Réchauffement climatique : répercussions sur notre agriculture

En ce froid mois de février, parlons d’un sujet préoccupant : le réchauffement climatique. Alors que certains grands penseurs pourraient nier ce phénomène (après tout, nous avons eu des températures bien en-dessous la  normale cet hiver, n’est-ce pas?), la communauté scientifique s’entend tant qu’à elle pour dire que le réchauffement climatique est bien réel et qu’il nous impacte déjà.

En effet, on s’attend à une hausse de 5°C de la température moyenne de l’atmosphère d’ici 2 100, et ce, à cause de l’émission massive de gaz à effet de serre (Berteaux, 2014). Conséquences? Une augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, une augmentation du stress hydrique, des étés plus chauds et la migration vers le Nord de nouvelles espèces d’insectes sont prévus (Sujayanand et Karuppaiah, 2016; Bélanger, 2002).

En terme de température, les changements ne sont pas tous néfastes pour l’agriculture. Des étés plus chauds permettront une plus grande accumulation de degrés-jours de croissance (DJC) et d’unités thermiques maïs (UTM).  Dans le cas du maïs, on s’attend à une augmentation provinciale moyenne de 29 %, passant de 2 390 à 3 088 UTM, ce qui permettra aux producteurs d’utiliser des variétés plus tardives qui ont un meilleur rendement. Pour les DJC, qui concernent les plants fourragères, leur augmentation permettrait aux producteurs une coupe supplémentaire (Bélanger, 2002).

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Champ affecté par la sécheresse. Source : USDA

La plus grande concentration de CO2 dans l’atmosphère pourrait également favoriser certaines de nos cultures. En effet, la photosynthèse dans celles-ci est contrecarrée par un phénomène nommé la photorespiration, où la plante fixe de l’oxygène à la place du CO2, ce qui se traduit par une perte d’efficacité. En augmentant le CO2 par rapport à l’oxygène, la photorespiration pourrait être diminuée à la faveur de la photosynthèse (Bélanger, 2002).

Si les plantes fourragères pourront potentiellement produire plus, leur survie hivernale est cependant menacée par le réchauffement climatique. En effet, les automnes deviendront de plus en plus doux, ce qui altèrera le processus d’endurcissement, au cours duquel les plantes se préparent pour passer l’hiver en stockant des réserves dans les racines. De plus, on s’attend à des chutes de neige moins abondantes durant l’hiver, ainsi qu’à des épisodes de redoux. Cela causera deux problèmes : premièrement, la couverture de neige isolante sera moins épaisse et présente moins longtemps dans les champs, exposant les plantes aux températures plus froides de l’air. Ensuite, les redoux suivis d’une baisse de température provoqueront la fonte des neiges, puis de leur regel en glace, qui suffoque les plantes (Bélanger et al, 2002).

Le réchauffement climatique n’affectera pas seulement les plantes. Les insectes, qui sont des animaux à sang-froid, sont principalement limités par la température en ce qui concerne leur habitat naturel.  Tout comme les plantes, on utilise le système de degrés-jours pour prévoir leur développement. Donc, dans un environnement plus chaud qui accumule plus de degrés-jours, des insectes méridionaux pourront migrer vers le Nord. Parmi ceux-ci se trouveront inévitablement des ravageurs contre lesquels les producteurs devront apprendre à lutter d’une façon ou d’une autre (Sujayanand et Karuppaiah, 2016). Quelques exemples d’insectes récemment arrivés au Québec suite au réchauffement climatique sont la punaise marbrée, la punaise verte, la noctuelle de la tomate et la rouille asiatique du soya. Pour l’instant, ils n’infligent pas de dégâts importants aux cultures québécoises, mais ce sont des espèces à surveiller (Brochard, 2017).

Somme toute, nous sommes déjà impliqués dans les changements climatiques, et les choses ne font que commencer. Pour le Québec, la hausse des températures peut représenter une opportunité de produire de nouvelles espèces ou variétés végétales. Cependant, il faut également s’attendre à des impacts négatifs sur les cultures présentement implantées.

 

Références :

 

 

2 responses to “Réchauffement climatique : répercussions sur notre agriculture”

  1. laurelineboyer says:

    1-Explicatif et clair

    2-Les changements climatiques auront des impacts réels, positifs ou négatifs, sur l’agriculture au Québec.

    3-La force majeure su texte est son écriture scientifique, professionnelle et sérieuse. Cela donne au texte beaucoup de crédibilité et c’est approprié pour un sujet tel que les changements climatiques.

    4-Les informations les plus convaincantes sont les nombreuses références scientifiques présentant des données concrètes.

    5-L’introduction du texte m’a un peu dérangée. Je ne pense pas que les climato-sceptiques soient le meilleur sujet amené pour cet article, surtout que le réchauffement climatique est maintenant accepté par pas mal tout le monde, et non juste les scientifiques et que sa preuve n’est plus à faire. Le réchauffement climatique risque aussi d’augmenter le nombre d’épisodes météorologiques extrêmes, il y aura donc plus de sécheresses et de pluies intenses (inondations). Ça pourrait être pertinent de le mentionner aussi. Les changements positifs sont aussi abordés, mais ça pourrait être pertinent de savoir jusqu’à quel point ces changements seront de mise. Seront-ils supplantés par les changements négatifs? Finalement, je pense qu’il serait pertinent d’ajouter, ou de remplacer, par une phrase d’ouverture la conclusion, car pour l’instant ce n’est qu’un résumé du texte.

  2. melissazbacnikdantonio says:

    1- Clair et représentatif
    2- L’arrivée du réchauffement climatiques a des conséquences positives et négatives sur le secteur agricole québécois et nous devrons nous préparer à nous adapter.
    3- Cet article est très compréhensible et se lit facilement. La balance entre les données scientifiques et les explications est maitrisée, et les avantages et les désavantages sont bien identifiés pour avoir une vision globale du sujet. De plus, toutes les informations présentées sont pertinentes.
    4- Les exemples et les statistiques du Québec ont permis de rendre l’enjeu international du réchauffement climatique plus réel au niveau local. De plus, la mention des insectes et de leurs impacts sur l’agriculture allant de l’avant a été bien développé.
    5- Le changement climatique est un sujet très difficile à expliquer étant donné la complexité des interactions entre et au sein des écosystèmes. Bien qu’ayant efficacement démontrer les deux côtés de la médaille, il serait bien de mentionner cette complexité et le manque de connaissances sur le sujet à ce jour. Les références ne doivent pas être en points de forme aussi, mais si je parle de mise en page, c’est que l’article est très bien écrit.

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