De la singularité et de la permanence des empreintes digitales

FingerprintAvez-vous entendu parler de l’histoire de Hans Galassi? Au mois de juin dernier, ce résident de l’Idaho a perdu quatre doigts dans un accident de planche nautique (wakeboarding). Imaginez la surprise de deux pécheurs quand, trois mois plus tard, ils ont retrouvé un de ces doigts dans une truite qu’ils venaient d’attraper. Ils ont apporté le doigt au shérif local et, le plus extraordinaire, c’est que les empreintes digitales étaient encore suffisamment en bon état pour identifier leur propriétaire.

Les empreintes digitales sont partiellement déterminées par le génome, mais dépendent aussi de la position et de l’environnement du fœtus dans l’utérus. C’est pourquoi, chez les vrais jumeaux dont le profil d’ADN est le même, les empreintes digitales sont différentes. Il en est de même pour la population en général. Il existe, pour les mêmes doigts, de légères différences entre les empreintes de la main gauche et celles de la main droite.

Les chances que deux individus aient les mêmes empreintes digitales sont extrêmement faibles, de l’ordre d’une sur 64 milliards. Depuis leur introduction, à des fins d’identification, il y a plus de cent ans, il n’y pas encore eu un seul cas de deux individus ayant des empreintes digitales identiques. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’erreurs possibles. Car si les empreintes sont différentes, leur analyse, elle, dépend de la fiabilité humaine.

Parmi les erreurs marquantes, il y a le cas de Brandon Mayfield, un avocat de l’Oregon. En se fondant sur les empreintes digitales, le FBI avait déclaré qu’il était « 100 % certain » que Mayfield avait participé à l’attentat terroriste de Madrid, en 2004, où des bombes déposées dans des trains avaient fait 173 morts. Ce n’est que lorsque les autorités espagnoles ont associé les empreintes à un autre individu se trouvant, lui, en Espagne, que le FBI a finalement admis qu’il s’était trompé.

Les crêtes papillaires qui donnent naissance aux empreintes ne sont pas seulement présentes sur les doigts. On les retrouve aussi sur les paumes, ainsi que sur les orteils et la paume des pieds. Ces crêtes restent avec nous toute la vie et, en conséquence, il en est de même pour les empreintes qu’elles expriment.  Le détail des empreintes peut s’estomper chez les individus, notamment chez les maçons, à cause de l’effet abrasif des briques. Mais le dessin revient avec le temps, dès que l’activité cesse.

Dans le cas d’altérations délibérées, ce sont souvent des éléments criminels qui les pratiquent.  Le gangster John Dillinger avait brûlé ses doigts avec de l’acide, mais, avec le temps, la peau avait repoussé, donnant le même tracé des crêtes. Un autre, Roscoe Pitts, avait greffé la peau de sa poitrine sur ses doigts. Manque de chance pour lui, il a été identifié par l’empreinte de ses paumes.

Maintenant que de plus en plus de postes frontaliers sont équipés de lecteurs automatiques d’empreintes digitales, ce sont surtout les illégaux qui cherchent à changer leur apparence.  Bien que les modifications puissent être détectées relativement facilement par l’œil des spécialistes, en général, ce n’est pas le cas avec les systèmes de lecture automatique. En particulier dans les cas de  transplantations. Il s’agit, par exemple, de transférer les empreintes entre différents doigts de la main ou même entre les doigts et les orteils.

La présence d’empreintes digitales est une des caractéristiques humaines, mais il existe certains individus chez qui elles ont absentes. Il s’agit d’un problème médical très rare appelé l’adermatoglyphie. Chez les personnes affectées, la peau des doigts, des paumes et de la plante des pieds est complètement lisse. Causée par un défaut génétique, la condition est aussi connue sous le terme « immigration delay disease », à cause des problèmes qu’elle engendre pour passer les frontières. Les agents d’immigration sont complètement perdus lorsqu’ils n’ont pas d’empreintes digitales à vérifier!

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