Francophone à McGill cherche confiance en anglais

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Bonjour,

Je m’appelle Fannie, j’ai décidé volontairement d’étudier à McGill parce que c’est une université anglophone même si…  l’anglais n’a jamais été ma force. Ajoutons à cela une timidité que j’ai mis plus de vingt ans à vaincre pour pouvoir m’exprimer librement et facilement dans ma langue maternelle.

Bref, pour le dire en bon québécois: j’ai la chienne chaque fois que je dois parler ou écrire en anglais.

Ma première session à McGill, soit quatre cours de propédeutique avant de commencer mon doctorat, je l’ai passée avec un mal de tête presque constant. C’est une chose d’écouter des séries américaines et de lire quelques livres par-ci, par-là, mais c’en est une autre de vivre en anglais au quotidien. De devoir comprendre les accents, les termes techniques, de traduire, de lire près de mille pages par semaine dans une langue qui ne m’était pas si familière.

Les premières semaines de cours, je me notais des phrases à l’avance pour pouvoir participer en classe. J’attendais le bon moment pour les lancer, avant de soupirer de soulagement dès que je pouvais retomber dans mon mutisme.

J’ai toujours écrit en français, ayant peur que mes textes ne soient pas à la hauteur de mes idées. Et parce qu’il me faut beaucoup plus de temps pour écrire dans la langue de Shakespeare.

J’ai littéralement tremblé de peur dans mes premières classes en tant que T.A. Je m’excusais à l’avance pour toutes les erreurs que j’allais commettre en anglais.

Et… j’ai survécu.

Je dirais même plus: mon plan masochiste pour m’obliger à améliorer mon anglais a fonctionné. J’ai plus appris en deux ans de doctorat qu’en neuf années de cours à l’école. Plusieurs étudiants de ma première session en tant que T.A. m’ont dit d’arrêter de m’en faire pour le niveau de ma langue. J’ai commencé à penser – et même parfois rêver! – en anglais. Je sais pertinemment que je fais des erreurs, que je cherche parfois mes mots, mais je suis beaucoup moins stressée.

Sauf à l’écrit, the final frontier. Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. J’ai encore peur de me jeter à l’eau.

C’est pourquoi la langue a été le thème de mon premier billet. Pour expliquer pourquoi j’écris en français… et pour me donner le défi de faire quelques textes en anglais. Merci d’excuser mes erreurs, n’hésitez pas à me corriger. J’ai plein d’autres qualités, vous allez voir.

Comment se passent vos expériences dans une langue seconde?

 

 

Tropical Tribulations, Episode 3: Time on Fieldwork Flies – but Brazil Flies Higher. [français]

Les choses pourraient être pires au Brésil...

Les choses pourraient être pires au Brésil…

Les dernières semaines n’ont, au niveau planétaire, pas exactement été joyeuses. Entre Gaza, la Syrie, l’Irak, le Soudan du Sud, et l’Ebola, on s’en retrouve à ne pas vouloir allumer les nouvelles. Mais, caché derrière les flash-infos sur avions perdus et terres débattues, il y aussi du bon! Des développements, souvent invisibles de par leur lenteur, mais qui redonnent un peu d’espoir dans un monde dont on entend si souvent qu’il se désintègre. Pour les déprimé(e)s des nouvelles, et autres curieux, donc: un regard vers le Brésil.

Le Brésil – qu’est-il donc? Le pays du football, de la joie, de la fête? De la samba, du manioc, et de l’Amazone? Ou des favelas, de la corruption, et de l’inégalité? Les journaux pendant la Coupe du Monde avaient du mal à se décider, célébrant un moment les stéréotypes festifs de ce pays “accueillant”, “vivant”, et “dynamique”, avant de rappeler au lecteur que “tout n’est pas rose au Brésil” (ah bon?) et qu’il y a “une face cachée”, et même de la violence, de la misère, voyons-même, de l’injustice!

Le Brésil est, sans doute, un peu de tout ça, et bien plus. Mais au-delà des apparences, soient-elles négatives ou positives, ma recherche ici m’a porté à assister à l’émergence d’un nouveau Brésil, dont le changement, aidé par le haut, s’opère par le bas. Vamos lá!

