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L’émergence des tondeuses à quatre pattes

L’entretien chimique et mécanique des espaces verts est une pratique qui a été adoptée à l’unanimité par les régions urbaines et s’avère l’une des seules options disponibles pour la gestion de ces espaces. En effet, c’est presque la seule alternative puisque depuis peu, l’éco-pâturage est offert dans certaines régions de la France et des projets pilotes voient le jour, ici, à Montréal. L’éco-pâturage se définit comme l’entretien des espaces
verts par des herbivores en milieu urbain et périurbain (Bories et al., 2018). C’est en 2012 que le tout premier colloque national a été organisé en France par l’association « Entretien Nature & Territoire », un centre de ressources dédié à la pratique de l’éco-pâturage en France (ENT, s.d.). Depuis ce temps, les pratiques de pâturage en milieu urbain sont de plus en plus fréquentes et le nombre d’entreprises françaises proposant leurs services dans ce domaine augmente (Bories, 2018).

photo : pixabay

Les services écologiques rendus par l’éco-pâturage sont nombreux. Effectivement, il permet de préserver la biodiversité locale, tout en contribuant à la biodiversité urbaine. Il permet également de diminuer l’impact environnemental dû à l’entretien des espaces verts par réduction de l’utilisations d’intrants nocifs tel que les fertilisants chimiques et l’utilisation des combustibles fossiles dans les tracteurs (ENT, s.d.). Par exemple, une zone de conservation des habitats au Centre Wascana à Régina, a bénéficié des chèvres pour lutter contre l’espèce envahissante caragana, contribuant ainsi à réduire l’utilisation d’herbicides (Wascana Center, 2019).

Le premier projet d’éco-pâturage à Montréal n’a toutefois pas vu le jour sous cette même perspective. En 2016, dans Rosemont-La Petite-Patrie, huit moutons ont passé un mois dans un enclos à brouter l’herbe du parc Pélican. Les objectifs du projet touchaient principalement la pédagogie, l’amélioration de la qualité de vie du quartier et la sensibilisation des citoyens sur la présence des moutons (Cultive ta ville, 2018). C’est d’ailleurs un des aspects les plus significatif de l’éco-pâturage. Il permet la création d’un lieu d’échange agréable, atténue les discontinuités ville-campagne et sensibilise la communauté au rôle des herbivores, au-delà du simple broutage.

De plus, certains sites escarpés ou difficiles d’accès ne peuvent être entretenus par la machinerie conventionnelle. Des entreprises choisissent donc d’opter pour un entretien naturel de ces terrains par des herbivores pour, entre autres, limiter les coûts (Feugère P., 2014). Les auteurs ne s’entendent toutefois pas sur la rentabilité économique de l’éco-pâturage dans les conditions plus favorables à la machinerie. L’association « Entretien Nature & Territoire » affirme plutôt que « le but principal de l’éco-pâturage n’est pas la rentabilité économique, mais le maintien ou la restauration du milieu » (ENT, s.d.).

L’éco-pâturage permet l’émergence d’une nature « agricole » dans l’espace urbain, participant ainsi à l’éducation des plus et moins jeunes à travers une vitrine de sensibilisation ramenant à des enjeux essentiels tels que l’impact de notre consommation alimentaire, la gestion des matières résiduelles et la biodiversité urbaine. Le monde agricole, pour ceux et celles qui en sont issus, peut sembler normal, voire commun, tandis que pour le citadin moyen ce monde peut sembler mystique, voire inexistant. Créer un pont entre ces deux réalités est peut-être aussi un moyen d’encourager ou du moins d’intéresser les citadins à prendre conscience du processus « de la ferme à l’assiette ». L’éco-pâturage n’est pas une solution en soi, mais fait partie d’une vision plus large pour éventuellement obtenir l’auto-suffisance des grandes villes par l’introduction de l’agriculture.

Références

Bories, O. (2018). Ecopast : projet de recherche sur les pâturages en espaces naturels. Récupéré de https://reseau-agriville.com/ecopast-paturages-naturels-urbains/. (Accédé le 10 février 2019). Réseau-Agriville. Nantes, France.

Bories, O., Eychenne, C. et Chaynes, C. (2018). Des troupeaux dans la ville. Représentations et acceptations sociales d’une démarche d’écopâturage dans la première couronne toulousaine (Cugnaux). Openfield-Revue ouverte sur le paysage, 2016, Thématique animal – Rubrique essais recherches. Récupéré de https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01816702/document . (Accédé le 10 février 2019)

Cultive ta ville. (2018). Biquette à Montréal : de l’écopâturage à Montréal. Récupéré de https://cultivetaville.com/encyclopedie/portraits-mouvem-agriculture-urbaine/biquette-montreal-ecopaturage-montreal/. (Accédé le 10 février 2019). Cultive ta ville. Montréal, Canada.

Entretien nature et territoire, ENT. (s.d.). L’écopâturage. Récupéré de http://entretien-nature-territoire.fr/leco-pastoralisme/. (Accédé le 10 février 2019). Entretien nature et territoire. Laval, France.

Feugère, P. (2014). Le pastoralisme en milieu urbain : éléments de méthode. Récupéré de https://www.plante-et-cite.fr/data/fichiers_ressources/pdf_fiches/synthese/Synthese%20Pastoralisme.pdf. (Accédé le 10 février 2019). Plante & Cité. Angers, France.

Wascana Center. (2019). Goat Grazing. Récupéré de http://wascana.ca/nature-in-wascana/goat-grazing. (Accédé le 10 février 2019). Wascana Center. Regina, Canada.

 

Harvesting Sap from Sapling Plantations

A new method of sap collection, patented by researchers at the University of Vermont, aims to increase yields and reduce time from establishment to production, by collecting sap from plantations of densely spaced maple saplings.

In conventional sap collection, sap is harvested each spring from a sugarbush. A sugarbush consists of “naturally-regenerated” maple stands, thinned by the producer to a density of 80 producing trees per acre (Perkins & Van Den Berg, 2013). Trees may be safely tapped upon reaching a diameter of 8 inches at breast height; a maple tree typically requires 40 years to reach this size (Perkins & Van Den Berg, 2013).

Conventional sap harvesting. Photo by David Barker, 2010 (cropped).

In the sapling plantation method, up to 12,000 saplings per acre are arrayed in a grid pattern, with as little as 1-2 feet of spacing between adjacent rows and columns (Driller, Gandela, & Watson, 2018). Immediately before reaching spring temperatures required for sap-flow, one shoot from each sapling is cut 6-12 inches below its tip, and rubber tubing affixed over the entire face of the cut to collect sap (Perkins & Van Den Berg, 2016). At the end of each producing season, new growth buds emerge from the bark and most saplings continue to mature unharmed (Perkins & Van Den Berg, 2016). This method allows sap harvest to begin as early as 3 years after planting, upon saplings reaching a diameter of 2 inches at breast height (Perkins & Van Den Berg, 2016). While individual yield per sapling was found to be extremely low, increased planting density caused total yields to be improved by 500%-1000% over the same area land compared to conventional sap collection (Perkins & Van Den Berg, 2016; Driller, Gandela, & Watson, 2018).

