Post #2

Caroline Lavoie

By Caroline Lavoie

Hi everyone,
In my last post, I didn’t say much about where I was actually interning this summer. So here is some information and thoughts about Morocco’s National Human Rights Council (CNDH)!

The CNDH was founded in 2011 by the King of Morocco, Mohammed VI, in the context of a significant wave of protests (known as the February 20th Movement) that took place in Morocco, inspired by the Arab Spring. Its mission is to promote and protect human rights in the country. It does so by conducting research, advising the government, cooperating with national and international human rights organisations, doing advocacy work, conducting awareness-raising activities, promoting a culture of human rights in the country and by responding to allegations of human rights violations submitted by citizens. The CNDH receives thousands of such complaints a year, about a number of different types of violations- allegations of mistreatment in detention centres and violations of the right to peaceful protest are just a few examples. The Council does not have the power to enforce human rights laws when an allegation is proven- its role is to ensure better access to justice for victims and monitor whether justice is being served.

During my internship, I noticed very little coordination and cooperation between the different departments of the CNDH. This was unfortunate for me, as I would have liked to have learned more about the institution’s procedures regarding complaints of human rights violations, which are handled by the Department of Protection. Working in the Department of Cooperation and International Relations, I felt very removed from the human rights situation ‘on the ground’ in Morocco, and had little sense of what the CNDH did to protect and promote human on a practical level. Nonetheless, this in itself was an important learning experience for me- it made me realize that ultimately, I think I prefer working in smaller organisations where I can have a more direct relationship with people affected by human rights issues.

Since I didn’t post pictures last time, I’ll end this post with a few of Rabat!

Like Montreal, the city has beautiful public art.

Street markets are very common, and active late into the night.

The beach! 

A few thoughts…

 By Caroline Lavoie

I can’t believe it’s already been nearly a month since I arrived in Morocco – time flies!

One of my tasks over these past few weeks has been to compile a list of NGOs based in Africa and North America. I was expecting a straightforward task of simply searching for these organisations and copy-pasting their mission and contact information, and while technically that’s what it was, I found myself unexpectedly moved by it.

It was deeply humbling to see the sheer multitude of people organising themselves, around the world, to make lives better- whether it was the lives of members of their communities, of people like themselves, of future generations, of their loved ones, of strangers, or their own. What’s more, these activists sometimes put themselves at great personal risk to do this work.

One NGO I stumbled across, “Awid Women’s Rights,” has an online memorial that “honors feminists and Women Human Rights Defenders (WHRDs) who have died and whose contributions to the advancement of human rights are very much missed.”(1) Needless to say, it was hard to read about people – many of whom I identified with, who are a part of my community and/or advocate on behalf of it – getting killed because of their work in human rights. It was a serious reminder that it’s thanks to the work of people like this, over generations and still happening now, that the good life I have and the opportunities available to me exist.

To conclude, a list of a few random thoughts outside the context of the internship itself…

  • Something I’m missing from home: Dancing!
  • Something I know I’ll be missing from Morocco: Those fresh, fresh juices.
  • Something I’ve learned: Where to line up to catch the shared commuter taxi.
  • Something I’m grateful for: Rabat’s ocean breeze, usually keeping the temperature in the very pleasant 20-30C range, unlike in other Moroccan cities (looking at you, Marrakesh.)
  • Something I’m listening to: Elida Almeida, “Bersu d’Oru” (thanks for the introduction, Festival Mawazine!)
  • Something I’ve read: Amin Maalouf, “Leo the African” (a great read when you’re in the midst of travelling yourself.)
  • Something I dislike: Still dressing modestly when the temperature climbs…
  • A place I loved: Essaouira!
  • Something I’m nervous about: attempting a few days (too optimistic??) of fasting for Ramadan, or as my coworkers call it, ‘aww, the equivalent of a child’s first Ramadan!’ Wish me luck!