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Tropical Tribulations, Episode 1: “First Steps”. Qui a dit que le Brésil était chaud, cher, et carnivore?

Recife! (État du Pernambuco, Nord-Est du Brésil)

Recife!
(Pernambuco, Brésil)

Comment ne pas commencer un voyage: arriver à l’aéroport avec exactement 4 dollars canadiens dans les poches, pour se rendre compte que les cartes bancaires ne marchent pas au distributeur. Peut-on payer par carte de crédit au bureau de change? Non plus. De toute façon, celles-ci ne marcheraient peut-être même pas, faute d’avoir prévenu la banque du voyage… et je ne sais pas exactement où je dors ce soir. Excellent début.

Les premiers moments en nouveau territoire présentent toujours leur difficultés, qu’une bonne organisation ne peut pas toujours prévenir (sauf – voir ci-dessus). Comment fonctionnent les bus, les banques, la vie? Où vivre, avec qui, à quel prix? Quand jouer le touriste, en prenant son temps pour découvrir les lieux, quand jouer le troubadour, en prenant sa bière pour découvrir les gens, et quand se retirer pour travailler, afin de démarrer la recherche sur les chapeaux de roues? Tant de choix, d’opportunités, et de dilemmes dans ces premiers jours – jours au cours desquels, jonglant entre rêves et réalités, trêves et activités, et fèves [le feijão!] et festivités, j’ai découvert que le Brésil n’était ni si cher, ni si chaud, ni encore si carnivore qu’on ne le raconte. Récit d’un début de voyage.

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AÉCSUM, Politique Étudiante et Conseil Généraux – Mémoires d’un Représentant

La démocratie en mouvement... assise.

La démocratie en mouvement… assise.
(photo: McGill Daily)

Un autre mois qui passe à McGill, un autre conseil général de l’AÉCSUM. L’AÉCSUM (mieux connue sou son nom anglais, PGSS) est l’Association Étudiante des Cycles Supérieurs de l’Université McGill. Je reviens tout juste de son conseil général, qui regroupe les représentants de toutes les Associations des Étudiants Gradués (AEGs) des diverses discipline, et qui – en tant que plus haute instance de l’organisation – est chargé de toutes les décisions importantes (et de celles qui ne le sont pas, aussi…). Après deux années passées en tant que représentant de mon AEG (Sciences Politiques), ce soir aura été mon dernier conseil. Ci-joint, donc, quelques réflexions vis-à-vis de la politique étudiante à McGill, de l’AÉCSUM, et de mon temps passé en contact avec ces éléments.

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Qu’en est-il du français à McGill? Un aperçu.

Le drapeau français avant qu’il soit remplacé par la Tricolore après la Révolution. D’éventuelles ressemblances au drapeau du Québec sont entièrement fortuites.
Source: rgbstock.com

Je m’étais, alors que je commençai à écrire pour ce blog, promis d’écrire un “post” sur deux en français. Cette ambition se fondait sur une double motivation: d’abord, celle de faire justice à une audience forcément diverse, souvent bilingue, et en partie francophone. Ensuite, je souhaitais renouer avec la rédaction du français, qui s’est faite rare au cours d’années passées à poursuivre des études en anglais.

Malheureusement, la deuxième motivation a rapidement eu raison de la première, et pas dans le sens désiré: dur de se forcer à écrire en français alors que l’on passe ses journées à lire et à rédiger en anglais. Mon ambition s’est donc bien vite estompée, et mes “posts” ont, jusqu’à ce jour, tous été en anglais. Mais il n’est jamais trop tard! – d’autant plus que Guillaume vient de publier son premier post en français, ce qui m’a encouragé à renouer avec mon ancienne promesse. Mais le français – parlons-en, justement. Qu’en est-il du français à McGill? Est-il pratiqué? Quelle est sa place, de droit et d’usage? Questions linguistiques, questions culturelles, questions politiques même (ou surtout!?) – ci-dessous, un aperçu, forcément personnel.

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