The inventors of the method analogize sapling plantations to high-density apple orchards (Perkins & Van Den Berg, 2016). The sapling plantation method follows the high-density orchard model of high tree density and lower yield per tree, a larger initial financial and labor investments on tree clones, and a focus on early yields. Like high density orchards, sapling plantations “could be [cultivated] on open, flat land as a perennial agricultural crop” (Perkins & Van Den Berg, 2016).

The development of high yield, low establishment time sap production may affect Quebec’s market share of international syrup production, by increasing the economic feasibility of opening new syrup operations. In the last decade, the Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) has allowed Quebec syrup production to expand dramatically, with both domestic consumption and exports increasing in volume and revenues. Despite this growth, Quebec has lost 10% of global market share in maple syrup over the past 15 years due to foreign production growth outpacing growth in Quebec (AAFC, 2018; AAFC, 2015; AAFC, 2014; Moreau, 2018). The sapling plantation method could exacerbate this trend by further increasing the rate of foreign production growth, while production growth in Quebec is limited by the FPAQ to protect producers from a decrease in profit margins.

The new method has also sparked debate over ecological considerations. One view holds that sapling plantations could eventually threaten the protected legal status of sugarbush by rendering conventional production obsolete. Additionally, many consumers feel that the plantation method is “less natural” and diminishes the perceived value of the syrup they purchase. The opposing view holds that it is better to produce syrup more efficiently on less land, leaving more woodland untouched by agriculture. Furthermore, sapling plantations could actually facilitate the creation of new forest on currently unforested land, if transitioned to sugarbush at the end of their productive life, by providing revenues during early establishment. Alternately, plantations could circumvent biodiversity issues experienced when planting large numbers of clones of selectively bred “high sugar” strains of maple in sugarbush: saplings can be replanted at the end of their productive life, avoiding long-term adverse effects associated with a reduced gene pool (Richardson, 2015).

 

References

  1. AAFC. (2014). Statistical Overview of the Canadian Maple Industry 2012. Agriculture and Agri-Food Canada. Retrieved from http://www.novascotiamaplesyrup.com/wp-content/uploads/2016/09/Statistical-Overview-of-the-Canadian-Maple-Industry-2012.pdf
  2. AAFC. (2015). Statistical Overview of the Canadian Maple Industry 2014. Agriculture and Agri-Food Canada. Retrieved from http://publications.gc.ca/collections/collection_2016/aac-aafc/A71-40-2014-eng.pdf
  3. AAFC. (2018). Statistical Overview of the Canadian Maple Industry 2017. Agriculture and Agri-Food Canada. Retrieved from http://www.agr.gc.ca/eng/industry-markets-and-trade/canadian-agri-food-sector-intelligence/horticulture/horticulture-sector-reports/statistical-overview-of-the-canadian-maple-industry-2017/?id=1524607854094#alt
  4. Perkins T.D, & Van Den Berg, A.K. (2013). Sap collecting devices, systems and methods for sap-producing saplings. U.S. Patent Application No. # US 2013/028500. International Publication # WO 2013/130925 A1. Retrieved from https://patentimages.storage.googleapis.com/05/d3/1c/e86f49f0c98387/WO2013130925A1.pdf
  5. Perkins T.D, & Van Den Berg, A.K. (2016). Sap collection from small-diameter trees. Retrieved from http://www.uvm.edu/~pmrc/Perkins%20and%20van%20den%20Berg%202016_Sap%20Collection%20from%20Small-Diameter%20Trees.pdf
  6. Driller, T., Gandela, D., & Watson, M. (2018). Feasibility of producing syrup in new zealand. Chemica conference. Retrieved from https://ir.canterbury.ac.nz/bitstream/handle/10092/15906/Chemeca_postRev1%20MJW.pdf?sequence=2&isAllowed=y
  7. Moreau, A. (2018). Maple syrup: Quebec is hurting its producers and encouraging its competitors. Retrieved from https://www.iedm.org/sites/default/files/web/pub_files/lepoint0418_en.pdf
  8. Richardson, K. (2015). Sugar bush management in ontario: Identification of resilient adaptation strategies for a changing climate. MRP submitted to the Faculty of Geography, Wilfrid Laurier University. Retrieved from https://scholars.wlu.ca/cgi/viewcontent.cgi?referer=https://www.google.com/&httpsredir=1&article=1002&context=ges_mrp

Image: Barker, D.A. (2010). Maple Syrup Lines, Wyebridge, Ontario. Retrieved from https://www.flickr.com/photos/nouspique/4495062851

Du bord des abeilles

Près d’un an après la décision de Québec d’encadrer l’usage des pesticides néonics, une étude publiée dans la revue scientifique Biological Conservationrévèle que plus de 40% de la population mondiale d’insectes est menacée d’extinction dans les prochaines décennies. Sans surprise, selon les auteurs de ce même article, l’agriculture intensive ainsi que l’usage récurent de fertilisants et pesticides d’origine synthétique sont en grande partie responsables du déclin de la biodiversité et de l’abondance des insectes (Sanchez-Bayo et Wyckhuys, 2019)

Bien évidemment, tout le monde est ému par la vision d’un ours blanc qui dérive, loin de sa banquise, sur un mince morceau de glace. Il s’agit d’ailleurs d’un des symboles forts du réchauffement climatique (merci à internet). Cependant, peu sont ceux qui s’intéressent au sort des insectes. Or, les experts s’entendent : une extinction telle que prédite par cette étude aurait des répercussions plus que désastreuses sur l’ensemble des écosystèmes mais aussi sur nos activités. Par exemple, elle pourrait entraîner des pertes de récoltes considérables pour les cultures qui dépendent de la pollinisation par les insectes, ou bien de la présence d’ennemis naturels aux ravageurs (Ehrlich, 1988). Il va sans dire qu’il est grand temps que nos gouvernements agissent.

À l’hiver 2018, le gouvernement du Québec a décidé de réglementer l’utilisation de trois insecticides néonicotinoïdesainsi que de deux autres insecticides, dont l’atrazine, tous jugés à risque dû à leurs effets néfastes sur la santé humaine ainsi que celles des animaux. Les néonicotinoïdes sont notamment reconnus pour leur effet dévastateur sur les populations d’insectes pollinisateurs comme les abeilles (Blacquière et al., 2012).  Ainsi, en vertu de cette nouvelle loi, il est maintenant interdit pour les producteurs agricoles d’appliquer l’un de ces cinq pesticides sans l’obtention d’une justification agronomique émise et signée par un agronome (DDELCC, 2018). Suite à une procédure de justice intentée par quatre groupes environnementaux importants, le gouvernement fédéral a pour sa part décidé de prendre les mesures nécessaires pour éliminer progressivement l’utilisation des pesticides néonicotinoïdes, et ce à partir de 2021 (La Presse Canadienne, 2018).

Cependant, à l’annonce de ces nouvelles politiques, beaucoup sont mécontents. L’Union des producteurs agricoles, par exemple, fustige qu’il s’agit d’une décision déraisonnable puisqu’il n’existe à leur avis aucune alternative efficace aux pesticides à base de néonicotinoïdes. Ils soutiennent que les produits de remplacement actuellement disponibles sur le marché sont au mieux équivalents en termes de toxicité, et que les produits biologiques tant qu’à eux peinent à démontrer leur réelle efficacité (La Presse Canadienne, 2018).  Mais est-ce vraiment le cas?

