Du lait zéro déchet?

Récemment, l’industrie laitière n’a pas la cote dans les médias que ce soit au niveau des changements climatiques ou bien du nouveau guide alimentaire. Il semble que plusieurs enjeux attendent les producteurs laitiers. Un autre problème lié au secteur alimentaire est la pollution causée par l’emballage de produits avec des plastiques à usage unique. Ce plastique, recyclé à seulement 11% au Canada, se retrouve enfoui ou dans les océans pour être ensuite dégradé en micro-plastiques (Chung, 2018). Ces particules absorbent des contaminants qui peuvent alors être ingérés par des animaux marins (Galgani et al., 2011). Pourtant, les produits comme les légumes et le lait de consommation sont fréquemment emballés dans du plastique à usage unique et contribuent à cette pollution. Il existe cependant des solutions.

Vache laitière Holstein

Quelques alternatives font leur apparition au Québec afin que les consommateurs puissent réduire leur empreinte écologique et leur consommation de plastique. De ce fait, le mouvement zéro déchet est de plus en plus populaire : il s’agit d’utiliser ces propres contenants pour emballer les produits alimentaires au lieu des emballages à usage unique (Association Québécoise Zéro Déchet, 2019). Même si le lait de consommation reste pour l’instant minime dans les épiceries zéro déchet, il est possible qu’il soit vendu en vrac. En fait, depuis peu au Québec, quelques épiceries offrent du lait en vrac à ces consommateurs. Ceux-ci peuvent venir avec leurs bouteilles et les remplir eux-mêmes au distributeur de lait. De cette façon le lait n’est pas emballé dans des sacs de plastiques (Radio-Canada, 2018; Venne, 2018). De plus, il semble que les épiceries soient en mesure d’offrir le lait au même prix ou même légèrement moins cher que celui offert en épicerie. Les consommateurs peuvent également acheter la quantité réelle dont ils ont besoin et éviter ainsi le gaspillage alimentaire. Vendre du lait en vrac ne vient pas sans défis. En effet, il faut l’équipement approprié pour conserver le lait de cette façon pendant quelques jours en plus de devoir posséder des permis pour la vente du lait selon un article de Radio-Canada (2018). La salubrité doit être prioritaire pour éviter que des bactéries ne se développent dans le lait. De plus, les épiceries semblent pour l’instant faire affaire avec des laiteries locales pour s’assurer que le lait soit livré dans des réservoirs et non des contenants individuels (Venne, 2018). Ce modèle de vente se rapproche d’un existant depuis quelques années en France: les machines distributrices de lait cru. En fait, des producteurs acheminent des réservoirs de lait à ces machines et les consommateurs peuvent y aller pour remplir leur bouteille directement (Dupuis, 2018).

Pour le moment, les produits laitiers sont bien souvent marginaux dans les épiceries zéro déchet. Certains producteurs et laiteries locales ont choisi de commercialiser et d’emballer eux-mêmes leur lait de consommation dans des bouteilles en verres au lieu du plastique et du carton (Guindon, 2019). Ces bouteilles ont plusieurs avantages. D’une part, elles n’altèrent pas le goût du lait comme cela semble être le cas avec les emballages habituels (Glass Packaging Institute, 2019; La Pinte, 2019). D’autre part, elles permettent de réduire la quantité de déchets liés à la consommation du lait et l’utilisation d’emballages polluants puisqu’elles peuvent être consignées et réutilisées à de maintes reprises. Un défi de cette méthode demeure pour l’instant le prix associé au lait vendu en bouteille. En effet, malgré la possibilité de remboursement avec la consigne des bouteilles, les prix restent plus élevés que le lait emballé de façon conventionnelle (Hallé, 2016). Cela pourrait inciter les consommateurs qui ne sont pas capables de payer plus cher à acheter le lait dans les emballages habituels.

En somme, dans un monde changeant où les producteurs laitiers doivent s’adapter à la demande des consommateurs qui veulent acheter leurs produits de manière responsable, il semble que vendre le lait embouteillé dans du verre ou en vrac soient des opportunités à ne pas manquer.