FOOTNOTE: (1) https://www.awid.org/about-whrd-tribute

Avancer à tâtons dans le brouillard

2016 Beauchemin AntoineQuatre semaines de stage plus tard, les brumes commencent à se dissiper.

Par Antoine Beauchemin

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Depuis plusieurs mois déjà, je planifie mon arrivée à Rabat, capitale du Maroc, en vue de travailler au Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). Depuis plusieurs mois déjà, je m’imagine le type de réformes que « je », activiste passionné et fervent défenseur des droits de la personne, pourrais concevoir; à tout le moins, je réfléchis aux influences que ma présence pourrait avoir tant sur le travail collectif du CNDH qu’à plus grande échelle, dans le Royaume du Maroc. Depuis plusieurs mois déjà, enfin, je me montre [en toute connaissance de cause, il faut l’admettre] quelque peu naïf et attends avec impatience de quitter, non sans quelque malaise, le confort de ma vie montréalaise vers les confins d’un État qui m’est inconnu, prometteur de chocs déstabilisants et d’apprentissages enrichissants.

Et c’est au CNDH que je désirais travailler 12 semaines. Le CNDH, organisation merveilleuse et indépendante du gouvernement, assure deux missions primordiales : la protection et la promotion des droits humains. Mon département, la coopération et les relations internationales, se spécialise notamment dans la réconciliation entre la loi nationale et les recommandations internationales en termes de droits humains. Le droit international et les droits de la personne étant deux disciplines éveillant un grand intérêt chez moi, je constate que j’aurai assurément la chance de m’épanouir au CNDH lors des trois prochains mois.

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Il est vendredi après-midi. Je viens de compléter ma quatrième semaine de travail au CNDH et me dirige vers la station de train en vue de visiter Marrakech durant la fin de semaine. Il fait chaud et ensoleillé constamment, continuellement, perpétuellement. Bref, toujours. J’aime.

Depuis mon arrivée au CNDH, situé dans un quartier huppé de Rabat, je me suis immergé dans la lecture de rapports, de projets de recherche, d’actualités et de législations marocaines. Profitant des longues journées de travail qui s’étalent parfois jusqu’à 18h00, j’ai désiré m’immiscer pleinement dans les grandes thématiques abordées par le CNDH afin de pouvoir y apporter des idées et des réflexions de l’intérieur. Le droit étant une science s’élevant pratiquement à la métaphysique, j’essayais d’en délimiter la portée et de rechercher des voies potentielles d’innovations en termes de droits humains. Une mission laborieuse, certes, mais ô combien gratifiante.

Outre mon accent québécois, c’est mon rattachement au Canada qui a attisé la curiosité de plusieurs. C’est d’ailleurs cet aspect qui a orienté la mission principale de mon stage : cartographier les organisations non gouvernementales, les acteurs étatiques, les institutions de recherche en droits humains, etc., établis au Canada, afin de faciliter de potentiels partenariats futurs et d’amplifier la communication outre-mer. C’est un travail en continu et très pertinent qui me fait découvrir tant l’administration marocaine que canadienne en ce qui a trait aux droits de la personne.

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Je quitte néanmoins le bureau quelque peu perplexe : bien que les sujets abordés soient d’un intérêt qui ne laisse planer aucun doute (mariages forcés, COP22, femmes migrantes, élections législatives, etc.), le type de travail et la façon de l’accomplir  demeurent, somme toute, assez vagues.

C’est qu’il y a une disproportion bien réelle entre le temps passé à la recherche sur les droits humains et le caractère « tangible » des résultats qui en découlent. Ma mission principale, bien que fort enrichissante, est un travail formel davantage que substantif; les résultats escomptés ne semblent donc pas, a priori, se concentrer au cœur des droits humains. Je recherche ainsi encore ma voie dans cet univers parfois opaque.

Confronté à cette situation, je conçois deux causes potentielles.

Cause première : il n’y a pas de voie toute tracée, de façon optimale d’aborder les droits humains. À vrai dire, les violations de droits fondamentaux étant toutes uniques et ancrées dans une réalité qui leur est propre, aucun schéma « standardisé » n’est convenable. Dès lors, chercher « la » voie, c’est être dans l’erreur dès le départ. Le travail en droits humains ressort ainsi comme un travail d’initiative, d’autonomie, voire d’essai-erreur; il en relève de chacun(e) de conceptualiser, par ses expériences et sa volonté, de nouvelles voies inexplorées, innovatrices. C’est difficile, car incertain. C’est également parfois irritant, car beaucoup de travail s’effectue dans un brouillard dense, sans résultats visibles, saisissables. Le bonheur du résultat en vaut toutefois la chandelle.