Selon Stéphanie Mathieu (2016), agronome et conseillère en grande culture pour le MAPAQ en Montérégie, des alternatives durables aux pesticides à risques élevés existent. Que ce soit l’utilisation de mélanges d’herbicides moins néfastes ou bien la rotation des cultures, les solutions sont nombreuses. Ces stratégies de contrôle des insectes sont encore plus efficaces lorsqu’elles font partie d’un programme de lutte intégré, lequel vise à combiner rationnellement plusieurs méthodes de contrôle dans un optique de durabilité (Furlan et Kreutzweiser, 2015). De plus, dans à peu près 90% des cas, l’application de traitements insecticides à base de néonicotinoïdes ne serait pas nécessaire (Mathieu, 2016).

Prenant en considération le tout récent renvoi de l’agronome Louis Robert du MAPAQ, pour avoir dénoncé l’ingérence du privé dans la recherche sur les néonicotinoïdes au CÉROM (Centre de recherche sur les grains), il va de soi que la réelle volonté du gouvernement québécois en matière de protection de l’environnement soit remise en question. Ceci-étant dit, l’indignation collective qu’a soulevée le congédiement de Mr. Robert laisse présager l’arrivée d’un vent de changement sur la scène politique agricole québécoise. Il est évident que notre gouvernement doit maintenant redoubler d’efforts en ce qui concerne les enjeux environnementaux. Peut-être qu’en misant davantage sur des stratégies de prévention, d’éducation ou bien de sensibilisation, Québec arrivera enfin à ranger tous et chacun du même bord, ou du moins de celui des abeilles. À suivre.

Références

Blacquière, T., Smagghe, G., Van Gestel, C.A.M. and V. Mommaerts. 2012. Neonicotinoids in bees: a review on concentrations, side-effects and risk assessment. Ecotoxicology. 21:973-992.

Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques. 2018. Nouvelles responsabilités pour les agronomes. Disponible à http://www.environnement.gouv.qc.ca/pesticides/permis/modif-reglements2017/avis_circulaire_modif_agronome.pdf(accédé le 9 février 2019). Gouvernement du Québec, Québec, QC.

Furlan, L., and D. Kreutzweiser. 2014. Alternatives to neonicotinoid insecticides for pest control: case studies in agriculture and forestry. Environmental science and pollution research international. 22:135-47.

La Presse Canadienne. 2018. L’élimination des pesticides de type « néonic » inquiète l’UPA. Disponible à https://www.lapresse.ca/affaires/economie/agroalimentaire/201808/15/01-5193159-lelimination-des-pesticides-de-type-neonic-inquiete-lupa.php(accédé le 9 février 2019). La Presse, Montréal, QC.

R. Ehrlich. 1988. The loss of diversity causes and consequences. p. 21-27. In E.O. Wilson and F.M. Peter (ed.) Biodiversity. National Academies Press, Washington, DC.

Mathieu. 2016. Des alternatives aux pesticides à risques élevés. Disponible à https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Regions/monteregie/articles/agroenvironnement/Pages/Des_alternatives_aux_pesticides_a_risques_eleves.aspx(accédé le 9 février 2019). MAPAQ, Québec, QC.

Sanchez-Bayo, F. and K.A.G Wyckhuys. 2019. Worldwide decline of the entomofauna: a review of its drivers. Biological Conservation. 232:8-27.

 

Des repas plus colorés

Le domaine de la santé a beaucoup évolué au cours des dernières décennies. Les spécialistes de la santé encouragent désormais leurs clients à avoir de saines habitudes de vie en favorisant une alimentation équilibrée et en étant plus actifs. En janvier dernier, le nouveau guide alimentaire canadien fut dévoilé au grand public et celui-ci fait beaucoup parler. 

Le nouveau 

Gouvernement du Canada, 2019

Le nouveau guide est représenté par une assiette comprenant trois catégories d’aliments soit les légumes/fruits, les aliments protéinés et les aliments à grains entiers. Ce guide invite les citoyens à manger des légumes et des fruits en plus grande variété et quantité. Santé Canada recommande que chaque repas soit composé de 50% de légumes/fruits. Le guide encourage les gens à consommer des aliments protéinés représentant une proportion de 25% de l’assiette. Dans cette catégorie, on y retrouve des protéines végétales ( lentilles, légumineuses, tofu, noix et graines) et certaines protéines animales (poulet, bœuf, saumon, œufs et yaourt). La troisième et dernière catégorie regroupe les aliments à grains entiers (riz, pâtes alimentaires, pain, quinoa, etc.) et devrait représenter 25% de l’alimentation selon Santé Canada. Finalement, le nouveau guide alimentaire encourage la population à boire principalement de l’eau pour rester hydratée.

L’ancien 

Gouvernement du Canada, 2007

Le précédent guide alimentaire avait fait son apparition en 2007. Celui-ci comprenait quatre catégories d’aliments soit les légumes/fruits, les produits céréaliers, les produits laitiers et les viandes/substituts. La catégorie légumes/fruits incluait une variété d’aliments frais, surgelés et en conserve. Le groupe produit céréalier était représenté par du pain, du riz, des céréales, des pâtes alimentaires, etc. Les produits laitiers, quant à eux, incluaient différents fromages, yaourts, et laits. La dernière catégorie d’aliment était les viandes et substituts; celle-ci était composée de légumineuses, de volaille, de bœuf, de poisson, d’œufs, de noix, de graines et de tofu. Le Guide Alimentaire de 2007 représentait ses catégories en forme d’arc-en-ciel proposant à la population de consommer une plus grande quantité de légumes/fruits que viandes/substituts, mais les proportions de chaque groupe d’aliment étaient nébuleuses.

Changements

Le principal changement entre les deux guides alimentaires est dans la présentation; les proportions de chaque catégorie d’aliments sont mieux établies et plus faciles à quantifier dans le guide de 2019. Un autre changement entre les deux guides est le retrait de la catégorie des produits laitiers dans le guide de 2019. Pour la catégorie d’aliments grains entiers/produits céréaliers, on peut observer une petite différence quant au type d’aliments suggérés puisqu’on favorise les grains entiers dans le guide de 2019. La catégorie d’aliments protéinés reste semblable toutefois, le guide de 2019 est représenté par une plus grande proportion d’aliments d’origine végétale qu’animale et cette catégorie inclut désormais des produits laitiers. Finalement, la catégorie d’aliments légumes/fruits ne semble pas être vraiment différente entre les deux guides alimentaires.

Avis de professionnels 

Plusieurs professionnels de la santé sont ravis de voir que le nouveau guide favorise les grains entiers. De plus, pour la diététiste Pascale Messier, l’aspect visuel du nouveau guide est très intéressant puisqu’il permet à la population de mieux définir quelle quantité de chaque catégorie d’aliment à inclure dans notre assiette (Gaulin et al., 2019). Selon le nutritionniste Hubert Cormier, le nouveau Guide alimentaire est complet, mais un peu trop simple. Il apprécie que le guide présente une panoplie d’aliments sains et encourage la population à avoir des repas équilibrés, ce qui peut aider à réduire le risque de certaines maladies. Toutefois, il déplore le manque d’information sur l’aspect psychologique de l’alimentation (Cormier, 2019).

