Terrorism, Ethnic Divisions and a National Day of Protests

2014-ODell-AnnieAnnie O’Dell

It’s now week 6 in Meru, Kenya. Since we have arrived, Kenya has made the international news on several occasions.

  • May 3, 2014: two bombings in Mombasa.
  • May 4, 2014: two buses bombed in Nairobi, four killed.
  • May 10, 2014: I arrived in Nairobi.
  • May 15, 2014: travel advisories for most Western countries increased to include a high threat of terrorism. British nationals are evacuated from Mombasa and the coast.
  • May 16, 2014: a bombing in a market in Nairobi killing 12, wounding 70.
  • June 10, 2014: a Muslim cleric was shot in Mombasa, followed by more clerics killed and some rioting.
  • June 15, 2014: 48 people killed in a small town on the coast and near the border of Somalia, only non-Muslim men were targeted, though apparently 12 women were abducted.
  • June 16, 2014: near the town attacked the day before, ten more killed while watching the World Cup.

This follows a history that includes the Westgate mall shooting (killing 74) only last September. It also includes an attack on the international airport in Nairobi in January. As well as many other smaller-scale attacks that I did not bother listing above because they happened more than a week before my arrival.

In 2011, Kenyan troops entered Somalia. This move has increased terror attacks by the terrorist group linked to Al-Qaeda, Al-Shabaab.

However, the situation is more complex than Somali terrorism. Last year, President Kenyatta (racially a Kikuyu) won a much-disputed election against Prime Minister Odinga (who is Luo). Odinga claimed the elections were rigged, but the Supreme Court disagreed. The election results caused riots but pales in comparison to the violence that erupted after the elections in 2007. President Kenyatta has been charged by the ICC for inciting and financing parts of that 2007 violence.

Odinga, is currently calling for a day of protests on July 7th, the Saba Saba day. Saba Saba (meaning “seven seven”) is the anniversary of a revolution overthrowing an apparent dictatorship in 1990. This day is expected to be filled with riots and roadblocks.

Al-Shabaab has apparently taken responsibility for the two most recent attacks. But the President is claiming they are part of a political ploy to divide the country among the ethnic lines of Kikuyu and Luo. This conflict is increasing tension and distrust among the population, particularly those near the Somali border who are now arming themselves.

Where we are stationed has never been affected by any violence, terrorist or political. The violence and upsets are not affecting our work in the region but it is affecting our ability to travel on weekends and our parents’ sense of security. We booked a trip to Nairobi this weekend. We haven’t had running water for four weeks now, and this is practically our only opportunity to bathe. We are also looking forward to some Western comforts, such as burgers and movie theatres. But now, though Nairobi hasn’t been attacked in a few weeks, we have had to seriously evaluate whether we should cancel our trip. It’s kind of an odd feeling to weigh options like showering and burgers against the relatively remote, but not unlikely, threat of terrorism.

Frénésie électorale, version Cambodge

2013 Lea Pelletier-Marcotte 100x150Lea Pelletier-Marcotte

L’attente des résultats suite à un scrutin varie selon l’endroit où vous vous trouvez dans le monde. Au Québec, au Canada et aux États-Unis, on passe la soirée à suivre le dépouillement jusqu’au dévoilement des résultats, quelques heures plus tard. C’est souvent l’occasion de se retrouver entre amis, discuter de la campagne électorale qui se termine, partager ses pronostics, voir la déception des uns, la joie des autres mais surtout, d’observer le développement graduel de la mosaïque électorale. Je me souviens avoir séjourné en France pendant les élections présidentielles de 2007. J’avais prévu passer la soirée devant la télé, mais ai découvert que les résultats étaient annoncés tout d’un coup, à 20 heures.

Au Cambodge, deux semaines après la tenue des élections nationales, on est toujours dans l’attente des résultats.

Ce n’est que quelques jours avant d’atterrir au Cambodge que j’ai découvert que des élections allaient avoir lieu pendant mon stage. Je me suis dit que cela allait très certainement annoncer la couleur de celui-ci, et je ne me suis pas trompée.

