entre ces deux fondateurs de la microbiologie. Pasteur était un fervent patriote et ne pardonnait pas aux Allemands d’avoir arraché à la France l’Alsace-Lorraine après la guerre de 1870. Pasteur retourna, en 1871, le doctorat honorifique qu’il avait reçu de l’Université de Bonn. Koch, qui était vingt ans plus jeune que Pasteur, avait servi dans l’armée allemande en tant que médecin, ce qui n’aidait pas.  Pasteur, un fervent de la chimie appliquée n’avait pas la même approche que celle de Koch qui elle, était plus théorique. Mais surtout aucun des deux ne parlait le langage de l’autre ce qui rendait les communications difficiles.

L’intérêt de Louis Pasteur pour les maladies infectieuses découla naturellement de ses travaux démontrant que  la “génération spontanée” n’existe pas si  les germes sont exclus du médium étudié.  Une observation impliquant que la présence de germes est la cause de contamination, et de maladie, et non la conséquence comme on le pensait. Cette découverte, en fin de compte  changea complètement les pratiques médicales de l’époque avec l’introduction de la stérilisation et de l’asepsie.

À partir de 1860 Pasteur étendit son champ d’action pour étudier les liens qui existeraient entre différentes maladies infectieuses et certains microbes. C’est à cette occasion que son parcours croisa celui de Koch. En 1873 ce dernier, grâce des techniques de microscopie innovantes qu’il avait développées, avait observé des structures en forme de bâtonnets dans le sang de moutons qui étaient morts de la maladie du charbon (anthrax en anglais). Après avoir obtenu des cultures pures de bactérie “bacillus anthracis” il les injecta dans des souris saines qui développèrent ensuite malade; la preuve de la relation de cause à effet entre la bactérie et la maladie fut ainsi établie.

Entre 1878 et 1880 Pasteur publia plusieurs articles sur la maladie du charbon en particulier sur le concept d’immunisation. Il démontra qu’il était possible de protéger des moutons de la maladie du charbon en les injectant avec des formes “atténuées” de la bactérie. Un concept développé cent ans plus tôt par Edward Jenner avec son “vaccin” contre la variole. Mais l’idée que l’on pouvait changer la nature d’une bactérie était complètement inacceptable pour Koch. En 1881 lui et ses étudiants publièrent plusieurs articles attaquant violemment Pasteur. Ils l’accusèrent d’avoir utilisé des cultures bactériennes impures et, n’étant pas médecin, d’avoir improprement inoculé les animaux. Entre autre ils y déclarèrent “…au sujet des causes de la maladie du charbon il y a peu de nouveau dans les travaux de Pasteur et ce qui est nouveau est erroné … on peut dire que jusqu’à présent les travaux de Pasteur sur  la maladie du charbon ne valent absolument rien. “

Pasteur répondit en détail aux critiques de Koch au 4ième Congrès international d’hygiène et de démographie qui s’est tenu à Genève en septembre 1882. Koch, auréolé de sa découverte récente du bacille de la tuberculose était au premier rang lorsque Pasteur présenta son discours sur l’atténuation des bactéries. La réaction de Koch fut particulièrement agressive mais cette fois il y avait une raison supplémentaire. Le professeur Lichtheim qui était assis à côté de Koch traduisait au fur et à mesure le discours de Pasteur. Dans son discours Pasteur  avait décrit l’ensemble des travaux de Koch en les présentant comme un “recueil allemand”.  Ce que Lichtheim, ayant mal compris, avait traduit comme “orgueil allemand”!

Pasteur et Koch avaient deux visions différentes sur les moyens nécessaires pour protéger les populations des maladies infectieuses.  Pour Koch cela passait par des mesures d’hygiène rigoureuses alors que Pasteur lui préconisait surtout la vaccination. Avec le recul du temps on peut voir que les deux scientifiques avaient raison. La vaccination a permis de contrôler de multiples maladies comme la variole et la polio; la situation avec l’épidémie d’Ébola qui fait rage en Afrique Occidentale souligne l’importance de l’hygiène…en attendant qu’un vaccin soit développé.