Somme tout, le nouveau guide alimentaire canadien semble être bien perçu par les professionnels et le public. Il est apprécié pour ses options d’aliments sains et pour sa facilité à quantifier chaque catégorie d’aliment à consommer. Toutefois, une question demeure sans réponse; est-ce le penchant pour les protéines végétales du nouveau guide ainsi que le retrait de la catégorie «produits laitiers» pourrait avoir un impact sur la demande d’aliments de provenance animale et ainsi affecter l’agriculture canadienne?

Références

Cormier, H. 2019. Tout sur le nouveau guide alimentaire canadien : l’avis d’un nutritionniste. Disponible à l’adresse suivante : https://www.hubertcormier.com/new-blog/2019/1/22/tout-sur-le-nouveau-guide-alimentaire-canadien-lavis-dun-nutritionniste(Page consultée le 9 février 2019). Hubert Cormier blog. Montréal, QC.

Gaulin, G. et P. Gervais. 2019. Des professionnels de la région saluent le nouveau Guide alimentaire canadien. Disponible à l’adresse suivante : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1148381/professionnels-guide-alimentaire-canadien-alimentation-outaouais-ottawa(Page consultée le 9 février 2019). Radio-Canada, Ottawa, ON.

Gouvernement du Canada. 2019. Guide alimentaire en bref. Disponible à l’adresse suivante : https://guide-alimentaire.canada.ca/fr/guide-alimentaire-en-bref/(Page consultée le 9 février 2019). Gouvernement du Canada, Ottawa, ON.

 

 

Green Still Means Red

Pig, Pork, Butcher’s Slaughterhouse. Photo: Pixabay

The year 2019 is dedicated to the Boar according to the Chinese zodiac calendar – for Canadians, 2019 welcomes the new food guide. The recommended eating choices is now leaning towards a plant based diet, and converges the previous separate groups of dairy and meat into one. Indeed, this may have a consequence for Québec producers, who dominate dairy and meat production in Canada – or it may not. Québec’s robust performance in meat and dairy sectors will not be impacted based on a recommendation guide but can only be affected with stricter regulations than the ones currently in place.

The new Canadian food guide says to avoid processed food, to cook more often, consume protein, and choosing a plant based diet for nutrients which will also help the environment. Pork has a high protein index matching lamb meat (USDA, 2011) and needs to be cooked before consumption, these already meets two of the prior requirements; but to produce and maintain the porcine industry– it needs resources and impacts the environment.

The main environmental impact of slaughter pig farming is the emission of greenhouse gasses and manure production, as well as its proper storage. Agriculture and Agri-Food Canada (AAFC) mentions that finding methods in reducing emissions per unit product would be more efficient in reducing greenhouse gasses – dairy farmers have reduced methane emissions by 13% and similar trends with beef and pork is occurring (AAFC, 2014). Another issue with swine is risk of diseases. In the past there was the swine flu which affected small holdings, and recently, the African swine fever (ASF) that has affected swine in Australia. Biosecurity measures for swine farms by the Canadian Food Inspection Agency (CFIA) is offered and ASF has not affected Canada yet (CFIA, 2011).

This does not mean all Québec farmers should switch to crop production for helping human diet and the environment. A research paper by Cornell University (2006) had shown in their study that high-fat vegetarian diet still supported fewer people than low fat meat diets; it also reached a conclusion that the carrying capacity of agricultural land for low meat diets overlap vegetarian diets – and that diets including meat can feed more people than vegetarians (Peters, C. J., Wilkins, J. L., Fick, G. W., 2007).

The global economic market does not want the porcine industry to disappear. In 2017, Québec had a total of 8.7 million hogs, the most in Canadian provinces (Hog Production in Canada, 2017). The top three international countries that pork is exported to are U.S.A, Japan, and China. Starting from 2010, Québec’s export of pork had a value of 1.1 billion dollars (AAFC, 2011). Furthermore, in 2017, “pig type farms accounted for $1.9 billion in gross farm receipts” and accounted for 1/3 of all pigs in Canada (Statistics Canada, 2017). The market does not show any signs of stopping unless a new uncontrollable disease hits.

Income security and work is supplied by the Assurance Stabilité de Revenue Agricole (ASRA), and la financière agricole du Québec (FADQ) with decision of la Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) is giving contribution for research and developing the porcine sector of Québec, as well as giving scholarships of $2000 to students in the agriculture department who will go into porcine industry  (Les éleveurs de porcs du Québec, 2018). With the federal and provincial governments giving incentives to continue production, the new food guide’s promotion of going green will not affect the quantity of red produced in slaughterhouses. The New Year brings in festivities to celebrate the pig, and incentives from government seem to show that it will definitely be a piggy year.

 

References:

Agriculture and Agri-Food Canada. (2011). Canadian Pork. Available at http://www5.agr.gc.ca/resources/prod/Internet-Internet/MISB-DGSIM/CB-MC/PDF/4664-eng.pdf (accessed 8 Feb. 2019). Agriculture and Agri-Food Canada.

Agriculture and Agri-Food Canada (2014). Measuring emissions [policy]. Available at http://www.agr.gc.ca/eng/science-and-innovation/agricultural-practices/climate-change-and-agriculture/greenhouse-gases/measuring-emissions/?id=1329321977257 (accessed 8 Feb. 2019). Agriculture and Agri-Food Canada.

Food Safety and Inspection Service. 2011. Pork & Lamb Nutrition Facts. Available at

https://www.fsis.usda.gov/shared/PDF/Pork_Lamb_Nutrition_Facts.pdf?redirecthttp=true (accessed 8 Feb. 2019). Food Safety and Inspection Service-United States Department of Agriculture, Washington, DC.

Free Image on Pixabay – Pig, Pork, Slaughterhouse, Butcher. Available at https://pixabay.com/en/pig-pork-slaughterhouse-butcher-1985380/ (accessed 8 Feb. 2019).

Government of Canada, C. F. I. A. (2011). African swine fever [reference material]. Available at http://www.inspection.gc.ca/animals/terrestrial-animals/diseases/reportable/african-swine-fever/eng/1306983245302/1306983373952 (accessed 8 Feb. 2019).

Statistic Canada (2017). Quebec leads in dairy, maple, pigs, and fruit, berries and nuts. Available at https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/95-640-x/2016001/article/14804-eng.htm (accessed 8 Feb. 2019). Government of Canada.

Hog Production in Canada. (2017). Available at http://www.canadapork.com/en/industry-information/hog-production-in-canada (accessed 8 Feb. 2019). Canada Pork International.

Les éleveurs de porcs du Québec. Investir Ensemble-Rapport annuels. Available at http://www.leseleveursdeporcsduquebec.com/8-2-notre-organisation-rapports-annuels.html (accessed 8 Feb, 2019). Québec, CA.

Peters, C. J., Wilkins, J. L., Fick, G. W. (2007). Testing a complete-diet model for estimating the land resource requirements of food consumption and agricultural carrying capacity: The New York State example. Renewable Agriculture and Food Systems, 22(02), 145–153. https://doi.org/10.1017/S1742170507001767 (accessed 8 Feb. 2019).