Pendant mon stage, j’ai touché à tout. J’ai travaillé sur divers dossiers, divers rapports, diverses situations. À aucun moment je ne me suis plaint de la monotonie de mes tâches. Au contraire, à certains moments, je ne savais plus où donner de la tête. Mais malgré la grande diversité des événements, incidents et autres violations des droits de l’Homme auxquels nous furent confrontés, la grande majorité d’entre eux avaient cet arrière-goût électoral. Et je ne parle pas, ici, de ce qui s’est produit pendant la campagne électorale et dont le caractère politique est évident. Je parle surtout de ce qui l’a précédé.

L’année 2012 a définitivement mis la table pour les élections de 2013. Arrestations, harcèlement judiciaire, emprisonnements et assassinats dirigés contre des critiques du gouvernement, activistes, journalistes… Ce fut l’année la plus violente documentée jusqu’ici par la LICADHO.

Puis, il y a le fait que le leader de l’opposition se trouvait en exil, et que tous les membres de l’opposition siégeant à cambol’Assemblée nationale en furent expulsés deux mois avant les élections.

Ajoutons également le fait que le taux d’inscription des électeurs était, dans plusieurs secteurs de Phnom Penh, de plus de 100%, allant même jusqu’à atteindre 168%.

Ajoutons finalement la censure des médias pendant la campagne électorale, et les nombreuses menaces dont furent victimes certaines ONG.

Au vu de ceci,  et de nombreuses autres irrégularités dans la préparation de sélections, il n’est pas surprenant que le Committee for Free and Fair Elections in Cambodia (COMFREL) ait déclaré que les élections de 2013 s’annonçaient être « the least fair » depuis celles organisées par l’Autorité provisoire des Nations Unies au Cambodge en 1993.

Dans le cadre de mon stage, j’ai eu à agir en tant qu’observatrice des élections, rôle par rapport auquel j’étais plutôt tiède. Le côté paternaliste de la chose me laissait dubitative. Qui suis-je, moi, avec mon badge, pour vous observer et vous dire si tout est fait « comme il le faut »? De plus, advenant que les élections ne soient qu’une gigantesque tricherie, ma seule présence parviendrait à les légitimer. Mais puisque tous les employés de mon ONG agissaient à titre d’observateurs, alors je n’avais d’autre choix que de m’acquitter de cette tâche moi aussi, peu importe ce que j’en pensais.

Notre équipe avait reçu des consignes quelque peu différentes des autres. Nous allions visiter des bureaux de vote, mais allions également visiter des communautés pour recueillir des témoignages sur leur expérience aux urnes. En l’espèce, les deux communautés que nous avons visitées étaient constituées d’habitants des communes de Borei Keila et de Dey Krahorm, à Phnom Penh, qui furent évincés par les autorités dans les dernières années et relocalisés en dehors de la ville,  à environ 45-60 minutes de celle-ci. Nous trouvions intéressant de se pencher sur ces communautés relocalisées, au vu de la violation de leur droit au logement par les autorités ainsi que de leurs conditions de vie actuelles, très difficiles. En effet, puisqu’il y avait peu de chances que leur vote aille du côté du parti au pouvoir, le gouvernement avait plusieurs raisons de leur compliquer la tâche.  Il était donc probable que certaines irrégularités soient visibles, le jour du vote, aux bureaux de scrutin assignés à ces communautés.

Au final, mon équipe et moi n’avons été témoins que de quelques incidents, mais rien qui laissait penser à des irrégularités systématiques dans les bureaux de scrutin que nous avons observés. Les membres des communautés que nous avons interrogés, communautés avec lesquelles la LICADHO travaille depuis des années, nous ont avoué ne pas avoir été victimes ou témoins d’incidents qui indiqueraient qu’ils étaient particulièrement ciblés. Ainsi, à la fin de la journée, je me suis surprise à penser que la catastrophe annoncée ne s’était pas produite. Du moins, si l’on se fie à mon expérience. D’autres bureaux de scrutins furent plus agités, certaines personnes n’ont pu voter pour une panoplie de raisons, et certains problèmes sont survenus qui ont requis l’intervention des policiers. Mais de mon côté, c’était le calme plat.