Professeur Ariel Fenster
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Popeye et les épinards

popeyeQui ne connait pas l’histoire de Popeye le marin qui doit sa force aux épinards, un aliment riche en fer. Ce qui est fascinant dans cette histoire c’est qu’en fait elle est basée sur pas une, mais plusieurs idées fausses. Tout d’abord lorsque Elzie Cryler Segar a créé le personnage de bande dessinée dans les années1930 il a choisi les épinards, non par pour son contenu en fer, mais à la demande du gouvernement, pour promouvoir la consommation de légumes en général. Dans aucune des bandes dessinées de l’époque Segar ne fait mention du fer comme étant la source de la force herculéenne de Popeye. Par contre dans plusieurs épisodes Popeye parle de la vitamine A (ci-contre) Les épinards sont riches en béta carotène, le précurseur de la vitamine A.

La réponse est plus mitigée quant à la teneur des épinards en fer. Il est vrai qu’une tasse d’épinards contient 6,5 mg de fer, ce qui est appréciable. Mais les épinards contiennent aussi de l’acide oxalique, un composé qui neutralise le fer et l’empêche d’être absorbé par le corps.

Mais alors d’où vient donc cette idée fausse sur le contenu élevé en fer des épinards? Elle viendrait d’une autre idée fausse qui, elle, serait associée à une faute de frappe. En 1870 le chercheur Allemand Emil von Wolff, dans un article publié sur le contenu en fer des épinards, aurait mal placé la virgule, créditant ainsi les épinards de dix fois plus de fer qu’ils n’en contiennent en réalité. C’est une bonne histoire que l’on retrouve partout sur le web et qui est citée pour illustrer l’importance de vérifier les sources. Le problème c’est qu’il n’y a pas de sources fiables qui supportent la véracité de cette histoire de virgule mal placée !

En 2010, le Dr Mike Sutton, un chercheur de de l’université de Nottingham en Angleterre, frustré du manque d’informations décida d’aller au fond des choses. Le fruit de ses recherches se retrouve dans un article de 34 pages publié dans Internet Journal of Criminology , article qui est un plaisir .à lire. Il nous apprend, entre autre, que malgré tous ses efforts il n’a jamais pu retrouver de traces de l’article en question. De plus, la preuve que cette histoire de virgule mal placée est sans fondement est que pour ses travaux Wolff n’a jamais eu à mesurer le contenu en fer des épinards et donc n’aurait pas pu publier un article à ce sujet. Malgré tout, l’histoire de la virgule mal placée comme étant responsable de l’explosion de la consommation d’épinards, continue à circuler. Mais vous au moins vous connaissez la vérité …grâce aux Manchettes d’Ariel Fenster!

Professeur Ariel Fenster
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La petite histoire des calories

caloriesAujourd’hui la calorie fait partie du langage courant, surtout pour ceux qui cherchent à contrôler leur poids. Mais à la fin du 19 ème siècle la calorie était si peu connue, que dans un article où  le terme était mentionné,  on expliquait comment prononcer le mot ka-lo-ri. 

C’est surtout au chimiste américain Wilbur Atwater (1844-1907) que l’on doit que la calorie soit passée d’un terme de laboratoire, associé aux réactions chimiques, à une des constantes de la nutrition.  Atwater, après avoir obtenu son doctorat en agronomie en 1869 de l’université Yale, avait passé deux ans en Allemagne. C’est là-bas qu’il a commencé à s’intéresser aux valeurs énergétiques de divers aliments. À l’époque la calorie (écrite avec un c minuscule) était surtout associée à l’étude des machines à vapeur. Elle représentait la quantité de chaleur (comme forme d’énergie) requise pour élever la température de 1g d’eau de 0oC à 1oC. Comme l’unité est très petite elle était surtout exprimée en kcal (1 000 calories), qui se définissait alors comme la quantité de chaleur requise pour élever la température de 1kg d’eau de 0oC à 1oC. La calorie nutritionnelle, avec un C  majuscule, elle est l’équivalent d’une  kcal. Ce qui veut dire qu’une part de gâteau à 400 Calories est l’équivalent de 400 000 calories !