 

Des carpes asiatiques envahissantes au Québec

Par Bao Chau Bui

 

L’arrivée des espèces exotiques envahissantes au Québec comme les carpes asiatiques représente des menaces écologiques et socio-économiques. Effectivement, protéger nos eaux québécoises contre les espèces aquatiques envahissantes est une priorité pour le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Depuis mai 2016, le MFFP a mis en place le Programme québécois de lutte contre les carpes asiatiques pour la prévention et le contrôle de la propagation des carpes asiatiques dans le but de protéger la biodiversité de nos eaux et les activités reliées à la pêche.

 

 

Des carpes asiatiques au Québec

Le terme carpe asiatique regroupe quatre espèces de carpes provenant des réseaux hydrographiques de l’Asie : la carpe de roseau, la carpe argentée, la carpe à grosse tête et la carpe noire. Le tableau suivant résume les principales caractéristiques de la carpe de roseau dont la dispersion préoccupe particulièrement le Québec :

Des carpes asiatiques sautant hors de l'eau. Photo : Creative Commons (CC)

Des carpes asiatiques sautant hors de l’eau. Photo : Creative Commons (CC)

Tableau 1 : Principales caractéristiques de la carpe de roseau (MFFP, 2018)

Taille Environ 50 cm à 90 cm jusqu’à 1,3 m
Poids Environ 50 kg ou plus
Nourriture Ingère l’équivalent de 40 % de son poids en végétaux quotidiennement
Reproduction Ponds jusqu’à 2 millions d’œufs par an
Apparence Dos brun, ventre blanc, reflet or sur flanc, queue fourchue avec une courte tête

 

Les espèces de carpes asiatiques ont été importées par des gestionnaires aquicoles des États-Unis au début dans des années 1970 comme moyen de lutte biologique contre les algues, les plantes et les escargots dans les étangs (Pêcheries et Océans Canada, 2018). Malheureusement, des inondations en 1993 ont permis aux carpes asiatiques de proliférer dans le fleuve du Mississippi. Depuis les dernières décennies, elles se propagent vers le Nord et se sont rendues jusqu’à la rivière d’Illinois, les Grands Lacs et dans nos eaux québécoises.

 

Dans les eaux du fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Contrecœur en mai 2016, un spécimen de carpe de roseau a été capturé. En fait, en 2015 et 2016, la présence de la carpe de roseau a été détectée à 16 endroits au Québec au total. Plus inquiétant est le fait que le MFFP a retrouvé la même espèce à 12 endroits en une seule année en 2017.

 

Conséquences écologiques et socio-économiques

Depuis la colonisation du bassin versant du Mississipi par la carpe asiatique dans les années 1970, elles représentent aujourd’hui environ 90 % de la biomasse animale. La perte de la biodiversité causée par les espèces envahissantes exotiques sans prédateurs indigènes fragilise l’ensemble de l’écosystème riverain. Malheureusement au Québec, l’invasion des Grands Lacs par les carpes asiatiques engendrera des pertes estimées jusqu’à plusieurs milliards de dollars (MFFP, 2018). Plus particulièrement, l’établissement de l’espèce aura des impacts significatifs sur les pêcheries commerciales en plus d’affecter négativement la pêche de subsistance et récréative. De plus, des problèmes liés au tourisme et à la navigation de plaisance risquent d’accompagner l’arrivée des carpes asiatiques. Dans le passé, des occupants d’embarcations et des amateurs de ski nautique ont été blessées de façon sérieuse par des carpes asiatiques sautant hors de l’eau. En effet, la vibration des hélices d’embarcations nautiques peut faire sauter la carpe asiatique jusqu’à trois mètres dans les airs.

 

Caractérisation des obstacles à la dispersion des carpes asiatiques

Dans ce contexte, le MFFP a mandaté les organismes de bassins versants (OBV) dans le cadre du Programme québécois de lutte contre les carpes asiatiques pour caractériser les obstacles à la dispersion des carpes asiatiques. Par exemple, depuis mai 2018, le Conseil du bassin versant de la région de Vaudreuil-Soulanges (COBAVER-VS) coordonne le suivi de la caractérisation des obstacles anthropiques ou naturels des tributaires du fleuve Saint-Laurent dans Vaudreuil-Soulanges. Il s’agit de caractériser sa configuration et certaines variables hydrologiques. La caractérisation consiste à déterminer si les carpes asiatiques ont la capacité de franchir l’obstacle.

 

Menace à l’avenir des pêcheries québécoises

Malgré ces initiatives, il demeure important de rester vigilant. En effet, l’arrivée des carpes asiatiques menace la biodiversité de la pêche commerciale et récréative au Québec. On risque de fragiliser et perdre ces écosystèmes comme c’est le cas au Mississippi. En tant que citoyen, il est primordial de s’informer et être conscient afin de protéger nos eaux québécoises.

 

Signalez la présence de l’espèce

Par téléphone : 1 877 346-6763

Par courriel : services.clientele@mffp.gouv.qc.ca

Site internet : carpesasiatiques.gouv.qc.ca

 

 

Références

Creative Commons (CC). 2016. Des carpes asiatiques sautant hors de l’eau. Disponible en ligne https://www.flickr.com/photos/acrcc/29983831432/in/photostream/ (consulté le 7 mars 2019). Creative Commons (CC), Illinois, USA.

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). 2018. Carpes asiatiques : carpe à grosse tête, carpe argentée, carpe noire, carpe de roseau. Disponible en ligne https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/especes/envahissantes/carpes-asiatiques/ (consulté le 2 février 2019). Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Québec, CA.

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). 2018. Programme québécois de lutte contre les carpes asiatiques. Disponible en ligne http://www4.gouv.qc.ca/fr/Portail/citoyens/programme-service/Pages/Info.aspx?sqctype=sujet&sqcid=3494 (consulté le 2 février 2019). Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Québec, CA.

Pêcheries et Océans Canada. 2018. Carpe asiatique. Disponible en ligne http://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/profiles-profils/asiancarp-carpeasiatique-fra.html (consulté le 2 février 2019). Pêcheries et Océans Canada, Ontario, CA.

Pêcheries et Océans Canada. 2018. Répercussions socio-économiques de la présence de la carpe asiatique dans le bassin des Grands Lacs. Disponible en ligne http://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/publications/ais-eae/report-SE-rapport/page01-fra.html (consulté le 2 février 2019). Pêcheries et Océans Canada, Ontario, CA.

 

 

Le Québec « allant vert » : L’agroforesterie

Par Ingrid Laplante

Agriculture et foresterie : deux univers parallèles qui se côtoient et qui tournent parfois les pieds un vers l’autre pour se toucher des orteils et partager la danse de la production.

Depuis quelques années, les pratiques culturales des plaines du St-Laurent se sont intensifiées alors que les cultures annuelles de mais et de soya ont pris la place des cultures pérennes et forestières. Selon la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, cette intensification de la production a toutefois engendré une dégradation des sols ainsi que des effets négatif sur la qualité de l’air et de l’eau. En effet, c’est dans les bassins des rivières Châteauguay, Richelieu, Yamaska, L’Assomption, Nicolet, Boyer et Chaudière, où l’agriculture occupe une forte proportion du territoire, que la qualité de l’eau est la moins bonne (CAAAQ, 2008). Au même moment, près de 100 000 hectares de terre à potentiel agricole sont en friche au Québec (MAPAAQ, 2010?), avec près de 45000 hectares dans la région du bas St-Laurent seulement (Vouligny & Gariépy, 2008). Dans l’optique d’être revalorisé, ces terres sont généralement reboisées changeant alors de vocation. Pour une et l’autre des situations, l’agroforesterie pourrait faire partie des solutions envisagées permettant dans un cas de diminuer les problèmes liés à l’intensification des pratiques et dans l’autre de diversifier les revenus sans perdre la vocation agricole de ces terres. Mais qu’est ce que l’agroforesterie? Se résume-t-elle qu’à la mise en place de haie brise vent? Voici une description de la pratique et de différents systèmes.