Peu après, je me suis mise dans la peau d’une observatrice qui ne serait arrivée au Cambodge que quelques jours ou quelques heures avant le jour du scrutin. Je n’aurais pas vraiment été témoin du climat électoral, ni avant, ni pendant la campagne. Je ne serais au Cambodge que pour observer comment se déroule le jour du scrutin : listes, pièces d’identification, ballot réglementaire, isoloirs adéquats, ballot bien plié, bien déposé dans l’urne avec le sceau du bon côté, encre sur le doigt jusqu’à la jointure, décompte des votes transparent et bien effectué. Check. Check. Check.

Le chef de l’opposition qui a reçu un pardon royal et qui est rentré d’exil. Check.

Et puis, il n’y a pas eu trop de violence. Check.

Oui, je pourrais comprendre que certaines personnes se risqueraient à qualifier ces élections de  «libres» et «justes» en ne considérant que ces quelques critères sommaires, et en ne se basant que sur le déroulement du jour du scrutin. Certains l’ont fait : l’International Conference of Asian Political Parties a vite annoncé, après le scrutin, que ces élections étaient “a triumph of popular will and a victory for the Cambodian people”, sans préciser, toutefois, qu’ils ne se basaient que ce qui s’est produit le jour du scrutin même. Pas avant. Bien sûr, le Comité national des Élections, organe tout à fait non-indépendant en charge d’organiser le scrutin, s’est saisi de cette citation et la brandit désormais bien haut en réponse  à tous ces détracteurs qui, au lendemain du scrutin, osaient dire que le processus démocratique n’était pas si «libre», «juste» et «transparent» que ça.

Pour quiconque a moindrement étudié les jours, semaines et mois qui ont précédé les élections au Cambodge, qualifier son processus démocratique de succès, de symbole de sa maturité politique et la démonstration d’une transition réussie, est tout à fait absurde. Peu importe ce qui se déroule le jour des élections, celui-ci n’est que le point culminant d’un processus démocratique qui se doit d’être continuel. La démocratie, la liberté, la justice, la transparence, la non-violence, ce n’est pas l’affaire d’une journée. Pourtant, c’est ce que retiennent nombre d’observateurs internationaux qui ne viennent que pour se faire mettre, l’espace d’un court séjour, de la poudre aux yeux, et qui repartent avec le sentiment d’avoir été les témoins d’un haut moment de la démocratie dans un pays qui, malheureusement, n’a pas fini de soigner ses plaies.

Où en sommes-nous? Le parti de l’opposition revendique la victoire après l’annonce des résultats préliminaires. Le CPP n’est pas très chaud à l’idée d’une enquête internationale, ni à la trop grande implication de la société civile dans celle-ci. Le vent de racisme et de xénophobie contre les cambodgiens d’origine vietnamienne, très puissant pendant la campagne électorale, s’amplifie. Un peu partout au pays, des tanks sont déployés, tels des fantômes qui attendent la suite de l’histoire. On veut calmer les passions tout en les attisant, dans l’attente des résultats, qui seront loin de calmer le jeu.

La manipulation des cicatrices et des esprits ne connaît, au Cambodge, aucune limite.