Pour Atwater il n’était pas suffisant de déterminer les valeurs en calories des aliments, il voulait aussi connaitre les besoins du corps humain pour différentes activités physiques. Un intérêt associé aux théories de Winslow Taylor (1856-1915) pour améliorer l’efficacité industrielle. Atwater développa un  aspect de cette approche qu’il appela “Nutrition scientifique”. Il s’agissait de déterminer les quantités de nourriture requises par les ouvriers pour accomplir leur tâche. Des mesures qui étaient faites dans des pièces parfaitement isolées, qui agissaient comme des calorimètres géants (ci-contre). Atwater dans ses publications révélait, entre autre, combien de calories, et de grammes de nourriture  étaient requis “par brique” par un maçon pour compléter son travail. Pour les adeptes du Taylorisme les études d’Atwater devaient  permettre aux patrons de “promouvoir la production optimale de briques par employé au moindre coût pour l’employeur.”

Mais ce n’est qu’avec la première guerre mondiale que la calorie quitta les pages des journaux scientifiques pour se retrouver dans le langage courant. Il était important pour l’effort de guerre de ne pas gaspiller la nourriture et on rappelait constamment à la population combien elle se devait “d’économiser les calories. ” Des brochures étaient distribuées décrivant les besoins en calories en fonction de l’âge et du sexe ainsi que le contenu en calories de différents plats.  Manger plus que nécessaire était “antipatriotique”. D’ailleurs beaucoup de restaurants, pour montrer qu’ils participaient à l’effort général, affichaient à côté du prix la teneur calorique de chaque plat.

Jusqu’au début du siècle dernier les canons de la beauté féminine impliquaient, en général, une apparence “ample.”  Il suffit de regarder des tableaux de Rubens pour se rendre compte combien les choses ont changé.  A l’époque, il était commun pour les femmes qui se jugeaient trop minces de dissimuler des coussins sous leurs vêtements pour augmenter leur tour de taille. Mais à partir des années 1920, la silhouette féminine changea complètement. La mode passa de l’ample au filiforme avec une taille inexistante et une poitrine complètement plate (les soutiens-gorge de l’époque étaient plus conçus pour aplatir la poitrine que pour la soutenir).  Un idéal qui demandait des efforts constants de massages, d’exercices, de traitements médicaux mais surtout de contrôle de l’alimentation.

Si le nom de Wilbur Atwater est associé aux principes scientifiques de la calorie, c’est une  femme, Lulu Hunt Peters (1873-1930) qui l’a popularisé dans le cadre de régimes alimentaires. Dans son livre “Diet and Health – With Key to the Calories”, publié  en 1918,  elle explique comment restreindre les calories est le meilleur moyen de se conformer à l’image du jour. Pour elle, ce n’était pas si important ce que l’on mangeait mais le nombre de calories que cela représentait. Une personne de sa taille pouvait manger n’importe quoi dans la mesure où cela se limitait à 1200 calories par jour. Pour elle, maintenir un régime alimentaire, était une forme de maitrise de soi, ce qui cadrait bien avec l’image de la femme libérée des années 1920.

Le livre, qui à l’époque s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires, contient de nombreuses recommandations qui sont toujours valables. Elle suggère de s’abstenir de boire des boissons riches en sucre et surtout de ne pas utiliser de médicaments pour perdre du poids. Un conseil judicieux car beaucoup d’entre eux étaient à base de mercure et d’arsenic. Le livre est disponible sur le web et cela vaut la peine d’y jeter un coup d’œil pour se rendre compte que les choses n’ont pas tellement changé  depuis 1918.