L’agroforesterie, est un système d’exploitation qui, dans un même espace, lie la production d’arbres et arbustes à l’élevage et/ou l’agriculture. Dans ses parcelles forestières, l’agriculteur peut choisir des essences intéressantes et implanter des produits forestiers non ligneux pouvant être commercialisés, diversifiant ainsi ses revenus.

 

Pratiques Multifonctionnelles :

La haie brise vent est sans doute la pratique la plus connue au Québec. Sa mise en place permet de réduire l’impact des vents dominants, protégeant, les sols, les cultures et les pâturages. Elle permet aussi de réduire les problèmes de dérives de pesticides. À proximité des bâtiments les haies peuvent aussi réduire les coûts de chauffage et les problèmes d’odeurs.

Une seconde pratique consiste à instaurer des bandes riveraines agro-forestières. Elles aident à stabiliser les berges, à régulariser le débit des cours d’eau et à améliorer la qualité de l’eau. Les saules et peupliers peuvent entre autre capter et retenir le phosphore (Gouvernement du Canada, 2006?).

Cochons, poules et vaches en systèmes sylvopastorales. Libre de droits

Pratiques productives :

Le sylvopastoralisme combine la production d’arbres au pâturage. Les arbres, séquestreurs de carbone, améliorent les qualités des pâturages grâce à la matière organique qu’ils libèrent(Bennet, 2012?)  Les animaux quant à eux profitent autant des plantes fourragères qu’ils consomment que de l’ombre apportées par les arbres, réduisant du même coup leur besoin en eau. Par exemple, une vieille tradition sylvopastorale encore pratiquée en Italie consiste à laisser les cochons, en prairies clairsemées d’arbre à noix, se nourrir des glands tombés au sol (Mast Tree Network, 2009), produisant une des meilleurs viande de porc au monde. Ailleurs, des poules ou des oies en plein air sont intégrées au verger et se nourrissent des fruits trop mûres tombés aux sols tout en contrôlant les ravageurs et fertilisant directement le sol (Toensmeier, 2013).

Fétuque élevée- Libre de droits

Un autre exemple de système productif consiste à instaurer des cultures annuelles entres des rangées de plantations arbustives pérennes. C’est ce qu’on appel les cultures intercalaires. Les arbres profitent de l’activité microbienne et de la minéralisation de l’azote des cultures intercalaires. Les annuelles profitent quant à elle de l’effet brise-vent et parfois même de l’ombrage occasionné par les arbres. C’est entre autre le cas avec la fétuque élevée (Canada, 2010), une fourragère.

 

 

En somme, le producteur agro-forestier peut améliorer la qualité de ses sols et cours d’eau et diversifier ses revenus agricoles par l’élevage, la production de bois et de produits forestiers non ligneux le tout sur une même superficie productive.

 

Bibliographie

CAAAQ. (2008). Agriculture et agroalimentaire : assurer et bâtir l’avenir Propositions pour une agriculture durable et en santé. Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.

Agriculture et Agroalimentaire Canada (2010). Les systèmes de culture intercalaires avec arbres feuillus- Jumeler production de bois et production agricole tout en protégeant l’environnement. À partir de Agri-Reseau: https://www.agrireseau.net/Agroforesterie/documents/Agroforesterie_cultures_intercalaires_FR(1Mo).pdf

Eric Toensmeier. (2013). Integrating livestock in the forest. Permaculture Research Institute. À partir de Permaculturenews:  https://permaculturenews.org/2013/01/24/integrating-livestock-in-the-food-forest/

Gouvernement du Canada. (2006?). L’agroforesterie au Québec. À partir de Agri-Reseau: https://www.agrireseau.net/agriculturebiologique/documents/Agroforesterie_au_Quebec_final_fr.pdf

MAPAAQ. (2010?). Pratiques agroforestières. Programme d’appuie à la multifonctionnalité de l’agricultureÀ partir de MAPAQ:  http://www.mapaq.gouv.qc.ca/SiteCollectionDocuments/DeveloppementRegional/Multifonctionnalite/Fiche_agroforesterie.pdf

Mast Tree Network. (2009, novembre). Restoring the bounty of North America’s native woodlands- Chestnut finished pork. Retrieved 2018, from Mast Producing Trees: http://www.mast-producing-trees.org/2009/11/chestnut-finished-pork/

Sabrenna Bennett. (2012?). Silvopasture the benefits of integrating trees with livestock. À partir de NRCS: https://www.nrcs.usda.gov/wps/portal/nrcs/detail/sc/newsroom/stories/?cid=nrcs142p2_015619

Vouligny, C., & Gariépy, S. (2008, July). Les friches agricoles au Québec : état des lieux et approches de valorisation. À partir de Agri Réseau: https://www.agrireseau.net/Agroforesterie/documents/Rapport_friches_agricoles_QC_2007_Fr_Final.pdf

 

 

Managing Without Cow’s Milk?

Milk is a staple in most people’s diets and it is due to a multitude of its nutritional benefits or sometimes just to enjoy a nice cold drink. Nutrients include minerals, proteins, fats, carbohydrates and vitamins. Unfortunately, many people are not able to drink it due to being lactose intolerant. Lactose intolerance is caused by the body’s inability to produce enough of the enzyme called lactase that helps digest milk. This problem can be fixed through lactase supplementation but this can be a costly procedure and the worst part is that the supplementation has to be done every time before the consumption of milk (Johnson & Johnson Inc., 2014). However, there still is hope for those who cannot handle milk such as plant based milks like coconut, almond, rice and soybean but can they really supplement real milk? If so, which is best?

 

Research has been done in McGill university to compare 4 types of milk; coconut, almond, rice and soy to see how they fared against regular bovine milk and with each other (Vanga and Raghavan, 2018). They found pros and cons to each types of milk. Almond milk tastes good, has a balanced nutrient content, is low calorie but some people have nut allergies. Coconut milk tastes good, is low calorie but has no protein and is high in fat. Rice milk has similar calories to milk but it is high in sugar and does not fit in a balanced diet. Soy milk finally is high in protein, produces a balanced diet but the only con is that some have soy allergies and the taste can be somewhat ‘’beany’’. They conclude that soy milk is the best alternative to cow’s milk in a nutritional perspective compared to all the other types of plant milks.

 

This discovery can be a major contributor to Quebec’s agricultural revenue. This year alone Quebec has produced 1,15 metric tonnes of soy beans (SOY CANADA, 2018). Statistics show that up to 65% of the world’s population is lactose intolerant with some places having over 90% (U.S. Department of Heath & Human Services, 2018). One can assume that if soy milk’s benefits are properly marketed as the best substitute to regular milk then, the sales of soy milk might be greater than even regular milk. Currently the milk industry of Quebec produces over 2 billion dollars of product coming from 3 billion liters of milk. This corresponds to 28% of the revenue produced from Quebec farms (Les Producteur de Lait du Québec, 2018). As a wild guess, if the remainder 65% of the population were to consume soy milk regularly and assuming that soy milk is regulated and priced similarly to conventional milk then, a revenue of 3.71 billion dollars can be achieved.