Cause deuxième : je travaille au Conseil national des droits de l’Homme. Il ne s’agit donc pas ici d’une organisation non gouvernementale; il ne s’agit pas non plus d’une Commission œuvrant pour le gouvernement. Le CNDH a le délicat, mais essentiel, devoir de concevoir une liaison entre le national et l’international, mais cela doit être fait de façon discrète, afin de ne pas trop empiéter ni sur l’un, ni sur l’autre. C’est de travailler dans cet espace infini entre deux forces qui me dépassent, en sachant que la fusion sera lente et ne s’opérera pas sans compromis, et en n’ignorant pas non plus que plusieurs groupes vulnérables subissent des violations fondamentales de leurs droits quotidiennement. Donc, il faut agir, mais la direction à suivre n’est pas tracée d’avance.

Or, au Maroc, le national et l’international sont parfois antagonistes à un point tel qu’un jeune stagiaire québécois ne soit confronté qu’à un réel sentiment d’impuissance. Cela représente toutefois un beau défi, qui me motive certainement à poursuivre cette avancée à tâtons avec l’espoir d’un résultat prometteur.

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Extrait d’une conversation fictive :

« Interlocuteur fictif – Antoine, y a-t-il une thématique qui t’attire particulièrement?

Antoine – Oh! Je m’intéresse énormément aux droits de la communauté LGBTI+.

Interlocuteur fictif

Antoine

Interlocuteur fictif

[…]

Interlocuteur fictif –  Non, mais à part ça? »

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Alors que les libertés et droits individuels sont les pierres angulaires de notre système de justice au Canada, cette perspective universaliste n’est pas partagée globalement. Il s’agit surtout, en fait, d’une conception qui s’applique à un contexte et à une société qui sont uniques; elle ne peut, par conséquent, être calquée sans heurts sur un contexte et une société qui sont tout autres.

Le Maroc est l’hôte de violations de droits humains aberrantes sur, notamment, la communauté LGBTI+. L’article 489 du Code pénal marocain criminalise les « actes… contre nature avec un individu du même sexe », dont la peine peut atteindre trois années d’emprisonnement. Les arrestations sont nombreuses et les « criminels », rapidement condamnés. Ici, plusieurs forces paralysantes agissent de concert et densifient davantage les brumes entourant ma volonté d’améliorer les droits et libertés de cette communauté.

En premier lieu, j’opère au Conseil national des droits de l’Homme. Tel que mentionné préalablement, le CNDH ne peut s’aventurer directement sur des terrains qui ne sont pas chapeautés, ou à tout le moins tolérés, par le gouvernement, sans quoi la crédibilité et le pouvoir du CNDH seront contestés. Bref, son mandat ne peut faire fi des politiques nationales discriminatoires, et ce, bien qu’il doive tenir également compte des propositions faites à l’international. C’est une ligne ténue, fragile, voire indomptable.

Ensuite, il est nécessaire de tracer une ligne distinctive, quoique floue, entre mon activisme personnel, qui est nécessairement enraciné dans le contexte montréalais, et l’activisme qui ressort du mandat du NCDH. C’est de ne pas lutter publiquement pour la communauté LGBTI+ comme on le ferait au Québec, car ce type de manifestation n’a pas d’emprise à Rabat. Ma présence au Maroc implique donc de me dissocier de ce qui m’identifie profondément afin de mener un combat plus efficace dans mon nouvel environnement. Une forme d’abnégation qui me choque, me déstabilise, et à laquelle je n’ai jamais été confronté. C’est de lutter pour les droits humains les plus élémentaires dans un contexte où les miens ne sont pas même assurés. Bref, me retrancher dans le mandat du CNDH, car ce dernier a consolidé ses missions dans la réalité qui l’a vu grandir, donc est à même de constater la meilleure façon de provoquer le changement. Là encore, la zone est grise.