Professeur Ariel Fenster
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La première guerre mondiale et le tabagisme

guerre«Si vous me demandez ce dont nous avons besoin pour gagner cette guerre; je réponds, du tabac autant que des balles “. C’est ainsi que le général John Pershing, commandant du corps expéditionnaire américain répond en 1917 à Washington. Une illustration du rôle que jouait le tabac dans la vie du soldat pour lui permettre de supporter l’enfer des tranchées

Lorsqu’on parle des millions de morts de la première guerre mondiale cela ne tient  pas compte de tous ceux qui sont décédées subséquemment à cause du tabagisme acquis justement dans les tranchés. Tabagisme associé entre autre au développement de l’usage de la  cigarette.

La cigarette a été découverte par les soldats français et anglais pendant a guerre de Crimée (1853-1856). Ils  y combattaient, aux côté des Turcs , les Russes. Les Turcs  avait l’habitude fumer leur tabac enroulé dans du papier et en transmirent le gout à leurs alliés*. Pourtant au début de la première guerre mondiale la plupart des soldats, surtout le “poilus” français, continuaient à fumer la pipe, moins chère d’utilisation que la cigarette.

Très rapidement la vie dans les tranchées changea la situation et amena au remplacement de la pipe par les cigarettes. Le fumeur de pipe devait  garder sa ration de tabac au sec ce qui n’était pas évident  dans les tranchées humides des Flandres. La pipe doit souvent être rallumée, pas très pratique et potentiellement dangereux, surtout la nuit lorsque cela peut attirer l’attention de l’ennemi en face. Finalement cela prend moins de temps de fumer une cigarette, un aspect important pour un soldat qui peut être amené à se déplacer très rapidement sous le feu ennemi.

Non seulement  les cigarettes faisait partie de la ration des soldats mais les compagnies de tabac encourageaient les familles, et les organismes sociaux, à envoyer des cigarettes aux soldats**.  Les compagnes de tabac se faisaient une lutte acharnée pour avoir une part de ce marché lucratif développant des techniques de marketing qui leur rendirent grand service par la suite.

Non seulement la guerre amena une augmentation dans la consommation de tabac mais aussi dans la manière de le fumer. Alors que le tabac pour pipe était trop irritant pour inhaler, ce  n’était pas le cas du tabac à cigarette beaucoup plus doux. Il pouvait être aspiré dans les poumons avec les effets nocifs en conséquence. Avant la première guerre mondiale le cancer du poumon était une maladie extrêmement rare en Amérique du Nord. Elle touchait moins de 400 personnes par an (surtout des ramoneurs). Aujourd’hui c’est de l’ordre de 150,000.

La première guerre mondiale encouragea aussi les femmes à fumer. De fumer la pipe aurait été  trop “macho” pour une femme à l’époque.  Mais les femmes voyant leur mari fumer des cigarettes à leur retour du front  décidèrent que cela leur convenait aussi. Les compagnies de tabac accélérèrent le mouvement  en lançant des campagnes de publicité ciblant les femmes en particulier. Phillip Morris en particulier fit la promotion de leur marque “Marlboro” comme des “cigarettes pour les femmes”.

Les chiffres soulignent l’impact de la première guerre mondiale sur le tabagisme. Avant le conflit la consommation de cigarettes aux États-Unis étaient de 151 cigarettes par an et par personne. Après la guerre elle a plus que triplé pour passer 477.

Pour terminer je voudrais commenter la photo qui illustre cette manchette. Il s’agit d’un soldat allemand donnant tu feu à un soldat britannique. La photo a été prise le 25 décembre 1914 durant la fameuse “trêve de Noël”***. Pendant  quelques heures les soldats des deux bords ont arrêté de se battre et on fraternisé. Malheureusement cela n’est arrivé qu’une fois pendant tout la guerre, mais sur cette photo cela s’est fait autour d’une cigarette.

