La consommation de viande appelée à baisser?

Figure 1: Approvisionnement en viande par personne (Ritchie et Roser. 2017)

Végétarien, végétalien, véganisme, les diètes éliminant tous produits de sources animales sont de plus en plus populaires au Québec. Plus encore, le nouveau Guide alimentaire canadien lui-même encourage de privilégier les aliments protéinés d’origine végétale. Les groupes alimentaires « lait et substituts » et « viandes et substituts » n’existant plus, les produits laitiers, la viande, les lentilles et le tofu font tous désormais partis de la même catégorie appelée « aliments protéinés » (Gouvernement du Canada. 2019). Suite à ces observations, peut-on prédire que la consommation de viande diminuera dans les prochaines années?

Si l’on observe la consommation mondiale de viande, on remarque que celle-ci est malheureusement loin d’être à la baisse. Au contraire, depuis les années 60, la consommation de viande a quintuplé, passant de 70 millions de tonnes à 330 millions (Normandin. 2019). Les deux principales raisons de cette augmentation sont l’accroissement de la population mondiale et l’amélioration de la moyenne des revenus individuels. Bien sûr, cette tendance est une moyenne et n’est pas la même pour tous les pays. Comme le montre le graphique ci-dessus, les pays avec les plus grands revenus sont habituellement les plus gros mangeurs de viandes. L’Australie et les États-Unis étant en tête, la moyenne pour les Européens et les autres Nord-Américains se trouve respectivement autour de 80kg et plus de 110kg (par personne). Il est aussi à noter que les changements de consommation dans ces pays sont moins marqués, la plupart sont plutôt stables et certain ont même connu une petite baisse dans les 50 dernières années, comme le Canada. Toutefois, pour les pays qui ont connu une forte transformation économique, comme la Chine et le Brésil, la consommation de viande ne cesse de grimper en flèche. Pour l’Afrique, la consommation varie à travers le continent, la moitié de celui-ci utilise en moyenne 10kg par personne et pour les pays plus riches, la consommation peut atteindre jusqu’à les 60-70kg. L’Inde étant une exception, ne suit aucune tendance apparente. La consommation de viande relevé en 2013 était comparable à celle en 1961, c’est-à-dire moins de 4kg par personne. Cette faible quantité s’explique par la majorité de  la population qui est lacto-végétarienne (Ritchie et Roser. 2017).

Les impacts de la production de viande sur l’environnement ne sont pas inconnus. Principale source d’émissions de méthane, elle requiert l’utilisation de ressources qui pourrait être mieux utilisées, comme les terres et l’eau. L’agriculture étant l’activité humaine utilisant le plus d’eau, la production de viande à elle seule représente le tier de sa consommation (Godfray et al. 2018). Malgré la conscientisation de ces méfaits dans les pays plus développés, ceux-ci restent de loin les plus importants consommateurs et donc les plus importants joueurs. Le véganisme, né de cette conscientisation, n’est pas une solution adaptée à tous et peut en effrayer plus d’un par son côté extrême, considérant que la viande a une place importante dans les habitudes alimentaires de notre société. L’intégration d’insectes dans nos diètes ou le bannissement de produits animales demande un long processus d’acception sociale. Dans le contexte actuel, la meilleure stratégie semble celle proposée par le Guide alimentaire canadien; réduire sa consommation de viande, sans néanmoins s’en priver, en privilégiant d’autres sources de protéines.

Référence :

Godfray C. H. Aveyard  P. Garnett T. Hall J. W. Key T. J. Lorimer J.  Pierrehumbert R. T. Scarborough P. Springmann M. et Jebb S. A. 2018. Meat consumption, health, and the environment. Science Vol. 361 (6399)

Gouvernement du Canada. 2019. Guide alimentaire canadien. Accessible à https://guide-alimentaire.canada.ca/fr/  (consulté 10 février 2018)

Nornandin C. 2019. La consommation de viande pas à la veille de ralentir. Le bulletin de des agriculteurs. Accessible à https://www.lebulletin.com/elevage/la-consommation-de-viande-pas-a-la-veille-de-ralentir-97762 (consulté 10 février 2018)

Ritchie H. et Roser M. 2017. Meat and Seafood production & consumption. Our world in data. Accessible à https://ourworldindata.org/meat-and-seafood-production-consumption#per-capita-trends-in-meat-consumption (consulté 10 février 2018)

2 responses to “La consommation de viande appelée à baisser?”

  1. laurelineboyer says:

    1- clair et efficace

    2- Malgré la place grandissante accordée dans les médias aux diverses tendances, diètes et informations sur les impacts écologiques nous laissant l’impression que la consommation de viande diminue, celle-ci est toujours en augmentation
    mondialement.

    3- Les exemples, chiffres et statistiques donnés sont la force majeure du texte.

    4- Le graphique est la preuve/information la plus convaincante du texte.

    5- La fin de l’article nous laisse un peu sur notre faim. On comprend bien avec le graphique que la consommation de viande croit. Il serait intéressant de moins répéter l’information contenue dans le graphique et d’amener une prise de position. Est-ce que la consommation de viande devrait diminuer? À quel point est-ce viable pour la planète? Quand allons nous toucher le fond? Il est évident que les ressources nécessaires pour soutenir cette consommation ne seront pas indéfiniment disponibles. Un rapport sur le régime alimentaire à adopté pour soutenir 10 milliards d’humain d’ici 2050 rédigé par plus de 30 scientifiques est parut en janvier dernier dans la revue The Lancet. Ça pourrait être intéressant de parler de leurs conclusions qui s’apparentent à celles du guide alimentaire canadien, mais avec un angle plus scientifique.

    (https://eatforum.org/eat-lancet-commission/ et https://www.lepoint.fr/societe/decouvrez-le-regime-ideal-pour-votre-sante-et-celle-de-la-planete-17-01-2019-2286562_23.php)

  2. saschamacintoshhobson says:

    1. Interesting, clear

    2. That beyond the growing conscientiousness of the toll that the overconsumption of meat can have on the health of our bodies and our environment, this industry is nowhere near slowing down.

    3. I strength of the blog, to me, was its structure. From the title to the conclusion, there was a fluid and well thought out structure that very simply, yet very convincingly, illustrated the current trends surrounding this important aspect of our diets.

    4. What made this post credible, to me, was the objective stance that was taken when considering this often polarizing issue. Highlighting the flaws that pertain to the two polar ends of this debate, while accentuating the far more convincing and lucid balanced approach (when it comes to our diet), was the most compelling piece of this blog.

    5. My only suggestion would be to slightly edit the middle paragraph that breaks down the statistical trends. Choose only those that highlight the major trends that are impacting the issue at hand. This will allow further room to elaborate on the new Canadian food guide, and the impacts of our chosen diets.

Leave a Reply

Blog authors are solely responsible for the content of the blogs listed in the directory. Neither the content of these blogs, nor the links to other web sites, are screened, approved, reviewed or endorsed by McGill University. The text and other material on these blogs are the opinion of the specific author and are not statements of advice, opinion, or information of McGill.