Du bienfait des bains de soleil…pour les insectes

InsectesUn groupe de chercheurs dirigé par Joseph Schwarz, de l’Université Simon Fraser, a découvert pourquoi les insectes Boisea rubrolineata, une variété de punaises qu’on retrouve à l’ouest des Rocheuses, aiment se prélasser au soleil. C’est pour se garder en santé.

Les insectes Boisea rubrolineata sont considérés par beaucoup comme des nuisances, en particulier à l’automne, quand ils envahissent des maisons par milliers pour y hiverner au chaud. On les retrouve surtout groupés sur les surfaces ensoleillées. C’est cet aspect de leur comportement qui vient d’être élucidé par les scientifiques de Simon Fraser dans un article publié dans Entomologia Experimentalis et Applicata.

Les insectes Boisea rubrolineata émettent des produits chimiques très odorants. L’hypothèse était que ces composés, de la famille des monoterpènes, étaient produits comme moyen de défense ou bien pour la reproduction. Dans ce dernier cas, ces produits servent de phéromone pour attirer le sexe opposé. En fait, l’article révèle que ces molécules, émises pas des glandes situées à l’arrière de l’insecte, ne jouent aucun de ces deux rôles. Il semblerait qu’elles aient un rôle prophylactique. En frottant leurs pattes contre les glandes productrices, les punaises libèrent les monoterpènes. Grâce à leurs propriétés antimicrobiennes, les molécules détruisent les pathogènes fongiques présents à la surface des feuilles dont se nourrissent les insectes.

Ce que cette étude révèle de particulièrement remarquable, c’est que ces monoterpènes sont seulement produits lorsque les insectes s’exposent au soleil. Il semblerait que l’énergie solaire soit nécessaire à la biosynthèse des monoterpènes. Il s’agit d’un exemple parmi tant d’autres du rôle essentiel du soleil sur notre planète.

La chimie des autobronzants

Spray tanPour ceux qui sont conscients des dangers associés à l’exposition prolongée au soleil, il y a les autobronzants. Ce sont ces produits que l’on applique sur la peau et qui nous donnent, en plein hiver, l’apparence de débarquer de Floride. On peut discuter de leur utilité mais un de leurs avantages est qu’ils sont particulièrement inoffensifs. D’ailleurs, leur principe actif, la dihydroxyacétone (DHA), est également un des intermédiaires du processus de la glycolyse, essentiel à la vie. C’est en étudiant, dans les années 1950, l’utilisation de la DHA pour traiter des enfants souffrant de glycogénose, une maladie génétique qui affecte ce processus, que les propriétés «bronzantes» de la molécule ont été découvertes accidentellement. Les jeunes patients recevaient de très larges doses de DHA et les recrachaient souvent. À la surprise des chercheurs, quand le liquide atterrissait sur la peau, il laissait une tache brune s’il n’était pas nettoyé immédiatement. Très rapidement, ils ont trouvé l’explication: la réaction de Maillard. Celle-ci, qui est en fait un ensemble complexe de réactions, commence quand des sucres réagissent avec des acides aminés. La réaction de Maillard joue un rôle primordial dans la cuisine car elle est à l’origine de la couleur et de la saveur de beaucoup de nos aliments. Nous lui devons l’arôme du café, le goût du pain grillé et le plaisir de frites bien dorées. Dans le cas des autobronzants, la DHA, un simple sucre, réagit avec les acides aminés libres, tel que la lysine, présents dans la couche cornée de notre peau. Les pigments bruns appelés mélanoïdines qui en résultent sont les mêmes qui sont produits quand on fait rôtir de la viande ou du pain. La différence est qu’avec la DHA la réaction se fait à la température ambiante et que l’on a pas besoin de se mettre au four pour changer de couleur.

Blog authors are solely responsible for the content of the blogs listed in the directory. Neither the content of these blogs, nor the links to other web sites, are screened, approved, reviewed or endorsed by McGill University. The text and other material on these blogs are the opinion of the specific author and are not statements of advice, opinion, or information of McGill.