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*C’est de la guerre de Crimée que vient l’idée que cela porte malchance d’allumer trois cigarettes avec la même flamme. La guerre de Crimée était déjà une guerre ou les ennemis se faisaient face dans des tranchées. A la première cigarette le soldat en face vous remarquait, à la deuxième il visait et à la troisième…

** Étrange  mais vrai,  le YMCA avait engagé un chien, surnommé “Dobut”, pour parcourir les tranchées  avec  des paquets cigarettes attachées au corps  pour les distribuer aux soldats. http://www.freewebs.com/cigpack/cigarettesmokingwwi.htm

*** Le très beau film “Joyeux Noël” est basé sur cette histoire.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joyeux_No%C3%ABl_(film)

Professeur Ariel Fenster
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Cold-fX: La science derrière le marketing

Screen Shot 2014-01-16 at 9.44.05 PMNous espérons tous que nos athlètes vont faire exceptionnellement bonne figure aux Jeux de Vancouver. Ce qui est déjà certain, c’est que Cold-fX ®, « le remède officiel » contre le rhume et la grippe aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver 2010 est en train de battre tous les records de marketing (Cold-fX marketing). Mais on peut se demander si, au-delà du battage publicitaire, Cold-fX, le médicament contre le rhume le plus vendu au Canada, est aussi efficace que la publicité le prétend?

Cold-fX est fabriqué à base de ginseng américain (Panax quinquefolium), une plante qui, au fil du temps, a été utilisée pour traiter divers problèmes médicaux. D’ailleurs, panax, en latin, signifie « guérit tout », ce qui nous a donné le terme panacée. Mais aujourd’hui, ses partisans en font souvent la promotion comme stimulant du système immunitaire. Il s’agit d’une prétention qui est n’est pas soutenue par des études scientifiques rigoureuses. De telles études sont difficiles à réaliser car même si les scientifiques ont une bonne idée des principes actifs du ginseng, leur concentration peut varier d’un échantillon à un autre, ce qui rend difficile toute forme de standardisation et d’étude.

C’est justement pour cela que le travail de recherche de CV Technologies, la compagnie qui a développé Cold-FX, mérite d’être souligné. CV Technologies aurait pu tout simplement demander l’approbation de Cold-fX par Santé Canada à titre de produit de santé naturel. Sous cette rubrique, le fabriquant n’a pas besoin de prouver l’efficacité du produit mais simplement qu’il a des antécédents dans la pharmacopée traditionnelle et qu’il ne présente pas de danger pour le public. CV Technologies a toutefois développé une méthode afin de standardiser son produit au niveau des polysaccharides et ginsenosides, qui en seraient les principes actifs. Cela, afin d’obtenir la constance nécessaire aux études scientifiques que le fabriquant a réalisées par la suite. Les publicités de Cold-fX mentionnent plusieurs études mais une seule d’entre elles mérite que l’on s’y attache, celle publiée en 2005 dans le Canadian Medical Journal. Cette étude, réalisée en double aveugle et avec placebo, a permis à la compagnie d’obtenir l’autorisation de Santé Canada pour déclarer que le produit “…aide à diminuer la fréquence, la gravité ainsi que la durée des symptômes du rhume et de la grippe en stimulant le système immunitaire”. Or, bien que l’affirmation ne soit pas fausse, sa portée est exagérée.