 

 

Ghana’s electoral drama: the 2012 Election Petition

2013 Angela Slater 100x150By Angela Slater

Despite a tumultuous political history, including several military dictatorships, Ghana has reached a period of peace. Despite a fall from previous years, Ghana was ranked as the 58th most peaceful country in the world, ahead of the U.S at 99th and South Africa at 121.[1] Ghanaians are proud of the peace in their country, and most people seem committed to keeping it that way. One symbol of this commitment to peace is Ghana’s most recent constitution, enacted in 1992. Considering Ghana’s chequered political history, the current constitution is a symbol of endurance. Unlike Ghana’s other constitutions it has weathered the rise and fall of four democratically elected governments.[2] Like Canada, Ghana’s constitution entrenched a number of civil, political and human rights. These may be enforced by a special tribunal for human rights, the High Court, or the Supreme Court. Despite this similarity, many parts of the constitution are under litigated by Canadian standards. There are many reasons for this, but part of it has to do with the reluctance to accept judicial review as a legitimate interference in an already tense political process, as well as a widespread concern at confronting the government in an adversarial court battle.[3]

Given this backdrop, a case before the Supreme Court has caught the attention of the whole country. Ghana’s opposition has brought an action before the Supreme Court claiming widespread election malpractice and fraud. Election malpractice has always been a concern in Ghana. During the elections last year Ghana even had extra power shipped in from Nigeria to ensure that the lights stayed on during the electoral period. Unfortunately this wasn’t enough to prevent criticism of the elections. The 2012 Election Petition has now been before the court for over a month, and it is difficult to go anywhere without hearing a radio blaring something about the ‘pink sheets’. Pink sheets are missing!! Pink sheets have irregularities!! Pink sheets are unreadable!! The list goes on. Such a context is ripe for courtroom drama, and there has been plenty of that. Two people have even been thrown in jail for criminal contempt of court. One journalist was jailed for ten days after he called the Supreme Court Justices “hypocritical” in an editorial that appeared in a local newspaper.[4] More humorously recent testimony indicated that a polling officer wrote twenty seven zero instead of two hundred seventy on one of the pink sheets.[5] Throw in a romantic sub-plot and the election petition has all the makings of John Grisham style courtroom thriller.

But among all the drama, a very important legal and political question is at stake. Can Ghana handle the Supreme Court batting down election results and potentially deposing the current administration? Are Ghanaians able to accept the consequences of the judicial review entrenched in their constitution? This is the question that keeps Ghanaians up at night, and it is the reason you can’t go anywhere without hearing about those pink sheets. The concern is legitimate. One of those jailed for contempt of court was a member of the incumbent party who threatened violence if his party was deposed by the court decision. Although he later apologized, his threat plays on the fears of many Ghanaians who know all too well what it means to live under threat of war.

The trial is now coming to a close, and soon Ghana will have to live with the results of one of the biggest legal decisions this country has ever seen. In making its decision, the court has three options: to uphold the election results, call a new election, or award the election victory to the opposing party. A bad decision could spell trouble for the peace Ghana has worked so hard to enjoy. A good decision could be a landmark case that would change landscape for judicial review in Ghana. Despite the beating of war drums and the court room drama, I think that Ghana will weather the election petition. Faith in the court system is at the heart of a constitution which requires judicial review to answer controversial questions. As a Canadian I understand the type of faith required to trust the court to review contentious legislation and administrative actions. Although Ghana is a wildly different place, I think that Ghanaians ultimately have faith in their courts and the democracy they have worked so hard to build. I hope that their faith is justified when the court turns out their decision in the coming weeks.


[1] Institute for Economics and Peace, 2013 Global Peace Index Report (2013) http://www.dailyguideghana.com/?p=87879.

[2] Kofi Kumando & S.O. Gyandoh Jr., Sourcebook of the Constitutional Law of Ghana 2nd ed v.1 pt 1 (Accra: Black Mask Publishing, 2009) at vi.

[3] Peter Atudiwe Atupare, “Legitimacy, Judicial Review and Human Rights Enforcement in Ghana”, (2005-2007) 23 University of Ghana Law Journal 228.

[4]William Yaw Owusu & Nii Ogbamey Tetteh,  “2 Jailed for Contempt”, Daily Guide Ghana, (July 3 2013),  http://www.dailyguideghana.com/?p=87879.

[5]  William Yaw Owusu & Nii Ogbamey Tetteh, “My Boys Did a Bad Job”, Daily Guide Ghana (July 9 2013) http://www.dailyguideghana.com/?p=88449.

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