 

It is my opinion that soy could become the next economic boom for Quebec. It is known that the bovine milk industry is highly regulated in Quebec and it is really hard for someone new to start producing milk due to its high initial investments. However, with the rise of soy milk demands, opening a soy farm and milk processing facility may be relatively affordable. It may be a good idea for keen minded entrepreneurs to get their piece of the pie before regulations get stricter.

 

References:

 

Johnson & Johnson Inc. 2014. Lactose intolerance treatment.

Available at www.lactaid.ca/coping-lactose.html (accessed 11 Feb. 2018). Johnson & Johnson. CA.

 

Les Producteur de Lait du Québec. 2018. Profile and impact of milk economy.

Available at lait.org/en/the-milk-economy/profile-and-impact-of-milk-economy/ (accessed 11 Feb. 2018). Les Producteur de Lait du Québec., Boul. Roland-Therrien, Longueuil, QC.

 

SOY CANADA. 2018. Canadian soybean production.

Available at www.soycanada.ca/statistics/production/ (accessed 11 Feb. 2018). SOY CANADA., Albert Street, Ottawa, ON.

 

U.S. National Library of Medicine. 2018. Lactose intolerance.

Available at ghr.nlm.nih.gov/condition/lactose-intolerance (accessed 11 Feb. 2018).U.S. Department of Heath & Human Services., Rockville Pike, Bethesda, USA.

 

Vanga, K. S., V. Raghavan. 2018. How well do plant based alternatives fare nutritionally compared to cow’s milk? J Food Sci Technol. 55:1-20

L’éclairage au DEL, un choix brillant !

Beaucoup d’agriculteurs sont sceptiques face aux nouvelles technologies qui frappent le marché. ‘Pourquoi améliorer quelque chose alors que cela fonctionne déjà très bien ?’ est une réflexion souvent entendue des plus vielles générations, qui doutent de la fiabilité des nouveaux gadgets qui leur sont proposés. Cette inquiétude est d’ailleurs bien souvent fondée, car l’avantage que peut fournir une nouvelle invention est souvent empreint d’une multitude de complications inattendues. Certaines technologies, toutefois, font exception à cette tendance, en compensant les quelques inconvénients qui leur sont attribués avec de nombreuses caractéristiques très avantageuses. Beaucoup argumenteraient qu’il s’agit du cas de l’éclairage au DEL, qui envahit présentement le marché de l’éclairage partout dans le monde.

 

La technologie des Diodes Électroluminescentes (DEL) ne date pas d’hier. En fait, les débuts de la technologie remontent au début du siècle dernier, alors que le scientifique Henry Round découvrait en 1907 que le matériau carborundum émettait de la lumière lorsque soumis à un courant électrique (Pust et al., 2015). Depuis, de nombreux matériaux arborant la même caractéristique, appelés semi-conducteurs, ont été découverts, permettant le développement d’un large spectre de couleurs émises possibles, et élargissant ainsi le potentiel de cette technologie.

Aujourd’hui, le marché de l’éclairage au DEL est en plein expansion. La grande variété d’applications et la grande efficacité de cette technologie en fait l’outil idéal dans de multiples domaines, de l’éclairage simple de bâtiments à la recherche en agriculture de précision, en passant par les écrans d’ordinateurs et de téléphones. Selon Maury Wright (2018), éditeur en chef de ‘LEDs Magazine’, l’industrie du luminaire DEL à elle seule avait une valeur d’environ 20 milliards de dollars en 2015, et pourrait atteindre les 45 milliards d’ici 2022.

Il n’est pas pour rien que les DEL sont maintenant si populaires dans autant de domaines. En agriculture, les usages de cette technologie sont principalement liés à l’éclairage des bâtiments. La ‘U.S. Energy Information Administration’ rapportait en 2014 que les ampoules au DEL sont environ cinq fois plus efficaces que les ampoules incandescentes conventionnelles, et encore plus efficaces que les ampoules fluoro-compactes, jusqu’alors considérées comme les plus éco énergétiques. De plus, les ampoules au DEL auraient une durée de vie trente fois plus élevée que les ampoules incandescentes, et trois fois plus élevée que les ampoules fluoro-compactes. Cela constitue un avantage considérable pour les fermiers, qui pourraient réduire de beaucoup leur facture d’électricité, simplement en adoptant un système d’éclairage au DEL. Par exemple, selon Transition Énergie Québec (TEQ, 2012), 17% de l’électricité consommée par une ferme laitière sert à l’éclairage. En effectuant cette transition, cette ferme verrait ce pourcentage diminuer, en plus d’épargner sur les coûts de remplacement plus fréquents des ampoules conventionnelles. TEQ estime qu’une transition d’un système d’éclairage conventionnel à un système plus performant peut engendrer des économies de 15 à 75 % sur les coûts d’énergie.

Il faut aussi mentionner que ce type d’éclairage est plus sécuritaire. Nombreuses sont les fermes dont les granges sont de construction ancienne, et promptes aux incendies. L’éclairage au DEL dans de tels bâtiments réduirait de beaucoup les risques de feu, du fait que les ampoules au DEL chauffent beaucoup moins que les ampoules incandescentes (Primeau, 2018).

 

Le marché de l’éclairage au DEL est en plein essors. Des améliorations sont amenées aux produits existants constamment. Malgré le prix des ampoules DEL plus élevé que les ampoules conventionnelles, elles comportent déjà un avantage économique à plus long terme, et promettent de multiplier les avantages qu’elles fournissent dans un avenir rapproché. Cette technologie pourrait profiter à bien des entreprises, en autant qu’elles lui accordent le mérite qui lui est due !

 

Références :

Comstock, O. and Jarzomski, K. (2014). LED Bulb Efficiency Expected to Continue Improving as Cost Declines. [online] Eia.gov. Available at: https://www.eia.gov/todayinenergy/detail.php?id=15471  [Accessed 8 Feb. 2018].

Pigeon, S., Fortier, C., Coderre, F. and Drolet, J. (2012). Éclairage Efficace. [online] Transitionenergetique.gouv.qc.ca. Available at: http://www.transitionenergetique.gouv.qc.ca/fileadmin/medias/pdf/agroalimentaire_agricole/8-%C3%89clairage_efficace.pdf  [Accessed 8 Feb. 2018].

Primeau, M. (2018). La Lumière sur l’Éclairage aux DEL. La Terre de Chez Nous. [online] Available at: http://www.laterre.ca/utiliterre/dossier/lumiere-leclairage-aux-del.php  [Accessed 8 Feb. 2018].

Pust, P., Schmidt, P. and Schnick, W. (2015). A Revolution in Lighting. Nature Materials, [online] 14(5), pp.454-458. Available at: https://www.scopus.com/record/display.uri?eid=2-s2.0-84928403664&origin=resultslist&sort=cp-f&src=s&sid=5dbc5906dc197365dafa82abed37fd2f&sot=a&sdt=a&sl=41&s=%22Market+Overview+for+Global+LED+Industry%22&relpos=0&citeCnt=137&searchTerm=  [Accessed 8 Feb. 2018].