Les chercheurs de l’étude en question ont eu recours à 279 volontaires en bonne santé qu’ils ont suivis pendant quatre mois. Environ la moitié d’entre eux, soit 130, ont pris deux capsules de Cold-fX (400 mg) par jour alors que les autres, 149 personnes, recevaient un placebo. La seule conclusion significative de l’étude est que les personnes du groupe prenant Cold-fX ont moins souffert de rhumes de façon récurrente. De façon absolue, ce même groupe a moins souffert de rhumes mais la différence n’a été que de 0,25 rhume de moins par personne, et cela, sur une période de 4 mois. Le groupe prenant Cold-fX disait avoir moins de symptômes et jugeait que leurs rhumes duraient moins longtemps. Mais là encore, les différences sont statistiquement minimes, de l’ordre de 1,3 et 1,6 pour cent. On peut trouver une très bonne analyse des études de Cold-fX à: www.ottawaskeptics.org

Il reste que Cold-fX ne cause aucun effet secondaire, même lorsque l’on consomme le produit pendant quatre mois d’affilée. Du point de vue de son efficacité, Cold-fX à des effets positifs mais relativement minimes au niveau de la prévention du rhume. Aucune étude ne permet de conclure que Cold-fX peut arrêter le développement d’un rhume une fois qu’il s’est déclaré. Mais il y a un prix à payer pour cet effet préventif. Si Cold-fX permet de diminuer le risque de développer un rhume de 0,25, une personne devrait prendre le produit pendant quatre saisons pour éviter un seul rhume. À deux capsules par jour, le coût approximatif de cette mesure de prévention s’élève à…400 dollars.

Il existe une méthode que l’on sait être très efficace, qui ne coûte presque rien et qui n’a aucun effet secondaire connu…se laver les mains régulièrement.

Ariel Fenster

Après les saumons modifiés génétiquement, du bacon « vert » ?

boy&pig
On connaît déjà le maïs, le soja et le canola génétiquement modifiés. Si la tendance se poursuit, ce sont des animaux dérivés de la science génétique qui risquent de se retrouver bientôt dans nos assiettes. Deux espèces en particulier pourraient bientôt apparaître sur le marché.

Dans le cas du saumon, il a été modifié génétiquement pour accélérer sa croissance. Développés par la firme américaine AquaBounty, ces saumons de l’Atlantique* – baptisés AquAdvantage – ont reçu des gènes d’autres espèces de poisson. Ce procédé leur permet d’atteindre l’âge adulte deux fois plus rapidement que les saumons ordinaires. L’automne dernier, la Food and Drug Administration (FDA) a tenu des audiences au sujet de la pertinence d’introduire ces saumons sur le marché. Mais avant même d’émettre une décision finale, la FDA a indiqué par voie de communiqué qu’elle ne voyait aucune objection à cette idée. D’après elle, la consommation de saumons génétiquement modifiés « …n’est pas préjudiciable à la santé. » Or, ce n’est pas l’avis de Mark Begich et Lisa Murkowski, deux sénateurs américains qui viennent de présenter un projet de loi qui empêcherait l’introduction sur le marché des saumons AquAdvantage, même dans le cas d’une approbation par la FDA. On peut penser que leur démarche n’est pas complètement désintéressée car il s’agit de deux sénateurs de l’Alaska. La mise sur le marché de ces saumons d’élevage, dont la production est moins dispendieuse, risque d’avoir un impact négatif important sur l’industrie de la pêche de cet État.

Pour le producteur AquaBounty, l’avantage de mettre en marché les saumons AquAdvantage est surtout économique. Or, la modification génétique peut aussi avoir un objectif environnemental, comme c’est le cas de l’Enviropig, un porc génétiquement modifié développé à l’Université de Guelph afin de réduire le rejet de phosphore de l’animal. Le phosphore que consomme le porc – et qui représente un élément essentiel à sa croissance – provient des céréales qu’il ingère. Les céréales contiennent ce qu’on appelle des phytates qui, une fois ingérés par l’animal, libèrent le phosphore présent. Un processus rendu possible grâce à une enzyme appelée « phytase ». Malheureusement, les quantités de phytase présentes sont insuffisantes pour que le porc absorbe tout le phosphore. Ce dernier se retrouve ainsi dans ses excréments et donc dans l’environnement. Ensuite il s’introduit dans les cours d’eau où il stimule la croissance d’algues. Quand celles-ci se dégradent, cela demande de grandes quantités d’oxygène ce qui nuit à la survie des autres espèces.

