Un voleur identifié par… un moustique

Voici maintenant une histoire qui mérite sa place dans l’émission policière CSI. La police finlandaise pense avoir identifié un voleur de voitures à partir d’un échantillon d’ADN prélevé sur un moustique qu’ils ont trouvé dans une voiture abandonnée. Ayant remarqué que le moustique avait récemment aspiré du sang, la police l’a envoyé au laboratoire pour analyse. Les résultats ont indiqué que l’ADN prélevé sur le moustique concordait parfaitement avec celui d’un individu fiché par la police. Le suspect s’est déclaré innocent du vol de la voiture. Il a admis s’être effectivement trouvé dans la voiture en question mais parce qu’il faisait de l’auto-stop. La cause est présentement devant les tribunaux. Je vous tiendrai au courant de la suite.

 

Ariel Fenster

L’ADN des vrais jumeaux

Il va falloir que je révise mon cours de police scientifique. Lorsque je parle des tests D’ADN, j’insiste sur le fait que chacun des six milliards d’individus sur terre a un profil génétique qui lui est propre et que les seules exceptions sont les vrais jumeaux. Ceux-ci, appelés jumeaux homozygotes (du grec homo pareil et zugotos paire), proviennent de la fécondation d’un même ovule et leur patrimoine génétique est donc identique*. Dans une étude récemment publiée dans The American Journal of Human

Genetics, des chercheurs ont montré que ce n’est pas entièrement vrai. Ils ont mis en évidence l’existence de subtiles différences dans la structure de leur ADN. Différences qui seraient à l’origine du fait que, par exemple, un jumeau peut contracter une maladie à composante héréditaire, telle que la maladie de Parkinson, et l’autre avec le même bagage génétique est épargné. Jusqu’à présent, cette situation était attribuée à ce qu’on appelle les facteurs épigénétiques. Ces marqueurs chimiques qui s’attachent aux gènes et qui touchent la manière par laquelle ceux-ci s’expriment, bloquant leur action dans certains cas, ou augmentant leur effet dans d’autres instances. Les marqueurs épigénétiques varient énormément d’une personne à l’autre. Les jumeaux homozygotes étaient tout de même considérés comme étant génétiquement identiques car si l’expression du gène est différente sa séquence reste la même. L’étude publiée dans The American Journal of Human Genetics contredit cette notion. Les chercheurs ont examiné les gènes de dix couples de jumeaux homozygotes y compris neuf où un des jumeaux souffrait de démence, ou de la maladie de Parkinson, et l’autre pas. Alors qu’ils s’attendaient à trouver des différences uniquement dans les facteurs épigénétiques, leur étude a révélé des changements avec les gènes eux- mêmes. Ils ont observé des variations dans ce qui est appelé le nombre de copies ou «CNV» (copy number variations). Les CNV sont des régions où un gène peut, comme le terme l’indique, être répété plusieurs fois. Il s’agit d’un phénomène qui jouerait un rôle dans le développement de certaines maladies héréditaires. La comparaison du génome de jumeaux où l’un a une maladie et l’autre pas, ainsi que l’identification de CNV, devraient permettre aux scientifiques de trouver plus facilement les gènes responsables. En attendant, les professeurs de biologie vont devoir changer leurs cours eux aussi. Répétez après moi…. «Les profils d’ADN de vrais jumeaux ne sont pas identiques!»

*Les vrais jumeaux vont exhiber le même profil D’ADN mais vont avoir des empreintes digitales différentes. Celles-ci se forment durant la période de gestation et dépendent de l’environnement spécifique à chacun des embryons dans l’utérus.

Ariel Fenster
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