Wright, M. (2018). New Year will continue a remarkable technology revolution in the lighting industry (MAGAZINE). LEDs Magazine. [online] Available at: http://www.ledsmagazine.com/articles/print/volume-15/issue-1/commentary/new-year-will-continue-a-remarkable-technology-revolution-in-the-lighting-industry.html  [Accessed 8 Feb. 2018].

A Slow Drag of the Greenrush

Cannabis Day, sorry I mean Canada Day 2018, has been a long time coming for many Canadians. Since the Liberal Party proposed legalization of cannabis back in 2012, and Prime Minister Justin Trudeau adopted the legalization as part of his campaign platform, many Canadians have been patiently waiting to see what will become of Bill C-45; more commonly known as the Cannabis Act (Parliament of Canada, 2017).

The Cannabis Act, when combined with Bill C-46 An Act to Amend the Criminal Code, essentially decriminalizes the possession, sale, production and consumption of cannabis (Government of Canada, 2017). Fresh cannabis, dried cannabis, cannabis oils, cannabis creams, infused cannabis beverages, cannabis seeds, cannabis plants, will be available from either a provincially or territorially regulated retailer, or directly from a federally licensed producer. Individuals will also be allowed to cultivate up to 4 plants at home and bake magic brownies! I mean, “prepare various types of cannabis products for personal use” (Government of Canada, 2017).

Originating from Central Asia, the two most widely cultivated and economically important species are Cannabis sativa and Cannabis indica (Andre et al., 2016; Thomas & Elsohly, 2016). A fast-growing annual crop, cannabis is a gold mine of phytochemicals and a rich source of cellulosic and woody fibers (Andre et al., 2016).  The most researched cannabis phytochemicals, or cannabinoids, are delta-9-tetrahydrocannabinol (THC), and cannabidiol (CBD) (McLellan et al., 2016). CBD is of particular interest in the medical community for its anti-inflammatory properties as well as the treatment of pain, spasms, asthma, insomnia, depression, loss of appetite, epilepsy and Tourette syndrome (Elsas, 2009; Müller-Vahl, 2015). For those people who are more interested in brighter colours and better sounding music, THC is the compound to thank for its psychoactive effects.

However, the pharmaceutical industry is not the only industry interested in cannabis production. Lighter and stronger than polypropylene plastic, cannabis bast fiber is of particular interest in the automotive industry (Andre et al., 2016).  Additionally, the woody fibers from cannabis have high absorption capacity and can be used for animal bedding, and the stem can be used as a source of fiber with antibacterial properties.

Canada has one of the highest rates of cannabis use in the world, with 40 percent of Canadians admitting to having used cannabis despite the associated criminal penalties (Government of Canada, 2017; Sen, 2016). Once cannabis is legalized, one study estimates combined tax revenues as high as $5 billion a year (Shenfeld, 2016). A definitive price for current black-market cannabis is hard to determine, although estimates for legal market medical and recreational cannabis fall around $8 per gram (Israel, 2017).

To get a piece of the pie, all producers of cannabis or cannabis products will need to be federally licensed to operate (Government of Canada, 2017). At this moment, there are 90 licensed producers in Canada, the two biggest players being Ontario with 48 licenced producers and British Columbia with 19 (Government of Canada, 2018).  And in Quebec? Six. In 2017, 25 producers were licenced in Ontario. How many producers were licenced last year in Quebec? Three. Does Ontario know something we don’t?

The Cannabis Act is not only making Canadian history, but it is opening doors of opportunity. The market is new. The market is exciting. The market is developing. But to keep the market competitive, and to keep the market diverse, there needs to be more involvement from small producers, family farms, and entrepreneurs. In Quebec there are currently 247 greenhouse vegetable farms, all with similar products, competing in the same market (Statistics Canada, 2017). If you’re one of them, and you need to diversify, well, here’s the opportunity. Or maybe you’re an entrepreneur with a vision. Whatever your angle, it’s time to get involved. And personally, I’d like to see involvement from every province.

 

References:

Andre, C. M., Hausman, J.F., & Guerriero, G. 2016. Cannabis sativa: The Plant of the Thousand and One Molecules. Frontiers in Plant Science 2016 (7):19.

Elsas, Siegward-M. 2009. Complementary and Alternative Therapies and the Aging Population. Academic Press, 2009, 83-96.

Government of Canada. 2017. Introduction of the Cannabis Act: Questions and Answers. Government of Canada, Ottawa, ON. Available at https://www.canada.ca/en/services/health/campaigns/introduction-cannabis-act-questions-answers.html#a8 (accessed 17 February 2018).

Government of Canada. 2018. Authorized Licensed Producers of Cannabis for Medical Purposes. Government of Canada, Ottawa, ON. Available at https://www.canada.ca/en/health-canada/services/drugs-health-products/medical-use-marijuana/licensed-producers/authorized-licensed-producers-medical-purposes.html (accessed 17 February 2018).

Israel, Solomon. 2017. How high will the price of legal pot be? CBC News, Montreal, QC. Available at http://www.cbc.ca/news/business/canada-marijuana-legalization-price-1.4047530 (accessed 17 February 2018).

McLellan, A.A, Ware, M.A., Boyd, S., Chow, G., Jesso, M., Kendall, P., Souccar, R., von Tigerstrom, B., & Zahn, C. 2016. A Framework for the Legalization and Regulation of Cannabis in Canada. Government of Canada, Ottawa, ON. Available at https://www.canada.ca/en/services/health/marijuana-cannabis/task-force-marijuana-legalization-regulation/framework-legalization-regulation-cannabis-in-canada.html?_ga=2.183901285.215878009.1506978977-195686444.1487610150#a2 (accessed 17 February 2018).

Müller-Vahl, Kirsten R. 2015. Cannabinois in Neurologic and Mental Disease. Academic Press, 2015, 227-245.

Parliament of Canada. 2017. Bill C-45: An Act respecting cannabis and to amend the Controlled Drugs and Substances Act, the Criminal Code and other Acts. Parliament of Canada, Ottawa, ON. Available at http://www.parl.ca/DocumentViewer/en/42-1/bill/C-45/third-reading (accessed 17 February 2018).

Sen, Anindya. 2016. Joint Venture: A Blueprint for Federal and Provincial Marijuana Policy. C.D. Howe Institute, Toronto, ON. Available at https://www.cdhowe.org/sites/default/files/attachments/research_papers/mixed/e-brief_235.pdf (accessed 17 February 2018).

Shenfeld, Avery. 2016. Growing Their Own Revenue: The Fiscal Impacts of Cannabis Legalization. CIBC World Markets Inc., Toronto, ON. Available at http://research.cibcwm.com/economic_public/download/eijan16.pdf (accessed 17 February 2018).

Statistics Canada. 2017. Estimates of specialized greenhouse operations, greenhouse area, and month of operation. Statistics Canada, Ottawa, ON. Available at http://www5.statcan.gc.ca/cansim/a47 (accessed 18 February 2018).

Thomas, B.F., & Elsohly, M.A. 2016. The Analytical Chemistry of Cannabis. Elsevier Inc., Amsterdams, NL.

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