 

Références

Association Québécoise Zéro Déchet. 2019. Le zéro déchet, c’est quoi? https://mycourses2.mcgill.ca/d2l/le/content/372579/viewContent/4150587/View (accédé le 10 février 2019). Association Québécoise Zéro Déchet. Montréal, QC.

Chung, E. 2018. Industry wants zero plastic packaging in Canada’s landfills by 2040. CBC News. Ottawa, ON.

Dupuis, L. 2018. Des distributeurs automatiques de fruits et légumes fleurissent devant les fermes. RTBF. Bruxelles, Belgique.

Galgani, F., G. Gerdts et G. Hanke. 2011. Microplastics in oceans. Marine Pollution Bulletin. 62: 1589-1591.

Glass Packaging Institute. 2019. Benefits of glass packaging. http://www.gpi.org/learn-about-glass/benefits-glass-packaging (accédé le 10 février 2019). Glass Packaging Institute. Arlington, VA.

Guindon, M. 2019. Lait, yogourts et fromage produits à St-Félix. Le citoyen Val-d’Or Amos. Val-d’Or, QC.

Hallé, S. 2016. Retour du lait dans les bouteilles en verre. TVA Nouvelles. Estrie, QC.

La Pinte. 2019. Pourquoi une bouteille en verre? http://lapinte.ca/a-propos/ (accédé le 10 février 2019). La Pinte. Ayer’s Cliff, QC.

Radio-Canada. 2018. Du lait, du poisson et du fromage en vrac : des commerces en font plus pour réduire les déchets. Radio-Canada. Estrie, QC.

Venne, J.-F. 2018. Objectif zéro déchet. Le Devoir. Montréal, QC.

Images

Imoflow. Le lait Bois Bouteille. https://pixabay.com/fr/le-lait-bois-bouteille-boire-3231775/

Sandrine St-Pierre-Lepage. Vache Holstein.

2 responses to “Du lait zéro déchet?”

  1. veroniquebeaudin says:

    1.Intriguant et complet sont deux adjectifs qui caractérisent bien le titre.

    2.L’auteur de l’article suggère que la vente de lait actuelle ne rejoint pas les tendances écologiques sur le marché alimentaire, et que les solutions proposées ne sont pas encore adaptées aux consommateurs pour remplir pleinement l’objectif d’un produit durable.

    3.Ce qui démarque le plus l’article est l’effort qu’a mis l’auteure pour trouver des avantages et des désavantages pour chaque alternative présentée dans un texte aussi court.

    4.Un argument important émis par l’auteure est que seulement 11% du plastique à usage unique comme celui utilisé pour la vente de lait est recyclé au Canada, une statistique décevante pour un pays industrialisé comme le nôtre.

    5.Une suggestion pour améliorer l’article serait de présenter des statistiques sur la vente de lait en vrac ou sur la vente de lait dans des machines distributrices en France pour encourager l’intérêt des consommateurs d’ici. Sinon, il serait aussi intéressant de connaître l’engouement des producteurs laitiers envers ces nouvelles tendances.

  2. andreannelasalle says:

    1. Clair et constructif
    2. Le message de l’auteure est que les consommateurs veulent réduire leur empreinte écologique, et le lait zéro déchet, donc vendu en vrac ou en bouteille de verre, est une option à explorer pour satisfaire cette tendance.
    3. Ce qui fait la force de cet article, c’est qu’on présente les deux côtés de la médaille. Les avantages environnementaux du lait zéro déchet sont bien présentés, mais on explique également les défis qui y sont reliés.
    4. J’ai aimé la comparaison faite avec la France, où il y a des machines distributrice de lait cru. Je n’étais pas au courant que cela existait, et ça démontre clairement qu’il est possible d’offrir du lait en vrac et de contrôler la qualité sanitaire du produit.
    5. Parfois, l’auteure termine un paragraphe en présentant l’aspect négatif du concept. Considérant que l’article souhaite sensibiliser le lecteur par rapport à l’existence de lait zéro déchet, je crois qu’il serait préférable de terminer le paragraphe sur une note positive, même s’il demeure important de présenter les « pours » et les « contres ». Par exemple, lorsqu’elle parle de bouteille de verre, elle clôt le sujet en disant que ça coûte plus cher.

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