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En guise de conclusion, voici quelques petites pensées heureuses qui contribuent au succès de l’expérience globale du stage, de la vie au Maroc et du changement d’environnement. En rafale :

  • J’ai intégré rapidement la tradition du couscous du vendredi midi.
  • Mes collègues de travail sont géniaux/géniales; une belle chimie règne dans les rangs!
  • Chansons du moment : Tracy’s Waters (Patrick Watson), El Manana (Gorillaz), Icarus (Bastille) et Holocene (Bon Iver).
  • Films exceptionnels à (ré)écouter : « Les Évadés », « La ligne verte », « La vie est belle », « Laurence Anyways », « Marock ».
  • Se faire arracher une dent de sagesse, ça fait mal avant, pendant, et après, peu importe où on se trouve sur le globe.
  • Je commence à avoir un bronzage assez phénoménal. J’ai toutefois dû passer préalablement par l’étape des coups de soleil lancinants. À suivre.
  • Mes deux colocataires sont deux Françaises fort sympathiques.
  • Les souks sont légèrement plus populeux que les marchés montréalais.
  • J’aime (adore/admire/adule/etc.) Xavier Dolan.
  • J’étoffe mon compte Instagram ponctuellement, mais je constate ne pas être assidu en la matière.
  • Mon aventure marocaine concrétise jour après jour cette flamme iridescente alimentée par ma passion et mon admiration pour le travail relatif aux droits de la personne.

 

Women & Human Rights: Part II

2015 Stevens YuanBy Yuan Stevens

This is the second of two blog posts about the work of women in human rights. You can find my first post featuring Salini Sharma’s work with Safecity in Delhi, India right here.

 

mali logo

 

I want to tell you about the fascinating work of Ibtissame (Betty) Lachgar in Morocco. She is a clinical psychologist with expertise in victimology and criminology. 

In 2009, Betty (her preferred name) founded MALI (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles, or in Arabic, مالي؟ الحركة البديلة من أجل الحريات الفردية). They’re a radical civil disobedience organization and Betty claims that they are the only movement of this kind in the country.

MALI fights for civil liberties such as freedom of conscience, religion and expression, abortion rights and LGBTQI rights.

They fight for change in what has been criticized as an authoritarian and Islamic state where, for example, both pre-marital sex and homosexuality are illegal (see this Wikipedia page for details on the latter).

 

mali

Betty, left, in one of MALI’s Facebook photos. Used with permission.

 

How does an organization like this do their work? 

Those in the MALI community initiate premeditated and strategic actions that fight for specific rights and in specific places.

MALI’s first action was in 2009.

In order to fight for freedom of conscience and from religion, Betty organized a picnic in the middle of the day during Ramadan, a Muslim holiday where those who partake don’t eat or drink except before dawn and after sunset.

The act was also a part of MALI’s struggle to repeal article 222 of the Moroccan penal code whereby anyone who is “commonly known to be Muslim” can be placed in prison for up to 6 months if they violate the fast.

The active was symbolic, Betty told a group of us during the IHRTP. She said the purpose of the action was not to provoke nor shock people, but to symbolically fight against the state religion which seeks to control citizens’ freedom of conscience. The MALI movement wanted to “create a buzz”; to get people thinking. Find out more about the picnic here.

 

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Part of an exhibit that MALI showed to the Moroccan embassy in the Netherlands in 2012. Taken from MALI’s Facebook page with permission.

 

Another key action of MALI was in 2013.

Betty organized a “kiss-in” in front of the Moroccan parliament building to protest the arrest of two teens who posted on Facebook a photo of themselves kissing in public. The teenaged friend who took the photo was also arrested — all of them for public indecency. Betty told us that this event caused her to fear for her life due to the death threats that ensued.

Finally, the last MALI action I want to highlight happened just this year in 2015.

MALI members decided to take a huge risk and stood in front of Moroccan parliament with gay pride flags.

This occurred in the atmosphere of two French Femen activists who were expelled from Morocco after they stripped to the waist with “In gay we trust” written on their chests and kissed in front of a 12th century unfinished mosque tower. The women did this in reaction to the court’s prosecution of three homosexual men.

Betty says this particular action was very hard — it was tense, dangerous. An army of police was there. The secret service were there. They waited for her, she said — but she said it was, in a way, nonetheless fun for her; it’s part of the game she needs to play to fight for people’s rights.

 

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Betty at Hamburg’s 2014 Pride Parade. Used with permission.

 

There is no doubt that MALI is a radical organization that is sure to make people feel uncomfortable — that’s part and parcel of the work they do.

Regardless of our stance on MALI’s initiatives, Betty is a role model for all of us in her courage and choices — as a human rights activist and in her context — to rally people together to fight for their civil liberties and sexual rights. 

You can find MALI’s Twitter feed here and Betty’s personal Twitter account here.

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