Pour contrer ce problème, des scientifiques de l’Université de Guelph ont modifié les gènes de l’Enviropig avec des gènes de souris. Ceci a eu pour effet d’accroitre la production de phytase par les glandes salivaires du porc. Il en résulte une augmentation significative de l’absorption du phosphore, réduisant ainsi son rejet dans l’environnement. D’après les données des chercheurs, cette diminution est de l’ordre de 30 à 65 % par rapport aux variétés de porc conventionnelles. Il existe aussi un argument économique à recourir à ces porcs « bons pour l’environnement » puisque les producteurs de porc ajoutent actuellement des phytates, supplémenté de phytase à la nourriture des animaux. Dans le cas du porc modifié génétiquement, cette pratique devient inutile ce qui réduit les couts de production.

Environnement Canada a déjà autorisé la production des ces porcs « verts » en concluant que le processus ne représentait pas de danger pour l’environnement. Il reste à savoir si Santé Canada va aussi émettre l’avis favorable nécessaire avant que l’on retrouve l’Enviropig dans nos assiettes. Le cas échéant, il sera intéressant de voir si les consommateurs seront prêts à adopter la consommation de porcs « écologiques » avec autant d’enthousiasme que les voitures hybrides, par exemple.

——————————————————————————————————- * Il est intéressant de noter que la plupart des saumons, dits de l’Atlantique, qui se retrouvent dans nos assiettes ne proviennent pas de l’Atlantique. Le terme décrit la variété plutôt que l’origine géographique. Les populations de saumons sauvages de l’Atlantique ont été complètement décimées. Ils représentent moins de 0,5 % du “Saumon de l’Atlantique” disponible sur le marché Canadien. La grande majorité provient des côtes du Pacifique; principalement de la Colombie-Britannique et du Chili…. et des vaches « vertes » ?

Les Enviropigs ne représentent pas le premier exemple de recherche cherchant à minimiser l’impact environnemental de certains élevages. Les vaches produisent par leur haleine de grandes quantités de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le gaz carbonique. Une vache émet en moyenne 100 kilos de méthane par année, ce qui est relativement peu, mais avec plus d’un milliard de vaches et autres bovins similaires dans le monde, ces quantités sont énormes au niveau planétaire. Les kangourous, qui sont eux aussi des ruminants, ont la particularité d’émettre d’autres gaz qui n’ont pas le même impact négatif sur l’environnement. Des chercheurs australiens essaient actuellement de trouver un moyen de transférer les bactéries écologiques à l’œuvre chez les kangourous pour qu’elles fassent leur travail dans l’estomac des vaches. Comme ces bactéries n’ont même pas encore été identifiées, on peut imaginer que cela sera un programme… de longue haleine!

Ariel Fenster

Barbecue: des grillades sécuritaires

barbecueLa grillade sur le barbecue transforme des composés inoffensifs présents dans la viande, tels que des acides aminés et des sucres, en amines hétérocycliques (AH), des composés pouvant causer le cancer chez des animaux de laboratoire. Mais il existe un moyen de minimiser ce risque. En effet, plusieurs études ont mis en évidence que faire mariner la viande réduit la production d’AH de façon significative. Dans une de ces études, les chercheurs ont utilisé des poitrines de poulet. La moitié a été traitée avec une marinade à base de citron, d’huile d’olive et de vinaigre de cidre alors que l’autre moitié a été grillée sans avoir été marinée au préalable. Après 20 minutes sur le barbecue, les concentrations d’AH étaient 100 fois moindres dans la viande marinée. Jusqu’à présent, les chercheurs n’ont pas pu fournir d’explication pour cette observation.

 

Ariel Fenster

 

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